Nouvelles lesbiennes

Nouvelle lesbienne : Urgence pédiatrique

Urgence pédiatrique est une romance lesbienne qui parle d’amour entre femmes.

Valérie qui allait bientôt finir sa garde prenait une pause dans la salle de détente, une bonne tasse de café à la main, discutant avec ses collègues. Elle vivait seule à la suite d’une séparation. En effet à cause de son métier et de ses horaires son couple n’avait pas tenu. Pourtant Valérie était une femme simple et très douce. Par ailleurs les enfants l’adoraient et aimaient venir la voir, même si parfois les soins faisaient entendre des pleurs, des cris aussi. Elle savait aussi prendre le temps d’expliquer, mais surtout de faire des câlins aux enfants apeurés par sa blouse blanche. Son bip sonna, elle venait d’être appelée aux urgences. Valérie s’y rendit d’un bon pas.

C’est alors qu’elle se retrouva face à une maman en larmes et en panique avec dans ses bras son petit garçon. Aussitôt Valérie calma la maman et prit l’enfant qu’elle déposa sur la table d’examen. D’autre part elle lui demanda ce qui s’était passé et surtout le prénom du petit qui pleurait en se tenant le bras. Elle posa aussi des questions sur la santé de Bruno et surtout sur les circonstances de l’accident. Celui-ci avait voulu rejoindre sa maman et avait escaladé la barrière de sécurité de son lit, en retombant son bras avait amorti la chute.

Valérie auscultait Bruno qui se laissait faire. Par ailleurs sa maman lui tenait la main et le rassurait. Enfin la pédiatre diagnostiqua une probable fracture du bras. Elle prescrivit une radio et appela une infirmière pour l’emmener immédiatement. La maman regarda son enfant partir et s’en alla s’asseoir dans la salle d’attente. Ainsi Valérie voyant cette mère désemparée la suivit. Elle s’assit près d’elle et la rassura. Kate se calma peu à peu, elle écoutait ce que lui disait le médecin présent à ses côtés.

« Les accidents de ce type ne sont pas rares. Ce n’est pas bien méchant, ne vous en faites pas. Vous allez voir il sera vite sur pied croyez-moi !

– Je ne l’ai pas entendu se lever car je suis très fatiguée en ce moment. D’ailleurs je n’arrête pas de courir partout car je suis une mère célibataire et la vie n’est pas simple pour moi. En effet je ne peux pas me permettre en plus de m’arrêter et je ne sais pas comment je vais faire…

– Prenez une journée enfant malade pour aujourd’hui et essayer de voir qui peut vous garder Bruno pendant quelques jours, Vous n’avez personne ?  Parents ? Amis ?

– Je vais voir avec mes parents car ils sont retraités et ils adorent le petit. Par ailleurs la nourrice ne voudra sûrement pas le garder, du moins pas les premiers jours.

– Bien vous voyez, ça va aller, ne vous en faites pas car il y a toujours des solutions.

– Merci vous êtes très gentille.

– Normal c’est mon métier et avec les enfants c’est surtout ce qu’il faut être. »

Kate avait regardé la qualification et le prénom inscrit sur le badge. Valérie était pédiatre, elle aimait son métier cela se sentait. Sa voix était douce, elle savait rassurer les enfants et les parents. Cette femme devait avoir une petite trentaine d’années, elle était mince, cheveux courts avec une coupe moderne. Le bip de nouveau sonna.

« Je dois y aller. Dès que j’ai les résultats de la radio, je passerai vous voir.

– Merci, ça m’a fait du bien de vous parler. »

Alors que Valérie se dirigeait vers le bout du couloir un autre enfant arrivait avec les pompiers. Kate regarda la scène, admirant le calme de Valérie. Elle était entrée dans le box avec le petit qui se trouvait dans un état de somnolence inquiétant. De son côté Kate entendit des cris et des pleurs qui venaient de derrière la porte qu’elle connaissait bien maintenant. Elle eut de nouveau des larmes en entendant ceux de son fils. Ensuite elle vit l’infirmière avec les radios qui les apportaient à Valérie. Quelques instants après, elle appela Kate.

« On va la plâtrer car son bras est cassé. Il n’y en a pas pour très longtemps. Il va encore pleurer car je vais être obligée de le lui bouger malheureusement.

– Je vous fais confiance, je sais que vous ferez de votre mieux.

– A tout de suite alors ! »

Kate resta assise à sangloter. Elle entendait l’équipe parler à Bruno, une infirmière lui racontant une petite histoire pour le calmer afin que le médecin puisse le plâtrer correctement. L’enfant souffrait malgré tout, ses pleurs s’entendaient dans le couloir. Après un moment qui parut une éternité pour Kate, enfin la porte s’ouvrit et Bruno apparut le visage blanc, défiguré par la douleur, les yeux rougis d’avoir tant pleuré. Kate se précipita vers lui pour l’embrasser et le prendre dans ses bras.

« Passez voir la pédiatre pour l’ordonnance, elle va vous prescrire des antalgiques, ensuite vous pourrez rentrer.

– Merci beaucoup, au revoir !

– Au revoir madame, au revoir Bruno ! »

Celui-ci cacha son visage dans le cou de sa mère en guise d’au revoir. Ensuite Kate retourna dans le box de consultations qu’elle connaissait bien maintenant. Par ailleurs Valérie était toujours avec l’enfant amené par les pompiers. En voyant Kate à travers l’embrasure de la porte, elle lui fit signe d’attendre un peu, elle n’en avait plus pour très longtemps. Quand elle eut fini, elle lui apporta l’ordonnance et lui donna quelques conseils pour que le petit souffre moins. Enfin elle passa sa main dans les cheveux de Bruno et lui déposa un baiser sur la joue.

Elle lui offrit aussi une petite peluche pour son courage. L’enfant la serra contre lui, il avait déjà tout oublié. Kate remercia le médecin encore une fois et lui offrit son plus beau sourire. Valérie lui rendit tout en la regardant fixement mais tendrement. Kate et Bruno passèrent signer quelques papiers à la réception car elle n’avait pas encore eu le temps de régler toutes les formalités d’usage. En définitive elle rentra chez elle fatiguée par cet événement et Bruno s’endormit épuisé par les pleurs et le bercement du bruit familier du moteur de la voiture.

Sur le chemin de retour Kate repensa à Valérie. En effet elle ne comprenait pas ce qui se passait, pourquoi elle pensait encore à cette femme, à son sourire, à son regard. Kate s’était séparée de son mari avant la naissance de Bruno. Depuis trois ans elle n’avait pas eu d’homme dans sa vie, seul son fils comptait à ses yeux, il était tout pour elle. D’ailleurs Kate était tout le temps en train de courir, de son travail à la banque, à la nounou de Bruno, en passant par les courses.

Aussi elle n’avait que peu de temps à elle. Heureusement ses parents et sa sœur l’aidaient pour la garde de son fils. Certains week-ends ses parents prenaient Bruno ce qui lui permettait de souffler un peu. Mais il y avait toujours des choses à faire, du ménage, des tâches administratives, du rangement… Aussi quand il lui restait un peu de temps Kate le passait à regarder la télé ou lire un livre. Parfois si la météo le permettait elle se baladait ou profitait du grand air pour flâner devant les boutiques ou dans les rues de sa ville.

Enfin elle venait d’arriver chez elle. En premier lieu son geste fut d’aller coucher Bruno tout en laissant la porte ouverte pour le surveiller. Elle téléphona ensuite à son employeur pour lui expliquer l’accident et s’excuser de son absence pour la journée. Par ailleurs elle appela également ses parents qui lui promirent de venir garder le petit les jours suivants car pas question de le laisser chez la nourrice. Kate les remercia vivement pour l’aide apportée. Une fois raccroché, elle alla s’étendre sur son lit tout en ayant les oreilles en alerte. En définitive avec tout ça les heures étaient passées sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Elle finit par s’endormir quand Bruno se fit entendre. Kate se précipita dans la chambre et prit Bruno contre elle car il avait besoin d’être rassuré.

