Nouvelles lesbiennes

Nouvelle lesbienne : Vers le chemin de son cœur

Vers le chemin de son coeur est une romance lesbienne qui parle d’amour entre femmes.

Je ne sais comment je m’étais retrouvée sur cette départementale, au milieu de nulle part, avec ma vieille voiture qui venait de rendre l’âme. Il était tard, très tard, aucun véhicule depuis déjà une bonne demi-heure que j’étais là. J’ai dû pousser ma voiture sur le bas-côté, mettre un papier « en panne » et me décider à marcher le long de la route en attendant un bon samaritain. Heureusement le ciel était étoilé, cela me procurait un peu de lumière, car autour de moi, il n’y avait que des champs. Je marchais quand j’entendis derrière moi un bruit, le doux ronronnement d’un moteur. Enfin une voiture !

L’auto stoppa à ma hauteur.

« Bonsoir, je peux vous déposer ?

–  Bonsoir, merci, avec grand plaisir ! Je commençais à désespérer de voir quelqu’un, de plus je n’étais pas rassurée. Pouvez-vous me déposer à un taxi, ou à la gare, je dois absolument rentrer à Paris ?

– Oui, pas de problème, je ne vous laisserai pas seule en peine nuit par ici, on ne sait jamais. Montez !

– Je me présente Flavie. Et la voiture abandonnée que vous avez du sûrement remarquer quelques kilomètres avant c’est la mienne. Je crois que ce coup-ci elle est bonne pour la casse.

– Moi c’est Léa ! Vous avez eu de la chance de tomber sur moi, à cette heure-ci de la nuit il n’y a pas un chat. On est à la campagne, les paysans sont tous couchés car ils se lèvent tôt. Je viens de finir mon boulot, je suis infirmière, et vous ?

– Je travaille dans la publicité, et je rentrais de week-end quand cette saleté de bagnole a décidé de rendre l’âme ! »

C’est ainsi que nous avons fait connaissance, parlant de tout et de rien pendant tout le trajet jusqu’à la gare où elle eut la gentillesse de m’y déposer. Arrivée à bon port, je lui demandai son numéro de téléphone, j’avais envie de l’inviter au restaurant pour la remercier. Elle avait été d’agréable compagnie et sans elle qui sait ce que je serais devenue. Un fait divers sordide dans la dernière page du journal local sans doute. Elle accepta ma proposition puis repartit comme elle était apparue me laissant pour seul souvenir son plus beau sourire.

Je réussis à prendre le dernier train pour rentrer à la maison. Le voyage fut assez rapide et tranquille. Il était tôt dans la matinée quand j’arrivai à destination. Je n’avais pas dormi alors que je devais affronter une journée qui s’annonçait chargée. Je pris une douche, un café avec quelques biscottes, je préférai ne pas m’allonger un peu, j’avais trop peur d’être encore plus mal après avoir somnolé. Au bureau une tonne de travail sous forme de dossiers et de clients pressés m’attendait, le téléphone ne cessait de sonner. Je n’en pouvais plus, j’allais craquer.

La nuit blanche m’avait laissée des traces. J’avais des maux de tête, la nausée. Tout pour plaire ! Il fallait que je m’accroche, que je tienne bon. J’essayerai de faire une petite sieste dès que je pourrai rentrer. La matinée fut rude, vers midi je me décidai à faire une pause, de toute façon je n’étais plus productive. Le brainstorming avait été une horreur, un créatif qui ne l’est plus signe son arrêt de mort. Pas question de laisser les requins me dévorer.

J’avais prévenu ma secrétaire, j’étais en rendez-vous extérieur, pas question de me déranger, mon client exigeait que je m’occupe exclusivement de lui. A qu’il est bon parfois que les emmerdeurs existent, ils n’ont pas que des inconvénients ! A la maison, je retrouvai mon lit. Je mis le réveil pour quatorze heures. Il me fallait reprendre des forces et surtout faire disparaître cette migraine. Après ce sommeil récupérateur, j’allais beaucoup mieux. La fin de la journée se passa très bien, je réussis même à décrocher un gros contrat pour la boîte.

La semaine se traîna, il y avait le boulot et le problème de ma voiture. Je devais contacter une casse près du lieu de la panne, régler les détails n’était pas évident. Il me fallut trouver le bon numéro de téléphone, prendre contact, fixer le rendez-vous de façon qu’il arrange tout le monde. Chose faite, ça m’a pris quand même une journée pour tout organiser. Mais ce n’était pas le tout, je m’étais débarrassée de ma vieille épave, j’avais quand même besoin d’être motorisée sinon adieu mon autonomie. Décidé, la prochaine serait neuve. Quelle marque, quel modèle ? Aucune idée, je voulais juste une voiture qui roule, sur laquelle je puisse avoir toute confiance.

Le vendredi arriva, après une matinée surchargée, je filais à la maison afin de prendre deux trois affaires. Si tout allait bien je pourrais attraper le train en direction de Deauville où j’avais une résidence secondaire. Mon arrivée était prévue vers seize heures. Ma soirée était remplie également, j’avais tout d’abord à régler le problème de ma vieille voiture à dix-sept heures, ensuite je partais rejoindre un groupe de copines au restaurant. Dans le prolongement de ce week-end festif était prévu un détour par une boite de nuit, afin de bien terminer la soirée. En attendant j’avais dû boucler un dossier important et confirmer mon rendez-vous avec le casseur qui était pressé de récupérer les pièces détachées. Je décidais de me doucher, si je ne traînais pas, j’attraperais mon train sans courir.

Enfin je prenais le temps de me poser après une semaine tumultueuse. Le wagon de première était bondé, j’appréciais l’espace et le luxe. Mon cauchemar était de traverser les secondes classes bondées pour me rendre à l’espace restauration. J’attendrais qu’un employé passe avec sandwiches et boissons, cela m’éviterait ce genre de désagréments. En attendant je me décidai d’appeler sur mon portable la belle inconnue qui m’avait sortie de ce si mauvais pas. J’allais lui proposer de l’inviter au restaurant le dimanche, avec un peu de chance elle ne travaillerait pas si elle l’avait fait le week-end d’avant. Je lui laisserais le choix de l’endroit, elle était de la région, les bonnes adresses elle devait connaître tout comme moi. Léa décrocha tout de suite, à croire qu’elle m’attendait derrière son téléphone.

« Bonjour c’est Flavie, la voiture en panne, dimanche soir vous vous souvenez ?

– Oui bien sur comment ça va ? Je ne m’attendais pas à avoir de vos nouvelles si vite.

– Merci je vais bien. Comme promis je vous appelle pour savoir si je pouvais vous inviter à déjeuner ou dîner samedi ou dimanche ? Je suis en week-end dans ma résidence secondaire, pas loin de chez vous et j’avais très envie de vous revoir. Vous ne pouvez pas savoir combien vous m’avez rendue service. Ce soir je dois m’occuper de ma voiture je ne suis pas libre. Maintenant si vous préférez remettre à plus tard je n’y vois pas d’inconvénients.

– Oh non pas du tout. En effet je n’avais rien de prévu samedi, je suis de repos.

– Aussi je vous laisse le choix du lieu, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?

