Nouvelles lesbiennes

Nouvelle lesbienne : Sacré mariage

Sacré mariage est une romance lesbienne qui parle d’amour entre femmes.

Tout avait débuté à la mairie avec les recommandations de l’édile sur les droits et les devoirs des mariés puis l’église et sa bénédiction, tout ce bla-bla bien connu qu’Estelle n’allait pas vous raconter. En effet elle avait toujours eu horreur de ce genre de manifestation et les évitait dès que c’était possible. Mais là elle n’avait pu y échapper.

La cérémonie venait de se terminer. Sa sœur Céline et son mari Franck étaient unis pour le meilleur et pour le pire. Elle était le témoin pour son aînée et Martine, la sœur de Franck était celui du mari. Après la séance photos, ils prirent la direction du restaurant où les attendait le vin d’honneur et ensuite le repas quelques heures plus tard. La salle de l’auberge était très grande. Par ailleurs les tables disposées en U dont la décoration avait été soignée permettraient dans la soirée de danser sur un dance floor improvisé. Enfin dans le fond se trouvait la sono, le DJ était un ami d’enfance de Franck. Pourtant Estelle était restée à l’écart de tout ce petit monde.

Malgré tout elle était contente pour sa frangine qui rêvait depuis des années de se faire passer la bague au doigt afin de fonder une petite famille. En effet elle était faite pour avoir des gosses car elle avait la fibre maternelle. Pourtant Estelle se demandait pourquoi elle n’était pas partie à l’anglaise une fois les alliances échangées car elle n’était pas à l’aise du tout. Cependant elle n’avait pas osé gâcher la fête car Céline était très proche d’elle, c’était elle qui l’avait élevée à la mort de leur mère. Céline avait toujours un œil sur sa benjamine, elle la couvait comme si c’était sa fille.

Estelle, alors qu’elle était contrainte et forcée par les événements, prit son mal en patience en se mettant un peu en retrait de l’autre côté de la salle d’où elle remarqua la sœur de Franck qui apparemment n’était pas plus ravie qu’elle d’être là. Par ailleurs les invités avaient envahi l’espace ainsi que le brouhaha et les bruits de verre. C’est alors que les témoins furent appelés auprès des mariés pour porter un toast. Quelle galère ! En effet il fallait avoir le sourire et faire mine de s’amuser. Dans un clin d’œil complice, elles se prêtèrent toute deux à cette comédie.

Dès qu’elles le purent, elles s’éclipsèrent. Martine sortit pour fumer. Elle était pensive, vraiment sur une autre planète. De son côté Estelle avait trouvé une chaise qu’elle installa près de la porte de sortie. De son emplacement, elle voyait la salle dans son ensemble et avait une vue sur les jardins. L’endroit était stratégique. Ainsi de temps à autre elle regardait en direction de Martine. Par ailleurs Estelle avait l’obligation d’avoir un petit mot pour les invités, elle l’avait promis à Céline alors que le relationnel n’était pas trop sa tasse de thé. Céline l’épiait toujours car elle connaissait bien sa petite sœur. Aussi elle se déplaça et alla la voir.

« Tu vas bien ? Je vois que tu t’ennuies ici. Pourtant reste encore un peu pour moi s’il te plait, et puis si vraiment tu craques, tu pourras partir après le dessert.

– Non ne t’en fais pas pour moi, je vais bien. En effet je sais à quel point c’est important pour toi et je veux que tu en gardes un bon souvenir. D’ailleurs je veux être là pour toi et ton mari. Vois tu je suis peut-être discrète mais je suis présente tout de même. Ne t’occupe pas de moi sœurette. Tu as tes invités, va-t’en occuper. Dis-moi Martine ne va pas bien ? En effet elle fume cigarettes sur cigarettes, elle est complètement ailleurs.

– Effectivement elle a une mauvaise passe car elle a rompu avec son amie. C’est dur pour elle, surtout aujourd’hui où elle ressent plus fort que d’habitude sa nouvelle solitude. Mais au fait tu la connais ?

– Non, tu ne me l’as pas présentée !

– D’accord pas de problème, je vais vite réparer cette omission. Mais si tu pouvais de temps en temps jeter un œil, je serais rassurée car Franck se soucie beaucoup d’elle, elle a des fragilités par moments. C’est pourtant une fille super sympa, marrante comme tout. C’est un amour ! Je l’adore, c’est ma seconde confidente après toi et maintenant c’est ma belle-sœur. D’ailleurs je vais vous présenter. »

Elle interpella Martine lui demandant de les rejoindre.