Elle lui expliqua que son bras était caché dans le plâtre car il était malade. Le petit ne comprenait pas trop ce qui se passait mais de toute évidence son bras le faisait souffrir. Kate lui proposa un jeu, elle allait dessiner sur le plâtre ses animaux favoris. Ensuite elle l’emmena dans le séjour, trouva des feutres. Elle commença à lui faire un chien, un poisson et un chat. Ainsi Bruno avait cessé de pleurer et regardait avec amour sa maman. Il lui tendit les bras, sa façon à lui de lui réclamer un gros câlin. C’est alors qu’elle le blottit tout contre elle. En levant la tête Kate s’aperçut de l’heure, il fallait préparer un repas pour son petit bout. Elle l’emmena avec elle ne voulant pas le lâcher. Elle lui fit son plat préféré de coquillettes au jambon.

Pourtant Bruno ne mangea pas beaucoup car il était ronchon. Kate lui donna de nouveau un cachet pour la soulager un peu. Ensuite elle alla dans le canapé et s’installa confortablement. Elle essaya de l’endormir en lui racontant son histoire favorite des oursons. Mais rien n’y faisait l’enfant avait toujours mal et de plus il était assez fiévreux. Kate ne savait plus que faire, elle se sentait démunie face à la douleur de son enfant. Pourtant elle avait suivi à la lettre la prescription du médecin et avait suivi tous ses conseils. Aussi Kate n’y tenant plus appela les urgences et demanda à parler au pédiatre de garde. Elle essaya aussi de savoir si Valérie était là et par chance elle était encore de garde. Valérie se trouvait précisément au standard, elle était en train de remplir un dossier.

Elle prit le téléphone et entendit une voix qu’elle pensait reconnaître. En effet au bout du fil Kate se présenta. Elle lui expliqua ce qui se passait et lui demanda ce qu’elle devait faire. Valérie toujours calmement lui recommanda d’attendre encore avant de lui redonner un cachet. Que pour un membre cassé on devait être patient et que la douleur partirait tranquillement. Mais que si dans une heure Bruno était toujours aussi il mal faudrait augmenter la dose d’antalgiques. Ensuite Valérie prit le temps de parler aussi avec Kate et de savoir comment elle allait de son côté, si elle avait trouvé une solution pour la garde de Bruno.

Elles discutèrent encore un peu puis Valérie lui donna sa ligne directe au cas où Kate aurait encore besoin d’elle. Kate la remercia vivement de lui avoir consacré de son temps et de son professionnalisme. Bruno entre temps s’était calmé, ses yeux se fermaient doucement. Valérie clôt la conversation en rappelant à Kate qu’elle pouvait la contacter en cas de besoin et de lui laisser un message si elle n’était pas là. Avant de raccrocher elle dit à Kate de prendre soin du petit mais d’elle également puis elle lui dit au revoir avant de raccrocher. La nuit était commencée depuis un bon moment déjà. Kate emmena Bruno dans sa chambre, elle le déposa dans son lit. Pour cette nuit il dormirait avec elle. Elle se coucha près de lui et s’endormit comme une masse.

C’est la sonnette de la porte qui la réveilla en sursaut. Elle fila ouvrit de peur que cela ne réveille son fils. En définitive c’étaient ses parents. Kate les embrassa et vit qu’il était déjà tard. Aussi elle fila sous la douche, ne prit même pas le temps de déjeuner. Ensuite elle alla embrasser Bruno qui dormait profondément et partit à contre cœur au travail. En effet elle n’avait pas les moyens de se mettre en arrêt ou de perdre des journées de salaire. Les fins de mois étaient parfois déjà plus que difficiles.

Elle confia son enfant à ses parents et après un bisou à tout le monde elle partit pour une longue journée. En chemin son esprit était toujours occupé par Valérie. En définitive elle ne n’arrêtait pas de penser à elle, à son sourire, à sa silhouette. Par ailleurs elle avait trouvé sa voix sensuelle et douce. Aussi elle se demandait ce qui lui arrivait de penser à une femme de cette manière, se posant même la question de l’attirance que Valérie lui procurait. Pour Kate qui aimait les hommes tout cela la perturbait car elle ne comprenait pas ce qui se passait en elle.

Valérie qui avait enchainé les gardes se retrouvait avec quelques jours de repos bien mérité. Elle alla comme à son habitude à la piscine pour faire des longueurs et se détendre. Elle en avait besoin physiquement et aussi pour évacuer les tensions dues au stress des nuits. Valérie pensait aussi à Kate, mais elle savait que les femmes l’attiraient, elle ne s’en cachait pas. Kate l’avait émue et touchée plus que les autres dans sa détresse de mère. Elle avait découvert cette jeune femme se débattant dans la vie avec cet enfant, cette peur de la douleur qui la rendait plus fragile aussi. Cette émotion sur son visage devant la souffrance avait touché le cœur de Valérie.

Ensuite Bruno avec son sourire coquin était un enfant câlin et calme. Un enfant fort devant la détresse de sa maman. Pas à dire cette famille était attachante et Valérie ne pouvait pas y rester insensible. Après avoir nagé un bon moment, elle se décida à aller faire quelques courses alimentaires. Elle se rendit à la superette non loin de la piscine. Elle aimait avant tout les produits naturels. Direction le stand fruits et légumes. Puis elle décida d’acheter un bon morceau de viande qu’elle mettrait une fois cuisinée au congélateur. Sans oublier le pain à la boulangerie en sortant. Alors qu’elle se trouvait dans la queue, elle entendit une voix familière derrière elle.

« Bonjour Docteur !

– Oh bonjour, quelle surprise ! Comment va Bruno ?

– Merci il va déjà beaucoup mieux. Les cachets font bien leur effet. Et mes parents veillent sur lui, ça me rassure encore plus.

– Alors tout va bien, c’est le principal. Je suis rassurée mais je ne m’en faisais pas trop, Bruno est un gamin formidable et plein de ressources.

– Merci de votre gentillesse et de votre présence, ça me rassure de savoir que vous êtes là pour lui.

– Oui je suis là, ne vous en faites pas. Vous avez mon numéro en plus. Je ne fais que mon travail vous savez.

– Vous le faites merveilleusement bien, croyez-moi !

– Merci cela me touche.

– Je dis ce qui est, voilà tout. Bien ! Je vous dis au revoir.

– Bonne soirée au revoir et bonjour à Bruno.

– Je n’y manquerai pas, merci encore et au revoir ! »

Valérie vit Kate rougir en lui disant cela qui était encore plus attirante avec le rouge aux joues. D’ailleurs toutes deux étaient quelque peu gênées de constater l’attirance qui commençait à pointer le bout de son nez. Cependant elles furent interrompues par la boulangère qui tendit le pain à Valérie. Celle-ci le prit et en passant près de Kate, elle lui fit son plus beau sourire tout en lui serrant la main. Leurs regards avaient du mal à se détacher tout comme leur poignée de mains. En définitive Kate était troublée de cela.

C’est Valérie qui mit fin à ce bref instant de complicité. Kate prit aussi son pain et quitta la boulangerie. Ensuite elle essaya de voir Valérie dans la rue mais elle était déjà partie. C’est alors qu’une voiture passa près d’elle et une femme lui fit un signe de la main, c’était Valérie. Kate rentra chez elle le sourie aux lèvres. Ses parents avaient préparé le repas et fait un peu de ménage. D’autre part Bruno jouait tranquillement dans un coin du salon. En voyant Kate il se jeta dans ses bras et l’embrassa.