– En fait je connais un petit resto sympa, vous avez de quoi noter je vous donne l’adresse. Par ailleurs je m’occupe de réserver car il est tout le temps plein. Le déjeuner ça vous convient ? C’est à la « bonne fourchette » …

– Je connais Léa ! Vous avez carte blanche, vos désirs seront exaucés, c’est la moindre des choses que je puisse faire en remerciements. Je note que mademoiselle a du palais et est fine gueule. Donc on se voit samedi à treize heures. Je vous souhaite une bonne soirée et à demain, bonsoir ».

Le rendez-vous avec le casseur était une formalité. Il avait avant tout besoin de la carte grise, il avait tout de suite vu d’un œil expert qu’il tirerait pas mal d’argent de ma BMW. Du coup il s’occupait de tout gratuitement, j’étais ravie de ne pas avoir à payer. La nuit fut longue et fatigante, trop d’alcool, de fumée de cigarettes et de bruit. J’étais lassée des boites de nuit, ce n’était plus de mon âge pour draguer. C’était avant tout par plaisir d’accompagner mes amies et de les regarder danser qui me poussaient à m’y rendre. J’adore y mater les filles et je l’avoue c’est un de mes vices cachés.

Le réveil me fit sursauter, il fallait que je file sous la douche, que je m’habille et trouve un taxi. La journée débutait à deux mille à l’heure. Enfin, j’arrivais juste, juste, je n’étais pas en retard c’était l’essentiel. Léa m’attendait devant l’entrée avec son beau sourire qui m’avait tant fait craquer la dernière fois. De jour je la trouvais belle, je n’y avais guère prêté attention lors de notre premier face à face. Elle était fine, élancée. Ses cheveux étaient bruns, ses yeux d’un bleu azur.

Elle était habillée d’un chemisier blanc, d’un pantalon en flanelle blanc aussi, elle ressemblait à un ange. Le repas fut savoureux, nous discutions comme de vieilles amies. L’atmosphère était détendue, joyeuse et conviviale. Après le repas nous allâmes nous promener au bord de la mer. Le temps était avec nous, soleil, chaleur et ciel bleu. Sans nous en rendre compte, les heures défilaient. Nous étions bien ensemble.

Léa se proposa de me raccompagner à mon appartement. Bien sûr, je sautais sur l’occasion pour lui offrir un café et lui montrer mon intérieur que j’avais mis tant de soin à décorer avec goût. C’est surtout que je n’arrivais plus à me séparer d’elle. Notre discussion allait bon train, émaillée de fous de rire complices. A la tombée de la nuit, les confidences se firent plus intimes.

« Mais tu es toute seule Flavie, je veux dire est-ce que tu as une personne dans ta vie ? – Plus ou moins, je vois quelqu’un de temps à autre, mais sans plus ! Et toi ?

– Je suis une célibataire pure et dure, mon métier est une vocation à laquelle jusqu’à présent je me suis entièrement consacrée. J’ai toujours vécu ici, cette région c’est toute mon existence…

– Léa faut que je te dise, pour être honnête et franche avec toi je suis homo !

– Pas de problème car moi aussi ! »

Voilà donc ce qui nous avait rapprochées tout de suite et que nous pressentions. Nous avons éclaté de rire toutes les deux. La vie était vraiment pleine de bonnes surprises. La soirée se termina avec une boite de raviolis et bien d’autres révélations sur nos vies. Léa préféra rentrer, nous n’en étions qu’au stade de l’amitié, être lesbienne ne signifiait pas tomber systématiquement amoureuse de toutes les femmes rencontrées. Je lui donnais mon numéro de portable, j’avais déjà ses coordonnées. On se reverrait dès que je serai de retour sur la région.

Les semaines passaient, le travail prenait une grande place dans ma vie. Je me donnais de temps à autre droit à du bon temps. A ces moments-là je changeais de peau. Je devenais méconnaissable. La Flavie du bureau sérieuse, concentrée, bougonne et stressée se métamorphosait. J’avais adopté le look cool, basket, polo, jeans pour mes soirées nocturnes. Zappé mon âge, je ne pensais plus qu’à délirer, à m’éclater, à rire, toujours prête à la fête jusqu’à en oublier l’heure d’aller se coucher.

La solitude ne me convenait plus, je pensais en permanence à Léa. Nous nous téléphonions à présent souvent, nos conversations étaient toujours très agréables, pleines de gaîté et de sérénité. J’en avais besoin. C’étaient ces petites choses qui m’émouvaient le plus dans ma relation avec elle, peu de femmes jusqu’à présent n’avaient pu me les donner. Les transports en commun ne me convenant guère, je m’achetais une voiture neuve. Choix difficile !

J’optais pour une petite auto, avec un bon moteur et toutes options, le véhicule passe partout, confortable et agréable à conduire sur une longue distance. J’étais dans une période de doute, de mal être, rien ne me convenait vraiment. Le surcroît de travail, les copines et leurs plans galères, le mauvais temps, rien n’allait. Je devais faire un break sinon j’allais péter un plomb ! Heureusement, j’avais des congés à poser, collés au samedi et dimanche, j’avais de quoi reprendre de forces. Tant pis l’agence avait besoin de moi mais elle se passerait de mes services quelques jours, avec mon portable je règlerais les urgences. Le temps de mettre des vêtements dans un sac, je pris la route. Deauville n’était pas très loin.

Avec l’autoroute en moins de deux j’y serai, à condition qu’il n’y ait pas de bouchon ou d’accident. Une fois sur place je verrais comment occuper mon temps libre et qui voir.

En ce milieu de semaine la circulation avait été fluide, je battais de records de vitesse sans pour autant appuyer comme une sauvage sur le champignon. J’allais déposer mes bagages à mon appartement. Il me fallait quelques victuailles, direction le marché du coin, en cette fin de matinée, il ne devait pas être terminé. Me voilà avec mon cabas, je voulais me faire plaisir, je ne pris que des bonnes choses. Poisson frais pour les omégas trois, légumes et fruits juteux et sucrés pour les vitamines, sans parler du camembert fermier et de la crème fraîche, de l’escalope de veau. Le pain, je le prendrais en ville chez ma petite boulangère qui avait un choix extraordinaire de pains spéciaux.

J’avais un petit faible pour sa baguette authentique, avec mon fromage ce serait une pure merveille. J’oubliais la bouteille de vin achetée chez le caviste, puis retour dans mon petit chez moi. Un fond de musique de blues, idéal pour me préparer un bon repas. J’avais tout ce qu’il me fallait pour passer quelques jours tranquilles, livres, balades sur les célèbres planches, télé et longues siestes réparatrices. Après tout j’ai besoin de me reposer, de récupérer. Je m’écroulais de sommeil à la fin de cette journée, la nuit fut bonne.

Dehors, il faisait beau, le soleil avait voulu m’accompagner pour me permettre de vivre pleinement ces jours de repos. Dès que j’eus fini le petit déjeuner, après ma douche, je m’habillais vite fait bien fait d’un jean et d’un sweat, direction la plage. Une belle balade, sous un léger vent et les rayons de mon ami pour me réchauffer quelque peu. Il était bientôt midi quand je pensais à rentrer. Je me préparais une salade composée car je n’avais pas très faim.