« Martine, je te présente ma sœur Estelle ! Estelle, voilà Martine la petite sœur de Franck. En fait vous allez bien vous entendre car vous avez plein de points en commun. Avec une bonne discussion vous finirez par tous les trouver ! D’autre part je vous ai mises ensemble à table, histoire de mieux vous connaître ! Aussi Estelle je te la confie, prends soin d’elle, elle en a besoin !

– Tu peux compter sur moi Céline ! »

Ensuite elles se mirent dans un coin alors que Martine continuait à fumer comme un pompier. Au bout d’un moment Estelle lui proposa d’aller lui chercher une boisson.

« Merci, prends-moi un coca ou un jus d’orange car je ne bois pas d’alcool ! Mais je fume pour deux.

– Je t’apporte un rafraîchissement de suite car j’ai ordre de prendre soin de toi ! Tu va voir ça ne fait que commencer ! »

En définitive elle prit quelques amuse-gueules qu’elle posa sur une assiette ainsi que deux verres de jus d’orange et des serviettes en papier qui serviraient de nappe, le tout avec une fleur dérobée sur un bouquet. Ensuite elle rejoignit Martine à qui elle confia les victuailles. Par ailleurs elle avait repéré une table pliante dans un recoin au fond du couloir qu’elle réquisitionna d’office et la dressa à l’écart du groupe pour y installer boissons et petits fours.

D’autre part elle lui offrit la rose rouge qu’elle avait cachée dans son chemisier car elle avait décidé de la séduire, le jeu en valait la chandelle. En effet une fille pareille n’allait pas rester libre longtemps, il y avait vraiment des imbéciles sur terre qui ne savaient pas où était leur bonheur. C’est pourquoi un joli sourire s’afficha sur le visage de cette femme désespérée qui n’était pas dupe du petit manège d’Estelle.

« Tu en as encore beaucoup des attentions comme celle-ci ?

– Toute une malle car je ne supporte pas de voir une jolie fille triste, c’est plus fort que moi, il faut que je lui rende l’envie d’aimer ! En effet je veux qu’elle retrouve son sourire et sa joie de vivre. Pour y arriver je suis prête à tout ou presque.

– Tu es comme ça avec toutes les femmes ou bien juste avec moi ?

– Juste avec les femmes qui me touchent et m’émeuvent car les hommes ne sont pas ma tasse de thé !  Pourtant ils sont sympas mais c’est tout. Tu vois ce dont je veux parler…

– En effet je crois comprendre. On a les mêmes goûts pour la gente féminine. Je me trompe ou pas ?

– Non tu as parfaitement raison. Voilà notre premier point en commun. Ensuite Céline a affirmé que nous en avions plusieurs, si on les cherchait. Tu t’es fait plaquer par ta copine ?

– Non, c’est moi qui ai rompu il y a trois mois déjà car elle me trompait ! Dis donc tu es directe comme fille !

– Affirmatif ! Je suis célibataire tout comme toi, on va se remonter le moral. Tu en penses quoi de mon idée ?

– Je suis partante car je veux voir jusqu’où tu peux aller pour me rendre la joie de vivre !  Après qui sais tu sauras peut-être me faire craquer…

– Martine je suis partante. Je vais te faire fondre, du moins je vais tout faire pour. »

Ainsi elles n’avaient pas vu le temps passer, l’assiette avait été ratissée et les jus de fruits sirotés. Elles avaient discuté comme des amies d’enfance. Petite à petit Martine s’était détendue, elle souriait au point qu’elle en avait oublié d’allumer ses cigarettes. Enfin la noce leur était profitable car elles s’étaient trouvées, étaient bien ensemble. Les époux les regardaient avec un petit sourire, ils ne se faisaient plus de soucis pour elle. Martine leur semblait moins crispée aussi, plus sereine et gaie qu’à son arrivée. Ainsi tout se déroulait à merveille. Pourtant le coup de la rencontre avait été prémédité car Céline savait que sa sœur était seule en ce moment et que Martine venait de rompre. D’autre par elle savait qu’elles étaient lesbiennes toutes les deux.

C’était l’occasion rêvée. C’est pourquoi elle espérait bien caser sa sœur avec sa belle sœur, ces deux femmes dont elle se sentait les plus proches dans l’existence. En premier lieu elles iraient très bien ensemble car elle connaissait leur caractère, leurs qualités et leurs défauts. En effet il n’y avait aucun doute possible, elles étaient faites l’une pour l’autre. Alors que le vin d’honneur avait traîné en longueur, il était enfin l’heure de passer à table. Tous les invités furent conviés à prendre place. C’est ainsi qu’elles arrivèrent les dernières en riant. Estelle fut galante, elle présenta la chaise à Martine étonnée qui la remercia. Ensuite elles continuèrent à bavarder pour mieux faire connaissance, interrompant leur discussion par des rires ou des silences complices.