Elle lui fit des gros baisers tout en remerciant ses parents d’être là pour l’aider. En effet ils étaient, de toute évidence, heureux d’être avec leur petits fils et d’en profiter. En particulier ils aimaient partager des instants de joie et de complicité avec lui. Aussi ils prirent congé en promettant à Bruno de revenir jouer le lendemain avec lui. Kate mangea avec Bruno et à la fin du repas direction la salle de bain où il se brossa les dents avec sa brosse superman avant de filer au lit.

Elle le coucha et Bruno se mit naturellement sur le côté car la fatigue de la journée l’emporta rapidement dans le sommeil. Ensuite Kate pour se détendre de sa soirée se mit devant sa série télé qui était déjà commencée. Cependant elle regardait l’écran sans voir vraiment ce qui se passait car sa tête était ailleurs. En effet elle avait l’impression de sentir la main de Valérie dans la sienne, elle revoyait ce regard brillant et doux. Pas à dire, cette femme l’envahissait mais d’une excellente manière. Kate chercha un moyen de la remercier.

Valérie voulait à tout prix revoir Kate mais elle ne savait pas comment s’y prendre. Alors elle allait espérer un signe, un coup de fil quelque chose de la part de celle qui était maintenant plus que présente à sa mémoire. Elle croisait les doigts en priant que le destin ferait bien les choses. Les journées passèrent vite et cela pour les deux jeunes femmes. Toutes deux vivaient à une allure effrénée. Bruno lui était repartit chez sa nourrice qui fut contente de le retrouver.

Valérie enchainait garde sur garde. Ses repos elle les passait à essayer de récupérer un maximum. Mais elle faisait en sorte de passer en ville aux heures où elle avait croisé Kate. Elle espérait ainsi pouvoir la revoir, lui parler aussi. Kate quant à elle avait tenté à plusieurs reprises de la joindre, mais une fois la sonnerie présente, elle avait raccroché. Malgré son envie, elle n’avait pu aller au bout de ses envies.

Elles pensaient l’une à l’autre, mais aucune des deux n’avait fait le pas nécessaire à la retrouvaille. Mais une chose était sûre, pour Kate il faudrait retourner à l’hôpital pour faire enlever le plâtre de Bruno. Elle choisit une fin de journée, elle irait après son travail de cette manière elle ne perdrait pas une journée à l’agence. Elle savait qu’elle n’avait pas la garantie de voir Valérie, néanmoins elle alla à son rendez-vous avec un bouquet de fleurs auquel elle avait joint sa carte de visite et un petit mot.

« Je ne pense qu’à vous, Kate »

Elle demanda à l’accueil que l’on remette ce bouquet à Valérie. La secrétaire lui dit que cela serait fait sans problème. Puis Kate alla vers la salle de déplâtrage où un infirmier attendait Bruno. Il entra ainsi que Kate pour que l’enfant ne soit pas de nouveau apeuré. Tout se passa bien et sans pleurs. L’infirmier félicita Bruno pour son courage et lui donna un bonbon. Après quelques recommandations la maman et l’enfant repartirent de l’hôpital.

Bruno était souriant, même si son bras était encore douloureux. On pouvait lire sur son visage le bonheur de ne plus être handicapé par son plâtre. Il débordait de nouveau d’énergie et courait partout. Kate était là, veillant sur lui comme jamais, le freinant dans toutes ses actions. Elle retrouvait enfin son petit homme. Ils reprirent le chemin de la maison le cœur léger et plein de joie, cela n’était plus qu’un mauvais souvenir.

Valérie arriva quelque peu en avance à son travail car de l’administratif l’attendait au bureau. En ouvrant la porte, elle vit le bouquet dans un vase et la carte agrafée en haut. Elle ouvrit l’enveloppe cherchant qui avait bien pu lui faire parvenir ces jolies fleurs. Aussi qu’elle ne fut pas sa surprise en voyant la signature de Kate. A la lecture du mot elle eut un large sourire et son cœur se mit à battre plus fort. Elle regarda l’heure, il n’était pas trop tard pour appeler. Elle fit le numéro qu’elle trouva en bas de la carte de visite. Quelques sonneries et une voix au bout du fil.

« Bonsoir c’est Valérie, la pédiatre. Désolée de vous déranger, mais je voulais vous remercier pour les fleurs, elles sont très belles,

– Pas de quoi je voulais vous remercier.

– Votre petit mot me touche vraiment vous savez !

– Je ne savais pas comment vous dire les choses… Vous dire simplement que je ne vous oublie pas. »

Il y eut un silence qui parut une éternité. Ensuite Valérie ne sut que dire car elle était tout aussi troublée que Kate. Entendre ces mots si doux la laissait sans voix.

« Vous êtes là ?

– Excusez-moi je regardais vos fleurs et relisais votre mot.

– Je ne savais pas comment vous contacter. Comme je suis passée faire enlever le plâtre de Bruno, j’en ai profité.  Je n’aurais jamais pu vous dire cela en face vous savez ?

– J’apprécie vraiment votre geste et j’aime les mots que vous dites !

– Alors je suis très heureuse.

– Je voudrais vous revoir Kate, cela serait-il possible ?

– Oui je n’osais pas vous le demander. Ce serait avec grand plaisir.

– Je regarde mon planning, attendez deux minutes s’il vous plait.

– J’attends ne vous en faites pas.

– Merci. »

Kate entendit Valérie tourner les pages d’un agenda tout en faisant des commentaires. Des réunions, des gardes, encore des gardes, des rendez-vous avec les patients et au bout de quelques minutes elle entendit « ouf j’ai trouvé »

« J’ai le 12 de ce mois si cela vous convient, je ne travaille pas ? Et l’heure vous me dites car je sais que vous avez Bruno aussi.

– Le 12 me va très bien, pour l’heure disons vers 20 h ?

– Bien je note 20 h le 12 et je vous invite au restaurant.

– Avec le petit cela ne va pas être facile car il se couche tôt. Venez manger à la maison cela me ferait vraiment plaisir de vous recevoir.

– Eh bien parfait mais je vous inviterai la prochaine fois alors ?

– Oui ne vous en faites pas, je pense que l’on se reverra, j’ai besoin de vous parler. Je ne comprends pas ce qui m’arrive, je ne pense qu’à vous, je suis perdue.

– Moi aussi je pense à vous. On prendra le temps d’en discuter ensemble.

– Je suis bien avec vous, vous savez m’apaiser, me rassurer.

– Merci. Vous savez je suis bien aussi avec vous, mais là le devoir m’appelle je dois vous laisser à regret.

– Je comprends, bon courage pour votre garde et au 12 alors ! Je vous attends.

– Bonne nuit à vous et merci encore pour les fleurs je penserai encore plus à vous. Je vous embrasse si vous le permettez

– Je vous embrasse aussi. A très bientôt alors !

– Je file. Au revoir ! »

Kate raccrocha le combiné, le cœur battant la chamade. Pourtant elle ne se rappelait pas avoir été aussi chamboulée par un homme, ni même par le papa de Bruno qu’elle avait pourtant cru aimer de tout son cœur.  Par ailleurs elle commençait déjà à penser au 12, quelle belle date.

Ensuite Valérie passa une nuit mouvementée. En effet beaucoup de monde aux urgences, peu d’enfants avec de réels soucis de santé, surtout des parents anxieux ou consuméristes de soins « gratuits ». D’autre part elle pensait elle aussi à sa future rencontre avec Kate. Pas à dire cette femme l’avait vraiment bouleversée. Cependant elle ne savait pas ce que donnerait ce rendez-vous et vers quelle histoire elles iraient. En effet le peu que Kate lui avait fait comprendre lui faisait penser que peut être une histoire d’amour naissait.