L’après-midi, après avoir bu mon café et une bonne petite sieste, je décidais d’aller me promener à Cabourg. Le coin des vacances de mon enfance n’avait pas vraiment changé. L’ombre de Proust planait toujours sur le grand hôtel donnant son cachet romantique à cette station balnéaire. D’autre part je retrouvais mon glacier dans la rue principale et j’en profitais pour acheter du pain chez un meilleur ouvrier de France sur la route du retour. En définitive j’étais bien, sereine et la journée était passée à toute vitesse. Ensuite le soir je me retrouvais avec un plateau télé, chose qui ne m’arrivait que rarement mais qui me faisait plaisir. Je regardais un peu les émissions sur Arte car à chaque jour suffisait sa peine.

Dimanche matin, après une grasse matinée, je pris mon téléphone pour voir si Léa était présente. Personne, elle devait sûrement travailler. Aussi je laissais un message lui indiquant que j’étais là pour encore deux jours et que si elle voulait, on pouvait se voir et se faire une journée détente. Le dimanche défila à une allure vertigineuse. Par ailleurs j’en profitais pour ranger mes placards et nettoyer à fond mon nid douillet. Le téléphone sonna, c’était Léa qui venait de rentrer. Après avoir pris de ses nouvelles, je lui proposais de la voir. Le rendez-vous fut pris pour le lundi soir à dix-neuf heures, chez elle.

L’attente de la soirée fut pénible, j’avais hâte de la revoir. J’arrivais avec un peu d’avance. Elle était radieuse, toujours aussi belle, peut-être même plus que dans mon souvenir et dans mes rêves. Après l’apéro, nous dégustâmes un merveilleux repas. Une cuisine légère, onctueuse et savoureuse. Léa s’était donnée beaucoup de mal pour me recevoir, ce qui me toucha. Je lui fis de nombreux compliments qui me venaient droit du cœur.

Je remarquais que c’était la première fois que l’on me recevait de cette façon, que l’on se donnait autant mal pour moi, que j’en étais vraiment touchée et émue. Léa me dit qu’elle ne cuisinait ainsi que pour les personnes qui lui étaient chères ou qui avaient de l’importance pour elle. Flavie comptait pour elle, bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Sur ces mots d’une gentillesse déroutante, je l’enlaçais tendrement, elle répondit sans se faire prier à mon baiser.

La soirée se passa tranquillement, blotties dans les bras l’une de l’autre, nous écoutâmes de la musique. Nous profitions pleinement de chaque seconde, nous avions peur de nous séparer même pour quelques instants. La nuit était bien entamée, il me fallait rentrer. Je ne voulais pas la quitter. Léa me tenait, elle s’accrochait m’empêchant de partir. « Reste avec moi cette nuit ». Léa avait prononcé la phrase que j’attendais. On se déshabilla, puis on se coucha. Je pris Léa dans mes bras, je ne voulais rien brusquer. Je voulais une belle histoire, je ne voulais pas aller trop vite. Pour moi elle n’était pas une simple amourette, je voulais beaucoup plus. On s’embrassa affectueusement pour se souhaiter bonne nuit, elle se lova contre moi et s’endormit. Je vivais enfin ce que j’attendais depuis déjà longtemps. Le sommeil me tomba dessus.

Le réveil fut doux, Léa avait dormi toute la nuit contre moi. C’est un baiser léger et câlin qui me sortit du sommeil. Elle était belle, le soleil éclairait ses cheveux, ses yeux pétillaient. Un bon café, une douche et la journée pour nous. Nous décidâmes d’aller nous promener sur la plage. Léa se cala contre moi en me tenant par le bras. Nous avions envie à tout moment de nous embrasser, de nous enlacer. Mais ces instants de bonheur nous ne les gardions rien que pour nous, dans l’intimité. Le fait de la sentir tout contre moi ne faisait que croître mon désir pour elle. En effet je la voulais, la désirais à en avoir des crampes dans le ventre.

Pourtant je ne savais pas si c’était aujourd’hui que je lui ferais l’amour. Par ailleurs je voulais patienter pour pouvoir mieux l’aimer. C’est pourquoi après quelques heures de balades, retour à son appartement. Cependant pas le temps de fermer la porte que Léa me plaqua contre le mur, m’embrassa fougueusement, me caressa les seins. En définitive l’envie d’elle que j’avais était réciproque. Le fait de vouloir nous contenir n’avait pas tenu. Nous nous sommes vite retrouvées nues dans la chambre. Son corps était parfait, il ondulait sous mes caresses, elle gémissait de plaisir. Par ailleurs je ne pouvais plus m’arrêter de l’embrasser, de la faire crier sous mes doigts. En effet je voulais qu’elle sache combien je la voulais, combien elle m’était chère et que je la désirais. En particuliers je voulais qu’elle soit comblée par mon amour et ma tendresse.

Aussi je crois bien que j’y arrivais. C’est ainsi que Léa me remercia de cet amour qu’elle avait ressenti, de ce bonheur qu’elle vivait. Ensuite elle m’embrassa et se blottit dans mes bras. Les heures à ses côtés et dans sa chaleur avaient passées rapidement. Il fallait que je rentre car le lendemain je reprenais la route pour Paris et mon boulot. En définitive la séparation ne fut pas facile, la quitter me demanda beaucoup de courage. Léa était de garde ce week-end, de ce fait je ne la reverrai que dans quinze jours. Je lui donnais mon numéro de téléphone du bureau, elle me donna celui de son poste à l’hôpital. On s’embrassa à perdre souffle, nous n’arrivions pas à nous décoller l’une de l’autre.

Je pris mon courage à deux mains, je franchis sa porte en la regardant, la suppliant de me passer un coup de fil tous les jours car j’avais besoin tout comme elle de rester en contact et surtout d’entendre sa voix. Arrivée à mon appartement je jetais hâtivement mes affaires dans mon sac pour le retour tout en grignotant un quignon de pain avec le reste de camembert. Ne pouvant plus tenir je sautais sur mon portable et lui téléphonais. Léa me manquait déjà. Elle était émue, elle me dit qu’elle se demandait comment elle allait combler mon manque.

Nous étions amoureuses, très amoureuses, cela nous faisait peur. Ce que nous voulions c’était vivre cette relation à fond, construire une vie ensemble. Cet appel était une parenthèse arrachée à notre séparation, rester encore quelques minutes en contact nous était vital, pourtant il nous fallait raccrocher. Après mille et un baiser, un silence assourdissant envahit la pièce me rappelant la triste réalité. La magie n’était pas totalement rompue, pendant toute la route, sur l’autoroute dégagée, je me remémorais ces deux jours de douce complicité féminine.

Le retour au travail fut rude. J’avais la tête ailleurs, près de ma belle. Le petit séjour en Normandie m’avait emplie d’une nostalgie inconsolable. Mes associés me firent des sous-entendus sur mes nuits chaudes, je leur répondis que j’étais follement amoureuse, sans plus de précision. Tant que ma vie privée ne nuisait pas à l’agence, j’étais libre d’aimer qui je voulais pour eux. Je ne devais surtout pas avoir la mauvaise idée de leur annoncer en pleine campagne que j’étais enceinte, l’argent était leur unique préoccupation après les clients.