La bonne humeur était présente, il y avait bien longtemps qu’elles n’avaient ressenti une telle légèreté. Estelle veillait à ce que Martine ne manquât de rien. Le contact passait bien. Elles se regardaient autrement au fur et à mesure que la soirée avançait, leurs yeux pétillaient de désir. Alors que le DJ mit de la musique, elles restèrent assises à regarder les invités danser, s’amuser. Pourtant Estelle remarquait que son amie se trémoussait sur sa chaise. Aussi elle lui prit la main et l’entraîna sur la piste où elles se déchaînèrent car il y avait une éternité que ni l’une ni l’autre n’étaient allées en boite. En effet elles étaient envahies d’un trop plein d’énergie et cette noce était un bon moyen de s’en vider.

Là tout était géant, la musique, la piste, l’ambiance. Après plusieurs danses bien rythmées, elles eurent besoin de reprendre leur respiration. Aussi c’est tout naturellement qu’elles se dirigèrent hors de la salle. Il faisait doux, le soleil était couché depuis un moment, seule la lune les éclairait. Cependant la musique était perceptible de l’extérieur. Elles étaient côte à côte, Martine sentant la douceur du bras de son amie. Elle en frissonna. Elles se fixèrent du regard alors qu’une chanson d’amour passait au même moment. Des convives et les mariés dansaient enlacés amoureusement. Elles étaient seules dans la nuit. Pas un homme pour les faire danser un slow. Pour une fois qu’ils auraient pu servir à quelque chose ! Estelle qui mourait d’envie de l’avoir dans ses bras et tout contre elle se lança.

« Tu m’accordes cette danse ?

– Mais on est dehors, tout le monde va nous voir !

– Le regard des autres te gêne ? Tu ne veux pas danser avec moi ?

– Bien sûr que si je veux danser ! Surtout avec toi ! Tu as raison le regard des gens me fait mal depuis ma rupture. Je ne suis pas à l’aise ….

– Dommage car j’aurais tant aimé t’avoir dans mes bras pour te serrer fort et te faire oublier ce qui te rend malheureuse. Mais tu trembles, tu as froid ?

– Oui j’ai un peu froid, d’ailleurs je vais retourner à table. Tu sais avec toi, j’oublie tout. En fait je suis de nouveau bien ! Tes bras … »

Martine tourna les talons et partit sans achever sa phrase. Aussi Estelle lui courut après et la rattrapa afin de lui mettre sa veste sur les épaules. Martine resta blottie un instant dans ses bras.

« Que voulais-tu dire ? En effet tu n’as pas terminé ta phrase ?

–  Je … Ne dis rien ! Cet instant est trop beau !

– Tu as raison…. Je suis bien avec toi ! »

Ainsi elles restèrent ainsi collées l’une à l’autre alors que la note finale de la chanson venait de résonner. Ensuite elles entendirent les bruits des bouchons de champagne car c’était l’heure de la pièce montée. Néanmoins Martine se dégagea alors qu’elle aurait voulu rester dans ces bras rassurants.  Enfin quand lles entendirent l’annonce faite au micro, « les témoins sont attendus par les mariés » Estelle la prit par la taille et elles regagnèrent les convives.

Le regard des époux vers elles était plein de complicité. Elles avaient ainsi leur approbation car elles avaient la lourde tache de faire un discours. Malgré tout ce fut aisé car l’amour ce soir les inspirait. Ensuite elles mangèrent leur part de gâteau sans se perdre de vue. En effet il fallait se mêler à tout ce petit monde, faire des civilités, Céline était très sensible aux bonnes manières. Elles ne pouvaient cependant se séparer. Jamais trop de distance.

Pourtant elles avaient besoin de ce contact physique même léger. Se frôler, se toucher du bout des doigts parce que l’attirance était bien présente, le désir prenait le dessus. Néanmoins n’y tenant plus Estelle proposa à Martine de partir le lieu ou la destination était de son choix. Elles prirent congé des mariés, leur souhaitant tout le bonheur possible. Enfin Cécile fit les dernières recommandations à sa sœur.

« Estelle ne joue pas avec ses sentiments car Martine est fragile. Tu lui plais ! Ça se voit ! De plus vous allez bien ensemble, vous faites un joli couple ! Qui sait la prochaine fête, ce sera votre mariage qu’en penses-tu ?

– Ne crains rien car je n’ai pas envie de la faire souffrir. En effet je veux la voir vivre et profiter de la vie, la rendre heureuse aussi. Par contre pour le mariage on va attendre car tu vas trop vite ! Mais je vais prendre soin d’elle comme jamais personne ne l’aura fait !