De son côté Kate avait du mal à penser qu’elle pouvait aimer une femme, peut être en amie. Mais de là à être dans un lit avec elle, ça non. Pourtant elle sentait bien que l’attirance qu’elle avait pour Valérie était plus que de l’amitié. Elle trouvait Valérie très agréable, douce, une très jolie femme en plus. Kate s’était surprise à regarder son corps, ses formes. Le fait que Valérie aime les enfants, sache aussi bien les prendre était important pour Kate.

Mais elle ne savait pas comment elle pourrait dire et faire comprendre à son amie combien elle ne la laissait pas indifférente, combien elle avait pris de la place dans sa vie et dans son cœur aussi. Comment Valérie allait-elle prendre tout cela ? Quelle serait sa réaction devant de telles déclarations ? Kate se posait mille et une questions, puis elle décida de rester elle-même et de dire les choses simplement. En tout cas elle serait au top le 12 et cela sur tous les points.

Le 12 arrivera vite, encore 3 jours à attendre. Dans sa tête Kate s’y préparait. Pour Valérie tout était différent, elle savait que malgré les apparences rien n’était gagné. L’amour d’une femme est une chose normale à ses yeux, mais avec Kate tout n’était que nouveauté et découverte. Elle avait compris à demi-mots que Kate semblait prête à concevoir une nouvelle façon de vivre l’amour. Pour les deux femmes les journées qui les séparaient étaient longues, et rapides à la fois.

Les heures pouvaient paraîtres un siècle ou une minute. L’envie et la peur d’être ensemble les tiraillaient. La fameuse date arriva, la journée de Kate allait être longue. Au fur et à mesure que les heures défilaient, elle commençait à devenir anxieuse. Au travail Kate avait la tête dans les nuages. Elle fit quelques âneries heureusement sans conséquence, qu’elle rattrapa facilement. Pour Valérie c’était une journée de repos comme à son habitude, piscine, courses. Il lui faudrait trouver un cadeau pour son hôte et le petit Bruno.

Après avoir quitté l’agence, Kate fonça récupérer son fils chez la nounou et le pain et le dessert qu’elle avait commandé à son boulanger, une jolie tarte aux fraises. Une fois de retour, elle se mit aux fourneaux pendant que Bruno jouait non loin d’elle avec ses voitures. Son repas serait tout en finesse et légèreté. Petites verrines de légumes, saumon frais avec riz parfumé, une salade de roquette, la tarte et le café. Une fois tout cela accomplit, elle alla prendre une douche et se faire belle pour Valérie.

Un brushing, une touche de maquillage, un parfum senteur vanille, elle se préparait à la séduire. Elle mit Bruno en pyjama et le fit manger. Avec tout ça, 20h allait bientôt sonner. Elle mit la dernière touche pour l’apéritif et dressa les verres. Pendant ce temps, Valérie se stationna en bas de l’immeuble, elle connaissait bien ce quartier. Elle avait les bras chargés par un bouquet de fleurs et l’ambulance qu’elle avait choisie pour Bruno.

Une fois derrière la porte, elle prit sa respiration et sonna. Elle entendit des pas qui se rapprochaient. Kate ouvrit la porte et pria son amie de rentrer. Valérie lui tendit les fleurs et donna le jouet à l’enfant.  Il lui fit un grand sourire et se blottit dans les bras de sa maman. Celle-ci lui dit de faire un bisou à Valérie pour la remercier de sa jolie voiture. Le petit ne se fit pas prier et l’embrassa. Les deux femmes se regardaient, Kate se lança la première.

« Je suis contente que vous soyez là !

– On va se tutoyer cela sera mieux je pense. Moi aussi je suis contente de vous voir. Bruno a l’air en pleine forme, c’est super !

– Oui il va bien, son bras cassé c’est du passé.

– Chez les petits, en règle générale, c’est vite oublié. Tu es très jolie dans cette robe, elle te va à merveille.

– Merci tu es gentille.  Sans la blouse blanche tu es encore plus belle. »

Les deux femmes se mirent à rire. Kate l’invita à passer au salon. Bruno avait vite adopté son ambulance. Valérie s’installa sur le canapé et Kate vient s’asseoir près d’elle. Elle fit le service, un apéritif doux pour les deux femmes. Kate se leva et alla en cuisine chercher les verrines. Quand elle revint, elle vit Bruno sur les genoux de Valérie. Tous deux étaient en grande discussion, Valérie lui expliquait ce qu’était une ambulance, et à quoi elle servait. Kate reprit sa place à côté d’eux.

« Tu as de la chance, Bruno est plutôt timide. Il est aussi craintif quand il ne connaît pas les personnes, mais de toute évidence il t’a adoptée.

– Alors j’ai de la chance avec le fils, reste la mère à conquérir.

– De ce côté-là, je ne pense pas que cela sera dur… Avec toi je ne sais pas ce qui se passe, je suis comme attirée ! Je pense tout le temps à toi ! Ne m’en veux pas de te parler ouvertement, de me livrer ainsi.

– Non ne t’en fais pas, j’aime les personnes franches. Tu ressens de l’attirance voilà tout, on ne choisit pas ! J’en suis flattée et je te remercie. Moi aussi je pense à toi et ça depuis que je t’ai vu avec Bruno l’autre matin.

– C’est la première fois qu’une femme m’attire, que je ressens ça, je suis paumée !

– Oui cela fait drôle d’être attirée par une personne du même sexe, du moins pour toi. J’ai toujours préféré les femmes, elles font partie de moi tout simplement. Mais tu as peut-être ressenti cela venant de moi ?

– Je ne sais pas, mais c’est sûr qu’en ce moment je suis sur une planète inconnue.

– Alors si tu veux je serai ton guide sur cette belle planète.

– Pourquoi pas ? Je ne peux rêver meilleur guide que toi. »

Après s’être livrées un bon moment, elles allaient pouvoir continuer à mieux se connaître. Autour du repas les confidences continueraient sûrement. Bruno n’avait toujours pas quitté les bras de Valérie. Kate souriait en voyant ce tableau, son fils en confiance dans les bras de celle qui faisait battre son cœur. Ce fut l’heure d’aller coucher Bruno. Il embrassa Valérie pour aller dans les bras de sa maman. Elle coucha son fils dans son lit, lui souhaita bonne nuit avec des gros bisous et ferma la lumière. Le petit ne mit pas longtemps à s’endormir, pour lui la journée avait été bien plus longue de d’habitude.

Le repas fut détendu, Valérie savourait les mets que Kate lui avait préparés. Elle la félicita sur ses dons de cuisinière. Après avoir fini le saumon Kate entendit Bruno pleurer. Un cauchemar sans doute. Quand elle revint dans le salon, elle trouva Valérie en train de débarrasser la table. Kate fut touchée par cette attention. Valérie trouvait cela normal d’aider son amie qui avait travaillé toute la journée et s’était donné du mal pour la recevoir.

En plus elle avait aussi Bruno à s’occuper, un enfant ça demande de la présence et du temps. Kate proposa un morceau de tarte aux fraises avec un bon café noir. Valérie accepta, c’était son dessert favori. Elle l’aida à préparer les assiettes ainsi que les tasses qu’elle apporta sur la table du salon. Elles se retrouvèrent côte à côte sur le canapé. Valérie osa prendre la main de Kate, celle-ci ne fit rien pour la retirer ou la repousser.

« J’attendrai que tu sois prête ne t’en fais pas. Je comprends que cela soit nouveau pour toi, tu as peur de l’inconnu, alors prend ton temps !