Les journées passaient tant bien que mal, je me plongeais dans mes dossiers pour ne pas penser trop à Léa. Je sortais peu, je refusais tous les rendez-vous extérieurs pour être sûre d’être joignable. Le soir je rentrais vite car j’attendais de ses nouvelles. Si les minutes s’écoulaient trop lentement à mon goût, c’était moi qui devançais son appel. Nos échanges étaient emplis de chaleur, d’amour et de tendresse. Nous souffrions des kilomètres qui nous séparaient. Pour le moment c’était de sa voix dont j’avais le plus besoin, faute de l’avoir dans mes bras. Nous nous contentions uniquement de ce contact, Léa était hermétique à l’Internet et sa web came.

Le vendredi soir suivant, je pris la décision de rester à Paris, car j’avais peur de trop souffrir si j’allais à Deauville sans pouvoir la retrouver car c’était son week-end de travail. Je la prévins de ma décision, lui détaillant le programme de mes soirées du samedi et dimanche. Rien de bien terrible. Un peu de shopping, j’avais repéré un blouson en cuir dans une boutique près de l’agence, un resto avec des copines, puis un dimanche tranquille à la maison.

La semaine reprit son rythme à une vitesse vertigineuse, les dossiers empilés sur le bureau étaient à boucler pour la fin de semaine. J’avais tout juste le temps d’aller prendre un encas au café du coin, je finissais tard le soir, l’abrutissement était complet. Heureusement la voix de Léa me boostait et me réchauffait le cœur. Elle me permettait de tenir, de trimer comme une esclave car si je voulais partir vendredi midi, je n’avais pas le choix. Pour retrouver l’amour de ma vie j’aurais travaillé même la nuit. La fin de semaine arriva, les dossiers terminés et classés, les clients satisfaits. Je pouvais prendre la route.

J’arrivais chez Léa en soirée. Elle me sauta dans les bras. Nos retrouvailles furent torrides, nous étions tellement impatientes de nous toucher, nous respirer. Notre étreinte dura jusqu’à ce que Léa prenne l’initiative de m’emmener dans sa chambre. En définitive nos jeux sexuels avaient une légèreté indéfinissable oscillant entre tendresse et amour romantique. Par ailleurs nos corps ne parvenaient pas à se rassasier, nos mains ne cessaient de découvrir nos endroits les plus intimes. D’autre part nos bouches étaient avides de baisers, nos corps ne faisaient plus qu’un. Cependant ce n’est que lorsque nous fûmes repus de caresses alors qu’il était déjà fort tard, que Léa m’invita à manger.

Jusque-là l’amour l’avait emporté sur la faim. Un repas léger, puis de nouveau l’amour encore et toujours. Nous rattrapions le manque de ces jours de séparation, de frustration. Au petit matin chacune s’endormit heureuse et comblée. J’émergeais la première à midi, Léa me sentant bouger, s’étira comme un chat et voulut me faire l’amour. Je la repoussais gentiment, j’avais faim, se nourrir d’amour et d’eau fraîche c’était bon dans les romans. J’avais besoin d’avaler quelque chose de consistant pour reprendre du tonus. Direction le restaurant du coin.

Je voulais lui offrir un repas en amoureuses, je savais où l’emmener. Le patron était un ami, il nous plaça dans un petit coin discret. Nos regards ne trompaient personne. Nos mains se caressaient entre deux plats. Léa me mettait en transe. Le repas fut marqué de regards pleins de promesses, nous n’en pouvions plus de nous manger des yeux. Pas de dessert, nous le prendrions chez moi, le patron nous avait mis dans des boites hermétiques son vacherin glacé. Pressée que j’étais de me jeter sur elle, il se doutait que nous ne traînerions pas en route pour le mettre au congélateur.

Il fallait que je passe voir mon courrier, ce fut le prétexte pour l’attirer chez moi. A peine la porte refermée, je proposais à Léa un café. La réponse ne me surprit pas. « Non je veux mon dessert ! Viens ici que je te croque ». Nous voilà reparties dans des ébats passionnés. J’avais toujours envie de lui faire l’amour, tout comme elle. Son corps me rendait dingue tout comme ses baisers. Je ne voulais que l’aimer encore et encore. Je voulais la sentir vibrer sous mes doigts. L’entendre me supplier de continuer de la caresser, de la toucher. De la rendre heureuse tout simplement. Léa décida de passer la nuit chez moi, ce fut torride comme la première fois.

Dimanche, dix heures branle-bas de combat, je devais reprendre la route cet après-midi. Nous déjeunâmes tranquillement chez moi, un traiteur était venu nous livrer quelques douceurs et le vacherin nous attendait sagement dans le congélateur. Sans nous le dire nous pensions à l’absence de l’une comme de l’autre, du manque que cela allait générer. Nous devrions compter les jours, au moins quinze sans nous voir puisque Léa serait de week-end, infirmière n’est pas un boulot de tout repos.

Nous prendrions notre mal en patience, nous n’avions pas le choix de toute façon. Je la déposais en bas de chez elle après lui avoir fait une dernière fois l’amour. Je refusais de monter malgré son invitation, je n’aurai pas eu le courage de partir, de la laisser. Un baiser volé, le cœur gros, je démarrais en trombe sans la regarder, les yeux emplis de larmes, en route pour le bruit et la pollution.

Les jours devenaient trop courts par rapport au travail qui s’accumulait. Les heures supplémentaires s’amoncelaient. J’étais éreintée, je dormais mal. Les kilomètres se faisaient sentir. Je récupérais très mal de toute cette route, de ces week-ends de folie. J’avais pris la décision de ne descendre en Normandie que tous les quinze jours. La discussion à ce sujet avait vite tourné au vinaigre. Léa avait du mal à digérer ce choix. Je lui en expliquais les raisons. J’étais très amoureuse d’elle, mais la distance me posait un gros problème. Il n’y avait que quelques semaines que nous étions ensemble, à l’écouter je devais calquer mes jours de repos sur les siens.

L’agence ne pouvait pas se passer de moi en semaine car mes clients avaient besoin de pouvoir me joindre à tout moment, on voyait bien qu’elle ne gérait pas de contrats qui se chiffraient en millions d’euros. Aussi j’arrangeais de mon mieux mon emploi du temps pour être totalement libre quand j’étais avec elle, je cherchais à limiter les dégâts. Mais là je n’y arrivais plus, mon énergie faiblissait. Pourtant j’avais beau lui dire mes sentiments, tous les aléas et la pression qu’il y avait à côté, travail, kilomètres, fatigue, Léa ne voulait rien entendre.

En effet pour elle mon boulot passait avant notre histoire, le fric passait avant l’amour. Cependant je n’en pouvais plus de ces disputes stériles, ne voulant pas me fâcher, j’écourtais son appel. Malgré tout je ne savais plus que faire, dans sa colère j’entendais un fond de vérité. J’étais seule chez moi, envahie par un immense coup de blues. Notre belle histoire allait-elle durer ? Comment régler ce problème de distance ? En effet je commençais à me poser mille et une questions, la nuit fut courte.