– Bonne soirée les filles ! Attention sur la route ! Soyez prudentes !

– Faites-nous un bébé, on a envie de pouponner. Vous êtes tous les deux le bonheur personnifié. Bonne nuit et à demain. »

Elles embrassèrent les mariés. Martine avait décidé de conduire Estelle chez elle car elle avait envie de la chaleur d’un contact humain. La route leur parut interminable à cette heure si tardive. Elles arrivèrent enfin à destination. L’appartement était splendide et douillet. Martine se mit immédiatement à l’aise en enfilant un survêtement et lui en proposa un. Pourtant ce n’était pas son style mais néanmoins elle l’accepta. Par ailleurs un café était en train de couler. Martine mit de la musique, la chanson était celle qu’elles avaient écoutée ensemble.

« Tu voulais danser avec moi toute à l’heure ! Je suis toute à toi maintenant !

–  Tu es vraiment à moi ? Pour ce soir ou plus ?

– Viens danser, on verra après ! »

Martine enlaça son amie. Elle cala ensuite sa tête sur son épaule. Estelle la tenait amoureusement, ses bras la tenaient serrée. Elles dansaient ainsi langoureusement. La musique était douce, leurs corps suivaient le rythme sans trop de mal. Estelle s’enhardit. Ses mains se mirent à caresser le dos de sa compagne qui se laissa faire. En effet elle appréciait de toute évidence l’audace de cette fille. La joue d’Estelle frôla celle de Martine puis leurs lèvres se touchèrent pour finir par un baiser. Enfin elles s’embrassèrent avec passion. Tous leurs gestes étaient d’une infinie tendresse, pleins de douceur aussi. Avec la solitude elles en avaient oublié la sensation, les frissons que cela procurait. C’est pourquoi Estelle était ravie. En définitive ce moment qu’elle avait attendu des heures, elle l’avait eu en mieux. Elle n’en avait espéré plus, elle était comblée.

« J’ai attendu ce baiser depuis des heures. J’en mourais d’envie. Je suis heureuse de te connaître. C’est pourquoi j’espère que l’on pourra faire un bout de chemin ensemble ? En effet j’ai promis à ma sœur de veiller sur toi. Je tiens toujours mes promesses et je vais te le montrer, tu le veux bien ?

– Tu es hors pair ! Je n’ai jamais connu de fille comme toi. Tu me fais du bien, à un point tu ne peux imaginer ! Tu es respectueuse, calme et très romantique. J’adore ! Je crois que je suis prête à un nouvel essai, tout cela grâce à toi. Le bout de chemin risque de durer, toujours partante ?

– Oui je suis partante, plus que jamais ! Je vais faire de toi une femme heureuse et épanouie. Tu ne manqueras de rien. Je ne veux plus te voir triste et malheureuse. »

Ensuite Martine l’embrassa de nouveau. Elle aimait les baisers de sa nouvelle compagne car ils étaient comme elle, doux et tendres à la fois. D’autre part elle savait que le bonheur avait frappé à sa porte et qu’elle l’avait laissé entrer afin qu’il ne reparte pas. C’est pourquoi elle ferait tout pour le garder car elle était amoureuse. Cela lui était tombé dessus en un après-midi, elle n’en revenait pas. C’est pourquoi Estelle était sur un petit nuage.

En effet elle voulait se prouver qu’elle pouvait encore séduire en peu de temps, pour ensuite arriver à ses fins. Enfin pour cette fois ci elle avait réussi haut la main. Mais le jeu avait mal tourné elle s’était laisser prendre à ses sentiments, d’habitude elle séduisait sans aimer, juste gagner une nuit qui laisserait un souvenir impérissable à sa conquête d’un soir. Pourtant elle sortait perdante mais heureuse. Elle avait gagné l’amour. Martine proposa d’aller se coucher.

« Je vais rentrer, je suis trop fatiguée pour faire l’amour ce soir. Pourtant j’ai envie de toi. Je veux te le faire en pleine forme et non sur les rotules. Ce n’est que partie remise, de toute façon on se voit tout à l’heure ?

– Non, tu restes avec moi ! On dormira ensemble, je ne te quitte plus ! Je t’ai, je te garde, je t’ai attendue toute ma vie, je ne vais pas te perdre aussi rapidement ! Tu es crevée ? Tu as raison pour l’amour ça peut attendre. Mais pas des lustres ! Viens te coucher, il ne nous reste que quelques heures pour nous reposer.

– Ok je te suis, Ça t’ennuie si je dors nue ?

– Non c’est aussi ma façon de trouver le sommeil. Mais aujourd’hui, te savoir près de moi, ne va pas m’aider. Le marchand de sable risque de mettre du temps.