– Je sais que tu es là, mais malgré l’attirance que j’éprouve pour toi, je ne sais pas si je serai capable de franchir le pas ! Tout cela n’est pas évident ni simple pour moi !

– Je sais que tout cela peut être terrifiant et c’est sûr que ça chamboule bien des choses. Mais je ne veux pas passer à côté d’une femme telle que toi. Je pense que j’ai trouvé celle que je désire, celle que je voudrais près de moi aussi. Je sais tout ça doit encore plus te paniquer, mais j’attendrai, je suis patiente

– Tu es vraiment gentille, tu es une femme touchante et très compréhensible. J’ai besoin d’avoir quelqu’un à mes côtés, qui me soutienne et qui m’épaule aussi. Je veux être aimée mais ça tout le monde le désire je pense.

– J’ai ressenti tout cela quand je t’ai vu seule aux urgences, désemparée devant la souffrance de Bruno. Sache que je serai là pour toi quand tu le voudras, je serai ton amie et plus si tu le veux ! »

Valérie lâcha la main de Kate et elles mangèrent leur gâteau tout en se fixant tendrement. Dans leur regard on pouvait voir la lueur d’un amour qui naissait lentement. Elles ne tardèrent pas à se faire des confidences intimes. Il était déjà tôt sur le matin quand Bruno leur rappela la réalité. Les heures avaient défilé sans qu’elles s’en rendent compte. Elles étaient bien ensemble, le feeling était là, la complicité aussi. Valérie se leva et donna le signal du départ. Elle remercia Kate pour la soirée et surtout de s’être confiée ainsi. Elle la remercia aussi pour le succulent repas et pour ce moment agréable qu’elle venait de passer en sa compagnie. Elles s’échangèrent leur numéro de portable et leur adresse mail. De cette manière elles seraient toujours en contact. Valérie enfila son manteau et se dirigea vers la porte d’entrée.

« Tu peux m’appeler quand tu veux Kate. Si tu as besoin pour Bruno ou pour parler je serai là pour toi, n’hésite surtout pas ! »

– Merci tu es une femme formidable, je ne sais que te dire… J’ai de la chance de te connaître tu sais… Je voudrais te revoir tu sais !

– Moi aussi je compte te revoir. Il ne te reste que peu de temps pour dormir, alors va te coucher sinon tout à l’heure tu ne seras pas en forme.

– Tu as raison. En plus je tombe de fatigue ! Je te contacte très bientôt, rentre bien et sois prudente surtout !

– Ne t’en fais pas je le suis toujours et encore plus maintenant ! Dors bien surtout et prends soin de toi. Allez, je file ! »

Les deux femmes se firent la bise comme des amies. Valérie prit le menton de Kate entre ses doigts et déposa un baiser sur ses lèvres. Kate en fut toute troublée mais répondit néanmoins à ce baiser. Valérie lui sourit.

« Excuse moi j’en avais trop envie. Ne m’en veux pas ! Il vaut mieux que je file !

– Non ne t’excuse pas cela m’a fait plaisir aussi.

– Ce coup-ci je file ! Bye, Kate ! »

Elle franchit le seuil de la porte, Kate la regarda descendre les escaliers avant de refermer la porte pour aller se coucher. Elle ne put trouver le sommeil. Tout lui revenait en mémoire, leur conversation, la main de Valérie dans la sienne, l’émotion qu’elle avait ressentie lors de leur baiser, la douceur de ses lèvres sur les siennes.

Valérie de son côté était dans le même état. Habituée à travailler la nuit, elle se mit au lit avec un livre. Impossible de se concentrer, toutes ses pensées étaient tournées vers Kate. Le lendemain matin le réveil fut difficile pour les deux femmes. Kate après avoir déposé le petit chez ses parents car la nounou était de repos, elle fila à la banque sans grand enthousiasme. Elle n’était pas encore arrivée à l’agence qu’elle reçut un texto de Valérie. Fébrile elle se hâta de l’ouvrir.

« Bonjour Kate. Bonne journée à toi. Merci pour la soirée. Tendres pensées. Bisous Val »

Un large sourire illumina son visage. Elle répondit sur le même ton.

« Bonjour Val. Merci de tout ce que tu me donnes. Tendres pensées. Doux bisous. Kate »

Pas à dire cette relation commençait bien. Valérie croyait rêver en lisant ce message. Elle ne put s’empêcher de téléphoner à Kate. Leur conversation fut pleine de tendresse. Elles osaient enfin se laisser aller dans leurs propos. Toutes deux se laissaient porter par leur attirance mutuelle et vers cette relation amoureuse qui les portait. Kate eut un appel d’un client qui la rappela à l’ordre. Valérie dut stopper à regret ce coup de téléphone avec celle qu’elle appelait déjà son cœur. Valérie prenait sa garde tout à l’heure et elle lui promit de lui dire un petit bonjour une fois celle-ci terminée. Kate était amoureuse cela ne faisait plus aucun doute pour Valérie. Cependant avant de lui avouer ses sentiments, son désir aussi, elle devrait attendre que Kate soit prête. Mais vu la tournure de leur histoire Valérie était confiante.

Les jours passèrent. Leurs emplois du temps bien chargés ne favorisaient pas les échanges physiques. Il fallait en permanence jongler avec les horaires de l’une ou de l’autre. Mais néanmoins elles arrivaient à se contacter plusieurs fois par jour. Les téléphones vibraient souvent et leur sourire s’affichait en même temps que le numéro de la femme aimée. Dès qu’elles le pouvaient elles s’appelaient, le besoin d’entendre la voix, de sentir la présence de l’autre même à distance était plus fort que tout.

A la banque tout le monde avait vu le changement chez Kate. Son comportement souriant et rêveur était celui d’une femme amoureuse. Aux urgences c’est le côté zen attitude avec le soleil dans les yeux qui avait mis la puce à l’oreille des collègues de Valérie. Elle aussi était souvent surprise à rêvasser tout en souriant. Valérie ne supportait plus de ne pas voir Kate. Un jeudi matin après qu’elle eut fini sa garde et avant que Kate ne parte au travail, elle l’appela.

« Bonjour ma chérie. Ecoute je ne supporte plus de ne pas te voir, je voudrais t’emmener en week-end, qu’en penses-tu ?

– Bonjour mon cœur. Tu me manques trop, cette distance me devient à moi aussi insupportable. D’accord pour ce week-end. Je confierai Bruno à ma sœur, cette semaine elle se plaignait de ne plus assez le voir. Comme ça elle sera ravie de s’occuper à plein temps de son neveu. Je te veux à moi toute seule.

– Je ne tiens plus sans toi, tu me manques trop. Tu veux partir dans un endroit particulier ?

– Je te fais confiance pour tout organiser, avec Bruno je n’ai pas trop le temps de m’en occuper, c’est si imprévu.

– Ne t’en fais pas, je te tiens au courant. J’ai tellement envie de t’embrasser si tu savais.

– Et moi donc ! »

Kate raccrocha. Elle devrait courir pour déposer son fils chez la nourrice afin d’être à l’heure au travail. Valérie contacta un ami pédiatre à qui elle demanda de prendre sa garde du samedi. Il accepta volontiers, Valérie lui rendait très souvent service puis surtout c’était un ami. Elle lui avoua qu’elle était amoureuse et que c’était pour être avec l’élue de son cœur. Marc lui proposa de lui prêter sa maison en bord de mer.

Valérie accepta bien volontiers. Elle connaissait la demeure qui était sublime, magnifiquement aménagée non loin du port. Valérie n’en espérait pas tant. Elle avait tout réglé en un tour de main. Il ne lui restait plus qu’à téléphoner à sa chérie ce soir pour fixer avec elle l’heure du départ. A la pause de midi Kate appela sa sœur et lui demanda si elle pouvait prendre Bruno du vendredi soir au dimanche soir. Elle lui avoua qu’elle partait en week-end. Sa sœur fut quelque peu surprise et lui posa des questions auxquelles Kate ne répondit que partiellement sans donner trop de détails.