Je pensais à Léa, qu’allions-nous devenir si déjà nous nous déchirions ? Avions-nous un avenir ensemble ? L’aspect matériel de l’existence nous pourrissait la vie, aucune des deux ne souhaitait le moindre compromis. Je n’avais aucune réponse à mes questions quand l’heure d’aller travailler sonna. J’avais la tête ailleurs, je luttais contre le sommeil, je n’avais qu’une idée rentrer, fuir cette tourmente qui me broyait le cœur.

Ce ne devait pas être ma journée car le boss me convoqua, ce n’était pas dans ses habitudes. Il avait un sourire radieux. L’air joyeux et content il m’annonça que mon travail était des plus que satisfaisants, que la direction avait très envie de récompenser mes compétences et mes qualités professionnelles. J’avais permis à la boite de dégager de confortables bénéfices, en particulier ma dernière campagne avait fait un carton auprès des consommateurs, les ventes du produit avaient grimpé de 40 %. Du jamais vu de mémoire de publiciste ! Comme cadeau on m’offrait la direction de l’agence du sud de la France située à Toulouse.

Mon affectation était prévue pour le mois prochain, si j’étais d’accord bien sûr ! J’étais heureuse de savoir que mon travail était reconnu, plus d’un associé rêvait de ce poste jusque-là inaccessible. Tous mes sacrifices n’avaient pas été vains, j’étais fière de mon succès, mes efforts avaient été payants. Je devais m’organiser, le déménagement était pris en charge par une entreprise payée à leurs frais. Cependant j’éprouvais secrètement comme une tristesse, qu’allait devenir ma relation avec mon infirmière privée ?

Comment lui annoncer la nouvelle ? Les échanges téléphoniques avaient été froids toute la semaine. Je devais la préparer et pour cela je devais mettre les choses au clair, voir ensemble quel serait notre avenir. Je préférais le lui dire de vive voix, je ne me voyais pas lui balancer cela depuis mon portable. Tout au long du chemin je me demandais comment j’allais informer Léa de mon augmentation et surtout de ma mutation. Les retrouvailles furent tendres comme à chaque fois car nous savions mettre de la distance avec nos différends. En définitive nous avions deux jours pour discuter, mettre les problèmes à plat.

Ainsi nous avons passé le vendredi soir dans les bras l’une de l’autre car nous avions besoin de cette intimité, de nous blottir l’une contre l’autre, de nous toucher et nous caresser afin de refaire connaissance. C’est pourquoi nous étions bien comme au premier jour de notre rencontre, le temps était aboli, plus rien d’autre n’existait que nos deux êtres enlacés. Pourtant la nuit ne faisait que commencer, j’avais envie d’elle. Aussi je la pris tout contre moi, la serrant pour mieux sentir le contact de son corps. Ensuite je me mis à l’embrasser, ma main allant et venant à la rencontre de ses formes. Enfin je la déshabillais tout en continuant à la couvrir de baisers. Je l’étendis sur le lit, poussant plus loin mon exploration, je la sentais frissonnante.

Des spasmes de satisfaction la parcouraient, elle ondulait de plaisir. Je la désirais tellement que je ne savais plus comment le lui montrer. Les positions variaient, elle répondait à toutes mes attentes, elle criait sous l’effet de la jouissance. Je lui fis l’amour comme jamais je ne l’avais fait à aucune femme. Je voulais que cette nuit reste gravée pour nous deux dans nos mémoires. Après ces doux instants, nous restâmes tendrement collées l’une contre l’autre.

Léa savait maintenant qu’elle était la femme avec laquelle je voulais passer ma vie. Je l’aimais d’un amour XXL. J’avais repoussé le moment de la révélation, à quoi bon tout gâcher. La nuit porte conseil, je devais me reposer pour le lendemain trouver les mots pour lui dire. Sur un je t’aime, je lui souhaitais bonne nuit, « dors bien et fais de beaux rêves ! ». Léa se colla contre moi, m’embrassa et me répondit, « moi aussi je t’aime, à demain ».

Le soleil me réveilla, je sortis du lit. Je pris soin de ne pas déranger ma douce beauté. A la cuisine je préparais le petit déjeuner, café, jus d’oranges, beurre, confiture et biscottes que je mis sur un plateau, direction la chambre. Léa venait d’ouvrir un œil, elle me fit un sourire ravageur. Je déposais la nourriture à côté d’elle. Je l’embrassais, elle était si excitante que j’eus du mal à ne pas lui faire l’amour. Avant nous devions prendre des forces, nos regards en disaient long sur nos envies réciproques.

Ils nous incitaient à de nouveaux ébats. Chose que nous fîmes, comme si la fin du monde était présente. Que le temps nous fût compté, que notre vie allait cesser. La peur de savoir que peut-être ça serait notre dernier instant de passion, d’étreinte, d’amour. Après avoir récupéré, les choses sérieuses allaient commencer pour moi. Malgré mon cœur qui battait la chamade, je dis à Léa qu’il fallait trouver une solution pour nous, pour notre couple par rapport à toute cette distance qui nous éloignait l’une de l’autre.

« Est-ce que tu as la possibilité de te faire muter et où ? Si tu le veux bien sûr !

– Me faire muter ? Certainement pas ! Pour aller où ? Je suis trop bien ici, j’y ai construit ma vie. Pourquoi cette question ? Et pourquoi moi et pas toi ?

– Ecoute, j’ai eu une augmentation, je change de poste, j’ai été promue, une occasion comme il ne se présentera jamais deux fois dans ma vie. Je pars à Toulouse dans les semaines à venir. Voilà pourquoi je te pose toutes ces questions. Je veux savoir si tu peux me suivre et si tu le veux ? Tout en sachant que ma société n’a pas de succursale en Normandie ni dans les environs, sinon c’est l’étranger. Je n’aurais jamais Paris, je n’ai pas le piston pour, ni même le fric, il me faudrait racheter l’agence. Je t’aime, je ne veux pas te perdre mais je ne sais plus que faire. Que pouvons-nous faire d’après toi ? Vois-tu une solution à notre problème ? »

Léa avait les yeux embués de pleurs, la tête entre les mains. Elle me faisait mal. Je ne savais que lui dire.

« Moi aussi je t’aime, mon boulot et ma famille sont ici, toute ma vie je l’ai passée en Normandie, je n’ai pas envie d’aller dans le sud. Je ne veux pas quitter mon appartement, mes racines, mes amis, je suis bien là où j’ai grandi. Alors qu’allons-nous devenir ?

– Je ne pourrai pas venir aussi facilement, car la ville rose n’est pas la porte d’à côté. De plus vu mes responsabilités j’aurai un surcroît de travail par rapport à maintenant. Il nous restera le téléphone. Celui-ci ne remplacera pas tes baisers, ni ton corps, ni ton amour. Je veux bien faire le maximum pour toi, je te comprends, je respecte ta décision de ne pas me suivre. »

Léa était dans tous ses états, elle pleurait à chaudes larmes. Je la pris dans mes bras en lui disant que nous allions nous en sortir. S’en sortir. La belle affaire ! Je ne voyais pas comment mais je voulais y croire.