– Je ne crois pas, tu as les yeux qui se ferment tous seuls ! »

Elles se glissèrent sous les draps. Estelle prit Martine tout contre elle et l’embrassa une dernière fois. Ensuite elles s’endormirent serrées l’une contre l’autre. Leur respiration était en parfait accord. Estelle se réveilla avant son amie et alla préparer le café après être descendue à la boulangerie du coin acheter des viennoiseries pour un bon petit déjeuner. Le fleuriste était ouvert, aussi elle en profita. Elle acheta une belle composition pour mettre en application ses dires de la veille. Ensuite elle eut juste le temps de préparer la table que Martine se colla à elle par derrière. Elle se retourna et l’embrassa.

« Bonjour mon cœur, tu as bien dormi ?

– Oui, comme un ange ! C’est pour moi ? Tu es un amour !

– A quelle heure on doit être au restaurant parce qu’il est déjà midi ?

– A treize heures. Par contre avec ce petit déjeuner je n’aurai sûrement pas faim ! Je vais boire un gros café, douche froide sinon on n’est pas parties ensuite en route !

– Il faut que je rentre me changer. On se retrouve là-bas ? On essayera de faire court car je voudrais être seule avec toi !

– Moi aussi. Je pense que nos jeunes mariés comprendront ! On se retrouvera où ? Tu viens ici ou on va chez toi ?

– Viens chez moi, mon appart est à dix minutes du resto. Tu n’auras qu’à me suivre. Bon je te laisse, pas de bêtises sans moi ! »

Ensuite elle quitta Martine en ayant pris soin de l’embrasser tendrement. Enfin elle lui fit sentir que son corps ne la rendait pas indifférente, qu’elle avait du désir pour elle. Chacune de leur coté elles se préparèrent. Douche froide, changement de tenues. Ensuite elles se retrouvèrent comme prévu au restaurant où les mariés étaient contents de les voir heureuses. En effet il ne restait que les intimes pour le déjeuner. A table elles étaient de nouveau l’une près de l’autre. Leur sourire et leur regard trahissaient la relation qui les unissait. Par ailleurs Martine avait posé sa main sur la cuisse de sa voisine. Elles se caressaient sous la nappe en remontant petit à petit à un endroit plus intime. Estelle était sur le point de se jeter sur elle tant elle était excitée. Pourtant elle lui fit comprendre de stopper ses gestes tendres.

« Arrête ! J’avais envie déjà de toi en partant, là je suis en transe. Je vais être obligée d’aller aux toilettes si tu continues car je suis sur le point de jouir !  Tu vas voir toute à l’heure, ça va être ta fête !

– J’en meure d’envie moi aussi !  Je suis dans un état identique au tien ! J’espère qu’on pourra tenir jusqu’à chez toi ! Tiens bon encore une heure !

– Alors ne touche plus à rien !

– Toi non plus !

– C’est trop délicieux cette tension permanente, cette chaleur qui me dévore le ventre, je voudrais prolonger cet état le plus longtemps possible ! »

La famille et les convives présents ne s’étaient rendus compte de rien. En définitive seul Céline et Franck avaient vu le manège. En effet ils étaient complices de ce jeu amoureux né sous leurs yeux et parrainé par leur mariage. Enfin le dessert et le café arrivèrent car elles n’en pouvaient plus de se désirer mutuellement. Elles voulaient s’évader au plus vite afin de faire l’amour. C’est avec célérité qu’elles avalèrent le fraisier et burent leur moka. Sans état d’âme, c’est avec la bénédiction de leurs frères et sœurs qu’elles se défilèrent. Après avoir embrassé tout le monde, elles firent un clin d’œil aux jeunes mariés.

« Vous ne nous en voulez pas ! On a une urgence ! Il faut qu’on aille éteindre l’incendie. Ça ne peut plus attendre.

– Non allez-y ! On comprend ce que c’est ! Nous n’avons pas pu profiter encore de notre nuit de noce. Pourtant on brûle d’impatience comme si c’était la première fois ! Mais c’est comme ça l’amour, parfois il faut s’y reprendre à plusieurs reprises avant de trouver le bon. On ne vous retient pas les filles ! »

Elles partirent presque en courant, Martine suivait la voiture d’Estelle. Elles n’eurent pas le temps de franchir la porte qu’elles se jetèrent l’une sur l’autre. Leurs baisers étaient fougueux et passionnés, leurs mains couraient sur leurs corps. Estelle l’entraîna dans sa chambre. Elles se déshabillèrent à la va-vite, les vêtements jonchaient le sol. Ensuite elles se prirent dans les bras l’une de l’autre tout en s’embrassant pour se retrouver allongées sur le lit.