Aurélie passerait chercher Bruno à 16h afin que la séparation ne soit pas trop brutale. Elle irait au manège avec lui comme elle en avait l’habitude. Cela évitera les pleurs culpabilisants pour sa mère qui devait laisser la place à la femme amoureuse. En soirée Valérie contacta Kate. Elle lui expliqua qu’elles partiraient au bord de la mer et qu’elle viendrait la prendre à 18h chez elle. C’était la dernière ligne droite avant de pouvoir se retrouver, être enfin ensemble ! Valérie qui avait vécu quelque temps en couple avait besoin de sentir celle qu’elle aimait près d’elle.

Le vendredi matin Kate prépara un sac avec les affaires de Bruno avant de commencer le sien. Tout alla très vite durant la journée, que ce soit sur son lieu de travail ou Bruno à prendre chez sa nounou, le retour à la maison. Aurélie arriva à l’heure dite et trouva sa sœur rayonnante. Elle s’amusa à la taquiner sur son amoureux. Kate la laissa faire avant de tout lui avouer. Son attirance pour Valérie, leur relation qui était devenue plus intime.

Aurélie passé le cap de la surprise l’embrassa en la serrant dans ces bras. Voir Kate heureuse était le plus important, qu’elle aime une femme était au second plan. Aurélie prit le sac de son neveu et elle embrassa sa sœur et lui souhaitant un bon week-end. Qu’elle ne s’inquiète pas, elle prendrait bien soin de son fils. Elle croisa les doigts en souriant pour lui porter chance. Kate referma la porte et alla finir son sac. Elle eut tout juste le temps de le fermer quand la sonnette se fit entendre. Elle ouvrit et Valérie était là dans l’embrasure, superbe. Elles s’embrassèrent d’un baiser léger.

« Bonjour ma chérie, tu es prête ?

– Bonjour mon cœur. Je prends mon sac à main, j’enfile mon manteau et j’arrive.

– Prends ton temps, on n’est pas en retard. »

Une fois Kate prête, Valérie la prit contre elle et lui donna un vrai baiser. Kate ne se fit pas prier et lui rendit avec encore plus de passion. Elles quittèrent l’appartement. Valérie se saisit du sac de Kate et le déposa dans le coffre d’une voiture spacieuse de luxe. Puis elle lui ouvrit la portière. Kate s’installa dans le véhicule qui la changeait de sa petite voiture d’occasion. Valérie démarra et partit en direction de l’autoroute.

« Tu connais la Normandie ? Honfleur plus particulièrement ?

– Je connais un peu la Normandie mais pas ce coin-là.

– Bien ! Alors je vais te faire découvrir cette magnifique petite ville, tu verras elle va te plaire !

– Tout me plait avec toi !

– Je vais faire en sorte que cela reste le plus beau de tes souvenirs !

– Le plus beau est celui quand je t’ai vue aux urgences.

– Moi aussi je le garde dans mon cœur. Je veux que ce week-end soit une révélation pour toi. »

Valérie laissa un blanc. Kate avait compris l’allusion.

« Ce week-end sera particulier et à marquer d’une pierre blanche.

– Ne t’en fais pas, tu es là avec moi c’est ce qui compte le plus pour le moment. Le reste viendra le moment venu, ne t’en fais pas mon cœur !

– Je suis tellement bien quand tu es là avec moi, sans toi je me sens perdue, je tiens à toi.

– Tu es importante à mes yeux, ça me touche vraiment ce que tu dis là, c’est réciproque tu sais. »

Valérie avait enlevé la main du volant pour prendre celle de Kate. Elle la serra délicatement tout en conduisant pleine d’assurance. Les kilomètres défilaient à vive allure, elles mirent moins de temps que prévu pour arriver. Valérie stoppa devant une maison de style normand, belle bâtisse avec des poutres apparentes.

« On est arrivées mon cœur, c’est la maison de Marc, mon collègue et ami qui est aussi pédiatre. Il nous l’a prêtée.

– Elle est magnifique ! Ton ami est vraiment sympa en tout cas, tu pourras le remercier pour moi.

– Viens ma chérie on va s’installer ! »

Elle prit Kate par la main et lui fit visiter la maison. Kate était émerveillée par cette demeure aux vastes pièces, décorée avec goût. Valérie stoppa devant une chambre au style marin.

« Voilà ta chambre, elle te plait ? J’ai celle d’à côté.

– Ah bon ? Tu ne dors avec moi ?

– Je n’osais pas te le proposer tu sais.

– Bien ! Alors ce sera notre chambre et de plus elle me plait vraiment, j’adore la mer ! »

Kate s’avança vers Valérie et l’embrassa amoureusement. Les deux femmes continuèrent de visiter la maison où elles finirent par la cuisine.

« Vu l’heure Kate, tu veux aller au restaurant ou on trouve un commerce pour faire quelques courses ?

– Un commerce ! Je vais te cuisiner de bons petits plats, c’est plus sympa aussi cette manière de t’avoir à moi toute seule !

– On y va alors ?

– Ok je te suis mon cœur ! »

Kate et Valérie allèrent au centre-ville. Sur le chemin elles discutèrent de leurs envies pour les repas. Valérie se chargea de porter les sacs où Kate avait mis tous leurs achats. Elles avaient réussi malgré l’heure tardive à trouver les victuailles qu’elles désiraient.  Dès leur retour, Kate se mit aux fourneaux. C’est un réel plaisir pour elle que de cuisiner avec le dernier cri des modèles ménagers. Valérie, quant à elle, prépara un bon feu de cheminée car la maison était humide et froide. Quoi de plus romantique pour la fin de repas en buvant le café que ce cliché du feu crépitant. Elle en profita également pour dresser la table. Quand elle eut terminé Valérie alla voir comment se débrouillait Kate et si tout se passait comme elle le voulait. Elle la trouva en pleine action, souriante et pleine de joie.

« Va t’installer mon cœur, j’arrive dans deux minutes. Apporte le pain et l’eau s’il te plait !

– Oui ma chérie. En tout cas ça sent vraiment très bon et j’ai faim.

– Alors va te mettre à table ! »

Valérie s’installa et Kate arriva quelques minutes après avec le diner. Elle servit son amie et toute deux commencèrent à manger le poisson cuisiné au vin blanc et un plat de petits légumes finement coupés. Un repas léger pour le soir, tout ce qui convenait aux deux femmes. Valérie lui avoua que la cuisine n’était pas son truc, qu’elle était avant tout une adepte des plats cuisinés surgelés vite réchauffés au four à micro-onde. Kate en lui offrant son plus beau sourire lui répondit tout simplement.

« Ce n’est pas grave que tu ne sache pas faire la cuisine je la ferai pour nous. Tu sais merveilleusement bien t’occuper de Bruno, c’est le plus important pour moi.

– Oui et c’est avec grand plaisir. J’adore ton fils en plus, mais attention je vais te prendre aux mots.

– A toi de voir… »

Elles mangèrent de bon appétit tout en ne se quittant pas des yeux. Valérie complimenta encore une fois de plus Kate avant de lui proposer de s’installer près de la cheminée le temps qu’elle débarrasse la table et apporte le café. En peu de temps qu’il n’en faut pour le dire elle était de retour. Elle déposa la cafetière sur la table basse avec les tasses et quelques petits gâteaux secs. Enfin elle s’assit tout près de sa chérie.