Il était bientôt dix-sept heures nous avions tourné le problème dans tous les sens, nous n’avions pas de solution en vue. Je partais vivre dans la ville de Nougaro et elle restait dans celle qui avait rendu célèbre Lelouch. Il fallait qu’on sorte, qu’on aille prendre l’air cela nous ferait le plus grand bien. Jeans basket et gros pulls, direction le bord de mer. Je lui pris la main, je ne voulais plus la lâcher. Léa me serra la mienne si fortement que je crus qu’elle allait me la casser. La balade fut magnifique, le soleil commençait à descendre, il faisait un léger vent, les gens quittaient le sable, la plage n’appartenait plus qu’à nous. Nous étions comme seules au monde. La lumière s’amenuisait à présent pour faire place aux étoiles, il nous fallait rentrer. Cap vers mon appartement pour notre dernière nuit.

Le dimanche passa à une vitesse folle, aucune décision n’avait été prise, Léa resterait à Deauville, je partirai bientôt à Toulouse. La séparation fut plus douloureuse que les autres fois, Léa n’était pas bien, elle sanglotait, pour moi ce n’était pas mieux, j’avais la gorge nouée. Le retour fut pénible et stressant, à cause d’un accident un bouchon interminable s’était formé, rendant la circulation impossible.

Au bureau, je devais gérer mon départ, il fallait aussi que je m’occupe aussi de mon déménagement. En définitive beaucoup de soucis en perspective. J’étais seule pour prendre en charge tous ces bouleversements imposés par ma promotion. Mes associés étaient partagés entre jalousie et tristesse car nous formions une bonne team, on ne change pas une équipe qui gagne. Ainsi la personne qui me remplaçait était précédée par sa réputation, aussi ils n’allaient pas être à la noce tous les jours à en croire la rumeur. D’ailleurs je passais mes soirées à organiser ma nouvelle vie : résiliation du bail avec un préavis de deux mois, nouvelle adresse envoyée à tous les organismes bancaires, administratifs, prises de rendez-vous pour le gaz, l’électricité, le téléphone à Paris.

D’autre part je profitais de mes dernières semaines dans la capitale pour réunir mes amies et leur dire au revoir, cela m’était pénible de les quitter. En effet je savais que pour la plupart je ne les reverrais jamais. Mais là aussi je devrais me recréer un petit cercle car quand tout allait mal, j’avais le besoin de m’éclater et me détendre avec ma jolie petite bande qui répondait toujours présente. J’avais avec elles des souvenirs plein la tête, c’est sur leur évocation que je les quittai. Quand tout fut prêt ou presque je me sentie bien seule. Je me jetais à corps perdu dans l’avenir, dans mon futur boulot, mon nouveau poste, je devrais y faire mes preuves. Trop d’envieux m’attendaient au tournant, pas question de glisser sur des peaux de bananes.

J’avais pris ma réservation pour mon billet d’avion et une chambre d’hôtel, j’avais rendez-vous avec mon prédécesseur pour la passation de pouvoir. J’étais sur tous les fronts. Léa me soutenait comme elle pouvait, mais nous avions tellement besoin l’une de l’autre, que parfois de l’entendre me cassait le moral plutôt qu’autre chose. Mon aller-retour à Toulouse fut une formalité d’usage. Les gens étaient sympas, assez cool. Ils allaient m’aider à trouver un logement, ils étaient sur place et surtout ils savaient dans quels coins résider ou ceux à éviter.

J’étais confiante et rassurée car j’étais entre de bonnes mains. Avec tous ces chamboulements les jours avaient défilé à une allure folle alors que je remplissais mon agenda d’activités pour ne pas voir la date fatidique arriver. Cependant je n’acceptais pas de laisser ma bien aimée derrière moi, sans savoir quand je pourrai la serrer contre moi. Aussi je fis un maximum de cartons avec tout ce qui ne me servait pas. Ainsi j’emballais mes bibelots, mes livres et mes disques. Enfin je pris le temps de bloquer trois jours pour les passer avec Léa afin de lui dire au revoir. Malgré tout j’étais heureuse et pressée d’y être. Néanmoins je fis en sorte de finir mon boulot le jeudi de bonne heure afin de prendre la route tout de suite de façon à arriver tôt. Par ailleurs je filais chez moi où Léa devait me rejoindre.

Quand elle arriva en soirée je me jetai sur elle et l’embrassai. A part nous dire « je t’aime, tu m’as manquée » le reste n’était pas nécessaire ni en paroles ni en gestes. Pourtant je lui avais préparé un bon souper bien qu’elle n’ait pas très faim ni moi non plus. C’est alors que rapidement nous nous retrouvâmes couchées, enlacées, sans dire un mot. Juste elle et moi et la douceur de nos caresses. Sans même faire l’amour nous nous sommes endormies, sommeil de fuite ou de fatigue ? Le réveil fut laborieux. Un bon café nous ferait le plus grand bien. Je lui avais préparé une surprise. Ce séjour en amoureuses se ferait à La Rochelle, j’avais réservé une chambre dans un bel hôtel face au vieux port.

La vue y était magnifique. Léa me sauta au cou, elle était ravie. Je ferais la guide, j’adorais cette ville, ses ruelles, son vieux port, son aquarium, ses petits restaurants. Je voulais que ces trois jours nous aident à tenir car les mois à venir seraient durs. Sans perdre de temps, nous prîmes la route, le voyage se déroula dans la joie et la bonne humeur. Le cadre romantique était tel que je l’avais souhaité, le charme du lieu opéra immédiatement.

Léa était émue, elle me prit tout contre elle, et me susurra à l’oreille « si on testait le lit ? » Ok j’en mourais d’envie. Il était tard quand nous quittâmes notre cocon d’amour. Dans la vieille ville, je trouvai un petit resto encore ouvert. Un léger repas puis une balade sur le port. Léa découvrait cette belle cité, pleine de couleur, de vie. Nous étions bien, aucun nuage pour assombrir cet instant magique.

Retour à l’hôtel où nous avons retrouvé le lit défait, hors de question de le retaper, nos envies semblaient inassouvies. La nuit était bien entamée, le bruit de la mer arrivait à peine à étouffer nos gémissements, nos râles de plaisir. C’était toujours avec le même plaisir que nous nous endormions serrées l’une contre l’autre. Samedi direction Royan, là aussi, plein de choses à voir. Balade sur la plage où nous pouvions admirer évoluer des véliplanchistes. Je lui proposais de visiter le magnifique zoo de La Palmyre, je redevenais comme une gosse devant les animaux. C’était si bon de discuter de tout et de rien, de ne se consacrer qu’à notre amour. Nous ne voulions pas gâcher ces instants de bonheur.

La journée se passa tranquillement sur la côte sauvage. Pour retourner à La Rochelle, il y avait un peu de route, le coin était vraiment charmant. Léa semblait rêveuse durant tout le trajet. En guise de repas, nous avons préféré un sandwich, ça nous changeait des restaurants et des bons petits plats. Ce fut aussi pour nous l’occasion de flâner dans les ruelles, sous les voûtes d’une grande splendeur. Il n’y avait plus grand monde, la ville avait un aspect intemporel.