Estelle prit soin de l’aimer comme il se fallait. Elle la caressait, lui embrassait les seins, lui titillait les tétons tout en continuant de l’honorer jusqu’au bas du ventre. Sa compagne se tortillait, elle voulait encore plus de baisers et de caresses. Estelle ne se fit pas prier. Elle se mit à l’embrasser sur le sexe. Sa langue se fit plus précise. C’était ce qu’attendait Martine. Elle se cambra, lui prit la tête entre les mains. « N’arrête pas ! C’est trop bon ! »

Estelle s’exécuta avec plaisir. Elle reprit de plus belle, sa langue se faisait rapide. Alors qu’elle sentait que sa compagne allait jouir, elle ralentit son mouvement. Comme elle voulait que ce moment dure à l’infini, elle reprit de façon à faire atteindre le nirvana à Martine très progressivement. Elle y arriva sans trop de mal. Martine jouit intensément, son corps s’était longuement tendu puis relâché. Estelle remonta sur son aimée, l’embrassa. Elle la tint serrée contre elle, des soubresauts de plaisir parcouraient encore l’échine de Martine. Estelle laissait pianoter ses doigts le long du dos de Martine.

Elle descendit sur ses fesses puis refit le geste à plusieurs reprises. D’abord elle la fit basculer sur le dos alors qu’elle avait déjà joui. Cependant elle voulait de nouveau la faire grimper aux rideaux. C’est pourquoi elle se mit sur elle et entreprit avec sa main de lui ouvrir les jambes. En premier lieu elle commença à lui caresser l’intérieur des cuisses puis s’arrêta sur son intimité. En effet elle savait qu’elle avait touché un point plus que sensible. Aussi elle se mit frôler délicatement ce bouton qui durcissait sous ses doigts.

Bientôt elle sentit des ongles lui griffer le dos. Un râle et elle comprit que Martine avait de nouveau eu un orgasme violent. Elles restèrent silencieuses, collées l’une contre l’autre. Elles continuaient de profiter de ces heures de tendresse, Estelle ne voulut pas que Martine la touchât. La soirée était déjà bien entamée. Elles allèrent à la cuisine. Estelle leur prépara un repas. Elles mangèrent de bon appétit, c’est que l’amour ça creuse ! Martine remarqua qu’il était tard, le lendemain elle devait aller travailler tôt. Elle cette semaine de l’équipe du matin. Donc au boulot à six heures.

« Je vais rentrer. Demain je commence au chant du coq. Avec le mariage, notre après-midi, le manque de sommeil, je suis hors service ! Il faut absolument que je fasse une nuit complète.

– Non, je ne veux pas que tu partes ! Reste dormir ici je serai sage, je te laisserai tranquille ! Moi aussi il faut que je récupère. Je suis trop bien avec toi !

– Tu crois que l’on va pouvoir être nues dans le même lit, avec le désir permanent, sans craquer ? Tu y crois vraiment !

– Oui je tiendrai promis ! Reste avec moi ! Finissons bien ce week-end !

– Ok ! Mais pas même de câlin ! Demain matin je me lève vers cinq heures. Il faudra que je passe chez moi me changer. Je ne vais pas aller bosser dans cette tenue. Il est tard, je vais me couchez, tu me suis ?

– Je suis heureuse que l’on passe la nuit ensemble ! Promis je serai sage ! Tu peux dormir dans mes bras, si tu veux ! »

Elles se couchèrent épuisées par cette noce. Le peu de sommeil les avaient mises hors d’état de nuire. Elles auraient été dans l’impossibilité de repartir pour des heures d’amour. Martine se mit dans les bras de son aimée. Elle sombra très vite dans un sommeil profond. Estelle mit plus de temps. Elle était trop excitée, trop heureuse. Il y a bien longtemps qu’elle n’avait pas été si accrochée. Elle savait à qui donner tout l’amour qui était en elle.

Martine était la personne idéale. La femme qu’elle cherchait depuis des années et qu’elle n’attendait plus dormait dans ses bras. Le plus dur serait de ne pas la perdre. Elle s’endormit sur le matin. Elle fit un bond quand le réveil se déclencha. Encore tout ensommeillée, elle alla préparer le café pendant que Martine était sous la douche. Elle arriva dans la cuisine. Son bol était prêt, le pain grillé beurré. Estelle avait du mal à tenir les yeux ouverts.

« Pourquoi tu t’es levée ! Je me serais débrouillée ! Va vite te recoucher, on dirait que tu as regardé la télé toute la nuit !

– Je voulais te faire plaisir, j’ai eu du mal à m’endormir ! Je pensais à toi. A nous ! Je ne commence qu’à midi. J’ai encore le temps pour récupérer.  Tu as noté mon numéro de portable ? Je te laisse aussi celui de la maison. On se revoit quand ?