Elles dégustèrent lentement leur breuvage tout en appréciant la chaleur qui s’en dégageait. Puis Kate vient se blottir dans les bras de Valérie. Elles restèrent ainsi un bon moment dans un silence porteur de tellement de belles choses. Enfin Valérie prit la main de Kate et la conduisit dans la chambre. Kate alla prendre une douche bien chaude pendant que Valérie se déshabilla et fila sous la couette. Quelques minutes plus tard elle vit apparaître Kate dans l’entrebâillement de la porte, encore plus belle, plus attirante que jamais.

« Viens vite te mettre au chaud, ne va pas attraper froid ma chérie !

– Oui en effet il fait frais, la douche chaude m’a fait du bien.

– J’y vais aussi, je reviens vite, attends-moi surtout !

– Oui ne t’en fais pas, je ne compte pas m’endormir sans toi.

– Alors je me dépêche ! »

Valérie lui vola un baiser avant d’aller dans la salle de bain se rafraichir. Kate entendit l’eau couler et Valérie chantonner. Elle ne mit pas dix ans pour revenir près de sa chérie qui l’attendait sagement. En l’apercevant nue, Kate fut encore plus troublée devant ce corps longiligne et tonique.

« Tu es superbe, tu as un corps magnifique mon cœur.  Viens vite te coucher !

– Merci, tu es sublime toi aussi, je n’ai rien à t’envier tu sais ! »

Valérie se glissa sous la couette sans chercher à avoir un geste vis-à-vis de Kate. Elle ne voulait pas l’effrayer, ni la brusquer en lui montrant son désir et l’envie d’elle qui étaient si présents depuis si longtemps. Elles restèrent ainsi et Kate se rapprocha d’elle et lui dit tout bas.

« Mon cœur fais-moi l’amour !

– Tu es sûre d’être prête ?

– Oui j’ai envie de toi, fais-moi l’amour ! »

Valérie la prit tout contre elle et lui donna un long baiser langoureux. Celui-ci fit fondre encore plus Kate qui n’arrivait plus à se contrôler. Valérie se mit à caresser lentement sa compagne. Elle parcourait toutes les parties de son corps, ses doigts s’amusaient à survoler les parties les plus sensibles. Kate frissonnait, son corps bougeait et on pouvait voir qu’elle ne restait pas insensible à ces caresses. Valérie continuait à l’embrasser tendrement, tout en la caressant du bout des doigts. Quand cela devint plus intime, Valérie était au bas du ventre de son amie, Kate se mit à gémir. Valérie alla encore plus loin mais toujours avec une extrême douceur.

Elle commença à titiller le clitoris en le faisant gonfler sous ses doigts, puis sentant son amie sur le point de jouir, elle la pénétra lentement. Kate se laissa faire et de toute évidence elle aimait cet amour-là. Valérie commença le va et vient tout en prenant soin d’aller au rythme de sa chérie. Kate n’avait pas soupçonné qu’elle pourrait prendre un tel plaisir dans les bras d’une femme. Valérie continua encore, elle allait de plus en plus vite quand elle entendit un râle. Elle vit son corps se raidir quelque peu, Kate venait de jouir. Elle l’embrassa amoureusement tout en lui disant combien elle l’aimait.

Avant que Kate n’ait pu répondre elle était déjà en train de l’embrasser sur tout le corps. Ses baisers allaient du visage, aux seins et au ventre. Sa bouche avait pris la place de ses doigts sur son sexe humide. Kate savourait se doux plaisir qu’elle découvrait. Valérie lui prodigua la plus belle des caresses, celle dont rêve certaines femmes. Elle la pénétra de sa langue et lui fit l’amour ainsi. Elle sentit que Kate était prête à jouir. C’est alors qu’elle ralentit sa caresse pour mieux la reprendre jusqu’à la jouissance de son amie. Kate bougeait, gémissait, ses doigts étaient crispés sur les draps quand elle émit un cri de plaisir. Kate reprenait son souffle, blottie contre Valérie. Une larme coula sur son visage.

« Que se passe-t-il ma chérie ? ça ne va pas ?

– Si ça va même très bien ! Jamais on ne m’a aimé comme tu l’as fait. Merci de m’avoir donné ce plaisir, cet amour.

– Je te désire tellement, je suis amoureuse de toi tu sais.

– Je le suis également tu sais. Tu es une excellente maitresse, tu fais l’amour en douceur et j’aime ça.

– C’est ça aimer je pense. Prendre le temps, avoir beaucoup de tendresse, de douceur avec sa partenaire.

– Je suis comblée avec toi. Merci de me donner tout ça.

– C’est réciproque.

– Je voudrais tant te rendre tout le plaisir que tu m’as donné. »

Avant que Valérie n’ait eu le temps de répondre, Kate avait pris les commandes. Ses gestes quelques peu maladroits les rendaient encore plus touchants. En peu de temps elle avait pris le dessus, elle avait gagné de l’assurance. Elle sentait le corps de Valérie bouger sous ses caresses, les gémissements se faire plus haletants. Elle sentit le corps de Valérie se tendre comme un arc dans un râle profond, son ange venait de jouir. Kate était fière, elle avait su aimer et donner du plaisir à celle dont elle était amoureuse. Elle avait eu aussi un bon professeur qui avait su la détendre et la mettre en confiance.

Kate s’était laissé aller sans se poser de questions. Elle avait tout simplement reproduit ce qu’elle avait aimé quelques minutes avant. Les deux femmes s’embrassèrent encore et encore. Dans leurs baisers passionnés et intenses on pouvait lire que leur histoire n’allait pas s’arrêter comme ça. Kate lui avoua tout son amour, combien ces derniers temps elle avait pris une place très importante dans son cœur. Valérie lui confessa elle aussi que son cœur lui appartenait. Les deux femmes refirent l’amour encore plus amoureusement. Quand elles furent épuisées par tant d’extases, Valérie prit Kate dans ses bras et elles s’endormirent immédiatement.

C’est une odeur de café qui réveilla Kate, Valérie avait disposé sur le lit un plateau avec des croissants, des boissons et une jolie rose rouge placée sur la tasse. Valérie embrassa amoureusement Kate en signe de bonjour. Elles déjeunèrent de bon appétit. Le temps était splendide, le soleil et la chaleur incitaient à la balade. Valérie proposa de découvrir la ville et ses alentours. Kate lui parla du charme du port de plaisance, des galeries d’artistes et sur la côte des longues plages de sable fin. Elles étaient la heureuses, épanouies d’être ensemble et amoureuses. Elles alternèrent promenades et moments passionnés au lit. A peine étaient-elles sorties qu’elles éprouvaient le besoin de rentrer faire l’amour. Kate se débrouillait de mieux en mieux au lit, elles formaient déjà un couple uni et heureux.

Les deux jours passèrent bien trop vite à leur goût. Elles reprirent la route le cœur gros. Pendant le chemin de retour les deux femmes ne parlèrent presque pas. Quand elles furent arrivées au domicile de Kate celle-ci proposa à Valérie de monter quelques instants qui accepta. Elles étaient tellement excitées à l’idée de faire l’amour une dernière fois qu’elles ne s’aperçurent pas que la lumière du salon était allumée. Kate était en train d’embrasser Valérie à pleine bouche quand elle entendit Aurélie se racler la gorge dans le couloir. Toutes trois se trouvèrent gênées. Kate présenta son amie à sa sœur qui la salua d’un grand sourire.

Bruno avait accouru et se jeta dans les bras de sa maman qui lui faisait de gros bisous. De son côté Aurélie parlait avec Valérie de tout et de rien, une manière de prendre contact et de faire connaissance. Bruno s’arracha des bras maternels et fila dans sa chambre. Il revint avec son ambulance pour se planter devant Valérie tout en lui tendant les bras, sa manière à lui de réclamer un câlin. Il fit rire l’assistance, émue de voir ce petit bonhomme dire à sa mère qu’il acceptait son choix. Après quelques minutes à discuter toutes ensemble, Valérie prit congé, embrassa une dernière fois sa chérie et partit.