Le temps tourna à la pluie, ce qui précipita notre retour à l’hôtel. Ce soir pas d’amour, juste un gros câlin, Léa était trop préoccupée pour se donner entièrement. Demain serait la journée du retour. Il fallait nous reposer, éviter la discussion qui pourrait dégénérer. Silence, rien que du silence. Chacune se plongea dans ses pensées, ce week-end serait un merveilleux souvenir. La route fut fluide, nous roulions sans encombre, la musique nous accompagnait. Léa était absente. Je ne savais qu’en penser. Je l’avais raccompagnée jusqu’à chez elle, je repartirai de Deauville le lendemain matin. Que voulait-elle faire ? Un tour ? Qu’on aille chez elle ?

La réponse fut positive, Léa était plus à l’aise sur son territoire. Ensuite elle m’invita à m’asseoir dans le canapé car elle avait réfléchi durant ces derniers jours. Notre histoire était très belle, mais l’avenir était bien sombre entre nous deux. Les kilomètres allaient détruire notre lien, l’usure et la fatigue viendraient à bout de nos sentiments. Aussi elle préférait arrêter là notre relation. En définitive elle me remerciait de cette belle surprise que je lui avais offerte car elle la considérait comme une lune de miel que nous n’aurions jamais.

D’autre part elle ne pourrait jamais me rendre tout l’amour que je lui avais donné et revivre un tel bonheur lui semblait impossible. Pourtant elle savait combien je l’aimais, mais c’était mieux ainsi pour moi. « Vis ta vie, fonce professionnellement tu le mérites, et pense à moi de temps en temps. Notre histoire est la plus magnifique que j’ai pu vivre, ça je te le dois. Ta vie est à Toulouse aujourd’hui. Mais sans moi »

Je restai bouche bée, je voulais essayer de continuer encore un bout de chemin avec elle, quel qu’il soit. Je savais que Léa n’avait pas tort. La distance, le travail et la fatigue seraient venus à bout de notre amour. Je lui répétais combien je l’aimais et combien elle comptait pour moi. Les lieux que je lui avais faits découvrir étaient maintenant les nôtres, gravés en moi à tout jamais. Je lui confiais que je conservais mon appartement à Deauville, je ne comptais pas le vendre.

La vie est tellement imprévisible, je préférais avoir un toit au cas où ! Nous resterions amies si elle le voulait bien. D’accord pas de problème, j’aurais de ses nouvelles. Je l’implorais de me laisser le temps de digérer notre séparation, cette annonce avait eu sur moi comme l’effet d’un coup de massue. Après l’avoir pour la dernière fois embrassée, elle me regarda partir en pleurant.

J’aurais voulu la retenir, mais je respectais son choix.

Je précipitais mon retour à Paris car j’avais quitté Léa quelques heures auparavant, qu’il était très tard et que tout allait de travers. Les larmes coulaient de mes yeux, jamais je n’avais vécu une telle séparation. En définitive je ressentais comme un grand vide au fond de moi et je n’avais pas envie de rentrer. Pourtant je roulais sans savoir où je me rendais mais qu’importe. Rien ne m’attendait, n’y personne. Par ailleurs ma carrière avait détruit ce que je cherchais depuis toujours et j’en voulais aussi à la terre entière. Qu’allais-je devenir sans elle ? Je ne me voyais plus d’avenir sans mon bel amour. Les pensées les plus folles et les plus douloureuses me vrillaient l’esprit. C’est d’épuisement que je m’endormis sur l’aire d’une pompe à essence, le retour à la réalité fut brutal.

C’est pourquoi je n’étais pas fraîche quand j’arrivais à l’agence. Tous mes collaborateurs constatèrent que mon long week-end s’était mal passé. En effet le contraste était saisissant entre la femme amoureuse du départ et celle que j’étais devenue. Mes yeux cernés et rougis trahissaient mon désarroi et ma détresse, même si je me cachais derrière des apparences convenues, la rupture se lisait sur mon visage. Je finis tout ce qui était en cours, je voulais partir dans le sud au plus vite, passer à autre chose, me perdre dans le travail, tourner la page. C’est le seul moyen que j’avais à ma disposition, la bonne solution pour ne pas souffrir, ne plus penser, ne pas sombrer. Je réussis ainsi à tenir en me noyant dans le travail, les cartons de mon déménagement, les au revoir qui n’en finissaient plus, les amies. Puis vint le départ tant attendu.

La route fut longue, pénible et triste malgré le soleil. Les toulousains m’avaient trouvé un joli petit appartement refait à neuf, dans une résidence calme, loin du bruit. Il me fallait m’installer. Mais je restais là à regarder mes caisses, c’était au-dessus de mes forces. Les déménageurs avaient installé les meubles selon mes instructions, le reste je m’en débrouillerais. Je verrais plus tard pour les rangements, le principal tenait dans le clic clac qui me servait de lit et l’électroménager qui fonctionnait, c’était le plus important. J’avais pris soin de noter sur les cartons ce qu’ils contenaient, aucun souci pour retrouver ma garde-robe.

La chambre était pourtant aménagée, le lit, l’armoire étaient à leur place. Je n’arrivais pas à rester dans cette pièce, je repensais trop à Léa, à ce qui avait été mon plus grand bonheur et pour le moment je condamnais son accès comme je lui condamnais l’accès de mon cœur. Le plus urgent était de trouver quelques nourritures pour manger, il devait bien y avoir une épicerie et d’autres commerces dans le quartier. Sortir me ferait le plus grand bien. Je n’allais pas bien du tout, le cafard était entré dans ma vie, le blues me collait à la peau. J’étais rongée par le manque d’elle, plongée dans les affres d’un malheur que j’avais su créer de toutes pièces. Pour la première fois de ma vie, je n’étais plus la gagnante que tout le monde connaissait.

J’étais à Toulouse depuis plusieurs semaines. J’avais perdu le sourire, ma joie de vivre et je m’enfonçais dans une déprime inexorable. En effet je cumulais les erreurs professionnelles n’ayant pas la tête à mes nouvelles responsabilités. D’autre part le siège commençait sérieusement à se mordre les doigts de cette promotion car je refusais les sorties. Sitôt mes obligations accomplies je m’enfermais chez moi. De plus je me contentais de grignoter car je vivais comme une sauvage ou presque. C’est ainsi que j’avais complètement déstructuré mon quotidien, je courais au désastre sur le plan physique à me maltraiter de la sorte.

S’il n’y avait pas eu le café pour tenir, j’aurais sombré dans l’apathie la plus complète. J’avais laissé mes numéros de téléphone à Léa mais j’étais sans nouvelle d’elle. Je respectais son silence qui pourtant me rendait dingue. Combien de temps allais-je pouvoir tenir ? En attendant, je réécoutais en boucle les CD que nous écoutions sur la route de la Rochelle ou je m’effondrais en pleurs devant une télé muette.

J’essayais de dormir mais le sommeil s’était éloigné de moi. La nuit n’était plus mon amie, elle m’angoissait, me faisait sombrer dans le noir, les sanglots ininterrompus. C’était décidé je devais revoir coûte que coûte Léa. Devant mes mauvais résultats, je fus invitée à prendre des congés, histoire de me ressaisir. Si j’avais le mal de Paris, que j’y retourne quelques jours, il y avait un temps d’adaptation nécessaire, on tolèrerait pour quelques semaines encore mon spleen.