– Oui mon amour ne t’inquiète pas ! Je te tiens au courant pour notre prochaine rencontre. En effet je n’ai pas encore mon planning, je l’aurai dans la semaine. Ainsi je pourrai te téléphoner.

– Pourquoi je n’arrive pas à te laisser partir ? Je suis super accro  et je commence à flipper pour les jours que je passerai sans toi. La solitude m’effraie ! C’est la première fois que je suis dans cet état ! On se connaît depuis deux jours seulement, pourtant je sais que c’est avec toi que je veux vivre ! Je dois te faire peur avec de telles affirmations ?

– C’est vrai tu vas un peu vite ! Je suis bien avec toi, tu me combles, tu sais m’aimer comme personne.  Mais je ne peux te dire aujourd’hui que c’est avec toi que je ferai ma vie ! Ne bouscule pas les choses, laisse le temps travailler pour nous ! Profitons de chaque moment où nous serons ensemble. L’avenir fera le reste ! Ne te mets pas trop d’idées en tête, je ne voudrais pas te faire souffrir. Je ne sais pas ce que notre relation va devenir. Je sors d’une rupture alors…. Laisse-moi du temps, ne me brusque pas !

– Je te laisse prendre tes marques. Pourtant je sais que pour moi tu es celle que j’attendais depuis toujours. Mais je suis patiente, je saurai te montrer tout ce que je peux t’offrir. Ce que pourra être notre vie, combien je saurai t’aimer ! Quoi qu’il se passe je serai toujours là !

– Tu n’es vraiment pas croyable ! On reste en contact. Il faut que parte, embrasse-moi comme tu sais si bien le faire ! »

Martine quitta l’appartement sans faire de bruit. Elle rentra se changer puis se hâta de gagner son équipe. Estelle retourna au lit et sombra enfin dans un profond sommeil. Leur journée fut pénible. Elles étaient vaseuses l’une et l’autre, mal de tête, de mauvaise humeur. Tout n’allait décidément pas comme il aurait fallu. Leurs étreintes avaient laissé des traces. Par moment elles repensaient à leurs ébats. Dans leur mal être un petit sourire se dessinait. Personnes autour d’elles ne comprenait ce brusque changement. La fin de journée arriva. Elles étaient contentes de regagner leurs appartements respectifs. Le silence leur fit une drôle d’impression. Dans chaque pièce s’écoulait une odeur de parfum, souvenir de leur amour physique. Le manque commençait à se faire sentir. Chacune remplissait le vide comme elle le pouvait. Les heures défilaient lentement. Rien n’y faisait.

Les jours qui suivirent furent identiques aux précédents. En dehors du fait qu’elles étaient plus reposées, donc plus souriantes, plus calmes aussi voire blagueuses, intérieurement elles étaient dans un bouleversement indescriptible. Chaque soir en rentrant elles retrouvaient le vide, le calme et le manque. Estelle tint sa promesse, elle attendit que sa belle la contacte bien qu’elle en mourrait d’envie. Elle restait à portée du téléphone fixe, le portable allumé en permanence.

D’ailleurs elle ne l’éteignait plus même pour le recharger. D’autre par elle ne vivait qu’au boulot. A la maison elle était dans un état second. Elle n’arrivait plus à manger, dormait peu. A cette allure là elle n’irait pas loin. Martine en revanche avait donné l’apparence d’une femme heureuse, épanouie. Ses collègues en arrivaient à l’envier. Cependant, une fois seule, la gaîté retombait, le sourire disparaissait. Elle n’était plus le boute-en-train. Un soir de cafard ne supportant plus de sentir ce parfum tant aimé, elle prit le téléphone.

« Allo, bonsoir mon cœur ! Comment vas-tu ?

– Bonsoir, mon amour ça peut aller. Et toi ? Je ne te manque pas trop ?

– Si terriblement ! J’ai ton parfum à la maison, je vais devenir dingue si je ne te vois pas !

– Si tu savais, j’ai attendu ton appel tous les jours, chaque minute. Moi aussi j’ai cru devenir folle. Je viens ou tu viens ? Non ne bouge pas j’arrive tout de suite. »

Estelle enfila un vieux jeans, un polo et ses baskets et courut à sa voiture qu’elle démarra en trombe. Ensuite elle roula à vive allure jusqu’au domicile de sa bien aimée puis gravit les marches quatre à quatre. Martine l’avait entendue arriver. Elle lui ouvrit la porte et se jeta dans ses bras. Estelle l’embrassa amoureusement en la serrant fort contre sa poitrine. Ce baiser elle l’attendait depuis des jours. Elles allèrent s’installer dans le canapé.