Kate raconta son week-end à sa sœur, de ces jours passés auprès de son nouvel amour, de sa passion pour Valérie. Sa sœur était heureuse de la voir enfin sortir de son long célibat, elle lui promit de garder Bruno si elle avait besoin.

Dès son arrivée chez elle, Valérie passa un petit coup de fil à son amour, elle était déjà en manque. Valérie passa les jours suivants chez Kate après sa journée de travail. Elle passait plus de temps chez son amour que chez elle. Les deux femmes n’arrivaient pas à rester sans se voir, se toucher et s’aimer. Bruno commençait à s’attacher à Valérie qui le lui rendait bien. Vivre entre deux appartements commençait à les épuiser.

Kate ne savait pas non plus comment ses parents prendraient la nouvelle de cet amour. Elle commençait à s’angoisser et cela perturba leur relation. Kate n’avait pas pris tout à fait conscience que cela ne serait pas simple vis-à-vis de son entourage. Elles n’arrivaient plus à discuter à cause de la fatigue et de la peur panique pour Kate de faire du mal à ses parents en leur avouant l’amour qu’elle portait à son amie. La tension permanente qui régnait dans leur couple commençait à mette en péril leur relation amoureuse. Valérie ne pouvait plus supporter de voir Kate en souffrir.

Un soir de dispute, Valérie lui posa un ultimatum. En effet elle lui conseilla de parler simplement à ses parents du bonheur qu’elle avait d’être avec elle, que jamais elle n’avait été aussi heureuse de sa vie, aussi apaisée. Par ailleurs elle pouvait compter sur le soutien de sa sœur qui serait une bonne alliée si ses parents réagissaient mal. D’autre part elle allait lui laisser le temps de réfléchir à tout ça et tant qu’elle n’aurait pas pris sa décision, Valérie retournerait vivre chez elle. Kate sentit le sol se dérober sous ses pieds. Entre perdre son amour et prendre le risque de déplaire à ses parents, le choix fut vite fait.

Elle prit son courage à deux mains et dit à Valérie qu’elle allait les inviter à diner. Et en signe de bonne foi, elle prit son téléphone et le fit sur le champ. Ses parents furent heureux de l’invitation. Une fois raccroché, elle appela sa sœur, elle avait trop besoin de son soutien. Valérie néanmoins mit sa menace à exécution, elle partit vivre chez elle. Rien ne lui disait que Kate ne se dégonflerait pas à la dernière minute.

Kate était tendue pour accueillir ses parents qui se doutèrent rapidement que quelque chose n’allait pas. Sa mère insista pour savoir ce qui se passait. Kate leur expliqua qu’elle était amoureuse. Ses parents poussèrent des cris de joie. D’une femme précisa-t-elle. Un lourd silence s’installa, ses parents étaient visiblement choqués. Kate fondit en larmes, elle retenait depuis bien trop longtemps ses pleurs. Devant son désarroi, son père bafouilla que si elle était heureuse comme ça, c’est ce qui comptait.

Il fallait qu’elle leur laisse un peu de temps pour digérer la nouvelle, il ne s’attendait pas à un tel aveu. Kate éclata de nouveau en sanglots, mais cette fois-ci de joie, devant l’amour que lui portaient ses parents. Elle les embrassa ainsi que sa sœur. Elle allait pouvoir vivre ouvertement présenter son amour à ceux qui l’avaient mise au monde. Quand ses parents seraient prêts, elle organiserait la rencontre.

Quand Kate raconta au téléphone sa soirée à Valérie, celle-ci lui dit de bloquer sa soirée de mardi soir, qu’elle aurait une surprise. Les deux femmes allaient pouvoir enfin se retrouver. Valérie avait fait appel à un traiteur pour son repas. Elle le voulait fin et goûteux. Leur séparation leur avait permis d’éprouver le manque qu’elles avaient l’une de l’autre. Cela les avait aussi confortées dans le fait qu’elles devaient prendre une décision pour leur avenir et avait renforcé l’amour qu’elles se portaient.

Le mardi arriva rapidement. Le repas avait été livré, le champagne mis au frais. Elle vérifia que la bague était bien dans son étui, un anneau en or blanc, serti d’un ciselé diamant. Tout était parfait, ne restait plus qu’à attendre Kate et Bruno qui furent ponctuels. Aussitôt elle embrassa tendrement son amour et déposa un bisou sur le front de Bruno. Ensuite elle prit le petit et l’emmena dans le salon pendant que son amie enlevait son manteau. D’autre part elle avait préparé pour lui des Lego sur lesquels il se précipita en les apercevant.

Valérie servit l’apéritif à Kate et l’invita à goûter un canapé au saumon. Les deux femmes se mirent d’accord sur le fait qu’elles ne pouvaient plus continuer à vivre séparées, elles voulaient dorénavant vivre en commun. Il leur fallait trouver un appartement bien placé entre la banque et l’hôpital. Elles se mettraient à prospecter dès le lendemain. Kate n’aurait aucun mal à décrocher un bon crédit pour l’achat.

Avec la revente de chacun des deux logements, il n’y aurait sans doute pas grand-chose à emprunter. Valérie proposa à Kate de passer à table. Kate fut surprise de la voir à l’œuvre, jusqu’à présent c’était toujours elle qui avait tenu ce rôle. Elle vit Valérie revenir avec des plats dignes de grands restaurants. Valérie lui ouvrait des perspectives de vie inattendues, elle qui jusque-là s’était beaucoup privée pour élever seule un enfant avec des revenus modestes.

Elle savait que Valérie avec son amour cherchait aussi à lui offrir une vie agréable et surtout qu’elle ne manque de rien. Elle aimait qu’elle soit comblée, qu’elle découvre le plaisir de juste être là, de ne plus se faire du souci en permanence pour le lendemain. Kate était émue de toutes ses petites attentions d’amour. Elle n’était pourtant pas au bout de ses surprises lors de cette soirée. Elle ne s’attendait pas à la suite. Une fois le repas terminé, Valérie débarrassa pendant que Kate alla coucher Bruno dans la chambre que lui avait aménagé Valérie. Kate revint dans le salon où elle vit le champagne et les flûtes. Un magnifique gâteau en forme de pièce montée miniature trônait à côté.

« Viens, assieds-toi là ma chérie, j’ai quelque chose à te demander.

– J’arrive mon cœur, tu es bien sérieuse. Tu m’intrigues.

– J’ai beaucoup pensé à nous pendant que nous étions séparées.

– Rassure-toi moi aussi je n’ai pas supporté notre éloignement. Je ne peux plus vivre sans toi, j’ai trop besoin de toi, de ton amour.

– Voilà je me lance. Veux-tu devenir officiellement ma compagne et pacser avec moi ?  Je te veux comme femme si je puis dire ça de cette manière !

– Oh c’est la plus jolie chose que l’on ne m’ait jamais demandé, Oui je le veux, oui je veux rester avec toi toute ma vie ! »

Les deux femmes s’embrassèrent et Kate fondit en larmes dans les bras de Valérie. Quand elle fut un peu calmée, Valérie lui tendit l’écrin qu’elle avait pris soin de cacher derrière le seau à champagne. Elle l’ouvrit et prit la bague pour lui passer à l’annulaire droit. Une manière de lui dire son amour et son engagement. Kate était heureuse, jamais elle n’aurait pu imaginer que c’est une femme qui lui apporterait autant de bonheur.

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