C’est presque dans un état second que je me dirigeais vers la gare, en route pour la mer. J’avais de la chance, il restait une place en première, le train était complet. Je devais me dépêcher le TGV partait dans quinze minutes, le guichetier m’avait indiqué à quelle heure était ma correspondance. Je constatais que je n’étais pas faite pour voyager par ce moyen de transport. J’aimais conduire, être indépendante. Là ce n’était pas le cas.

De toute façon je n’étais pas en condition de m’y rendre en voiture, j’étais un danger pour moi-même et les autres. Arrivé à Deauville, je pris un taxi, je donnais l’adresse de chez Léa. Personne ne m’ouvrit, le téléphone sonnait dans le vide, c’est ce maudit répondeur qui se déclencha. Je restai plantée en bas de chez elle, je voulais juste la voir ou l’apercevoir c’était tout. Mon geste était insensé, je risquais de souffrir davantage mais je ne me contrôlais plus. Je restai des lustres assise sur le trottoir sans qu’elle ne vienne. Avec amertume et déception je me décidai à rejoindre mon appartement vacant. Demain, j’essayerais encore.

Dimanche. Il pleuvait, le temps était pourri. Toujours pas de nouvelle malgré des messages laissés sur son répondeur. Léa devait être de week-end à l’hôpital. Je commandais un taxi pour m’y rendre. Je me renseignais auprès d’une infirmière dans le couloir, oui elle était là, elle s’occupait du pansement d’un opéré. Ce n’était pas l’heure des visites, je dérangeais, est-ce que je voulais laisser une commission ? Léa prendrait mal de me savoir sur son lieu de travail, je perdais tout bon sens et tout respect d’elle.

J’étais en train de la persécuter de mon amour. Elle ne pourrait que m’en vouloir et me rejeter un peu plus. Je devais me calmer, reprendre mes esprits. Elle ne saurait pas que je suis passée, j’inventais un prétexte, j’étais la sœur d’une malade qui voulait la remercier, je repasserais plus tard. Je repris le train dans l’autre sens, je n’avais pas vu l’amour de ma vie ce qui n’avait pas arrangé mon humeur qui était de plus en plus maussade. J’arrivais sous le soleil, pourtant j’avais froid. Il fallait que je réagisse, je coulais à pic, je me noyais alors que je savais nager.

Lors de mes insomnies j’avais eu le temps de réfléchir. Je ne pouvais plus continuer sur cette lancée, j’allais droit au clash. La compétence que j’avais dans la publicité pouvait être exploités par une autre société, l’appartement était loué, je n’avais pas d’amis, et Toulouse ne me convenait qu’à moitié. Une fois le tour de la question fait, rien ne me retenait ici.  Je pris rendez-vous avec le président directeur général de la société et lui remis ma démission à la fin de l’entretien, lui expliquant que je n’arrivais pas à m’adapter à la ville, que mon travail sans ressentait, qu’il valait mieux pour le bien de tous qu’on se quitte ainsi en bon terme.

Le PDG me remercia de mon honnêteté, c’était une solution peu coûteuse pour lui et même si je n’avais pas donnée entièrement satisfaction cela ne remettait pas en cause mes compétences. Ma promotion avait été brutale et mal préparée, pour lui j’avais dû laisser plus que des souvenirs à Paris, un amour sans doute… Divorcé et nouvellement marié à une femme plus jeune que lui de trente ans, il m’exposa dans un bref laïus, qu’il n’y aurait jamais parité dans ce domaine, les hommes conciliaient mieux carrière et vie privée.

Surprise par sa compréhension, j’abondais dans son sens et il me promit que si on lui téléphonait pour se renseigner sur mon compte il ne dirait que du bien de moi, passant sous silence cet échec. Il ne m’imposa pas non plus une clause trop lourde de non-concurrence, je pourrais ainsi retrouver un job dans le domaine de la pub si l’occasion s’en présentait. En me serrant la main, le regard appuyé, il me souhaita de retrouver le plus vite possible mon sourire, ma joie de vivre et mes kilos, je sentais que je lui plaisais physiquement. Il me demanda de rester le temps de me trouver un remplaçant. Ce ne serait pas long, les postulants se bousculaient sur les rangs.

J’étais soulagée, il me restait à tout vendre, mes meubles, l’électroménager car je quittais Toulouse sans pour autant avoir retrouvé un emploi. A part mes vêtements, quelques bouquins et mes disques et un peu de vaisselle, tout le reste pouvait être bradé. Je mis des petites annonces un peu partout. Les acheteurs se bousculèrent, en temps de crise c’est fou comme les charognards se précipitent sentant la bonne affaire. Je voulais oublier mon passé, écrire une nouvelle page de mon histoire. J’envoyais des CV en Normandie, dans les alentours de Deauville, j’élargissais ma demande à toutes les sociétés qui étaient susceptibles de m’embaucher sur mon expérience qui débordait celle de la publicité.

Ce fut quand même avec un pincement au cœur que je dis bye bye a tout ceux qui m’avaient aidée et soutenue, je leur promis de revenir mais en touriste. Enfin j’allais revenir à la source. Personne n’était au courant de mon retour. Dès que je fus installée à Deauville, je pris mon téléphone, j’avertis mes amies parisiennes. Elles tombèrent de haut, mais elles savaient où me joindre et où venir passer quelques jours.

Restait le plus dur pour moi maintenant : reconquérir Léa.

Cependant je ne savais pas comment m’y prendre car elle ne m’avait toujours pas donné signe de vie depuis plusieurs mois. Elle m’avait peut-être remplacée. Aussi il fallait que je prenne mon courage à deux mains. Comme je ne voulais pas me présenter les mains vides, je suis allée chez le fleuriste du coin. La composition florale était de toute beauté, pleine de couleurs et d’odeurs de toutes sortes. Pourtant je ne savais pas si Léa était chez elle.

Aussi je sonnais à la porte à plusieurs reprises. C’est alors que Léa m’apparut, fatiguée, amincie, l’éclat pétillant de ses yeux avait disparu. Je lui tendis le bouquet avec un grand sourire car j’étais venue spécialement lui remettre. Si elle ne voulait plus me voir, je partais, je comprendrais. Néanmoins elle m’invita à entrer et accepta mes fleurs. Pendant que je m’installais sur le canapé, elle arrangea le bouquet dans un vase en cristal. D’autre part dans un souffle je lui lançais tout de go.

« Léa j’ai quitté mon boulot à Toulouse et je m’installe définitivement à Deauville. Je t’aime toujours et je ne peux vivre sans toi. Je veux construire ma vie avec toi, je veux vieillir à tes côtés. Est-ce que tu m’aimes toujours et veux-tu faire un bout de chemin avec moi ? »

Léa me sauta dans les bras en m’embrassant.

« Si tu savais ce que j’ai attendu ce moment. Je n’arrivais plus à vivre loin de toi, ma vie était devenue insupportable, je pensais partir pour Toulouse te rejoindre. Maintenant que je t’ai, je ne te lâche plus, tu es à moi pour la vie. »

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