« Mon cœur, je ne savais pas qu’une odeur de parfum pouvait me faire tant souffrir ! Quel est le nom de ton envoûtant parfum Martine ?

– Passion ! Ton odeur est restée dans mes draps. Imagine les problèmes que j’ai eus pour trouver le sommeil ? Tu me manques tellement que j’ai dormi à ta place. De cette façon tu étais avec moi, même absente. Je ne crois pas que je vais pouvoir tenir longtemps sans toi !

– Tu me manques énormément ! Tu as laissé un grand vide ici. La journée ça va mais le soir c’est dur.

– Tu es adorable, tu m’aides sans le savoir, je deviens dépendante de toi. Tu m’as fait succomber comme tu me l’avais dit. Il ne t’a pas fallu longtemps ! Mais qui peut te résister ? A part les imbéciles personne ! Les filles qui sont passées à côté de toi ont perdu une perle ! Moi la perle je la prend, je la garde pour moi seule. Attention je mords si on approche trop près !  Ne crains rien ! Je suis fidèle. Je te voulais, j’ai réussi à te conquérir ce n’est pas pour tout détruire. Ce que tu as vécu avant c’est fini ! On repart sur de nouvelles bases. Je ferai tout ce que tu voudras ! Je tiens vraiment à toi ! Dis-moi ce que tu veux !

– Ton amour, il ne me faut que ton amour pour que tout soit parfait ! Il effacera mes doutes, mes craintes. Le reste c’est ta présence qui s’en chargera ! Le coup de foudre existe, tu crois ?

– Je pense ! Tu vois je conçois la vie de cette manière : tendresse et amour. Je serai aux petits soins pour toi. Je m’occuperai d’un maximum de choses à la maison. On aura du temps pour nous. Pour nous aimer. On profitera de la vie. On rattrapera le temps perdu, on oubliera le passé avec ses tourments. L’avenir sera pour nous, pour notre bonheur.

– La vie que tu nous prévois sera belle mon cœur ! Tu me donnes déjà de mauvaises habitudes ! Fais attention je vais y prendre goût ! Mais laisse le manque nous dévorer pour mieux encore nous rapprocher ! Il va nous faire comprendre que nous ne pouvons que vivre ensemble. Que notre vie est à deux.

– Je sais que tu as besoin de ce délai et de ce temps pour ressentir que notre amour est une force et une nécessité pour toi ! Se voir l’une chez l’autre ira un temps mais on se lassera vite. Il te faudra moins de temps que tu ne le crois pour t’en convaincre ! Un restaurant te ferait plaisir, discuter m’a ouvert l’appétit ?

– J’ai très faim moi aussi, je connais un restaurant asiatique tu aimes ?

– Ça me va, je t’emmène. »

Ensuite elles dînèrent tranquillement pendant lequel elles rirent de tout évitant de trop penser au passé et seul comptaient le présent et l’avenir. En définitive elles s’étaient retrouvées c’était le principal. Elles se tenaient la main sur la table. Martine n’avait plus peur du regard des autres. Elle se fichait du qu’en dira-t-on. Seule comptait Estelle ! De son coté Estelle avait toujours assumé ses préférences sexuelles, elle était lesbienne et en était fière. Ses amies, sa famille et certains collègues étaient au courant. Bientôt elle leur présenterait son nouvel amour. Estelle offrit à sa douce leur premier restaurant. Elle lui promit que tous les dimanches seraient identiques à cette soirée. Elles rentrèrent, Martine l’invita à passer la nuit avec elle.

Elles se retrouvèrent comme la première fois. La même envie, le même désir qui vous dévore les entrailles. Elles firent l’amour passionnément.  Leurs corps ne faisaient plus qu’un. Elles gémirent d’une même voix. C’était l’extase. Là encore Estelle lui avait montré son amour. Elle aimait cette femme plus que tout. Les paroles ne lui suffisaient plus, il fallait les gestes pour les accompagner. Elles s’endormirent apaisées. La nuit fut tranquille. La première levée fut Estelle. Déjà à pied d’œuvre pour sa belle, rien ne devait manquer. Quand Marine se présenta en cuisine, tout était prêt. Elle n’avait plus qu’à mettre les pieds sous la table.

« Avec toi je vais prendre des kilos ! Si tu continues à ce rythme tu vas me faire rouler avant Noël ! Mais je prends le risque c’est trop bon !

– Ne crains rien, tu ne vas pas grossir. Je vais faire attention à notre alimentation. Je veux que tu partes travailler avec quelque chose dans le ventre ! Déjeune, je vais vite prendre une douche. Je partirai en même temps que toi !

– D’accord ! Je pars dans trente minutes ! »

Estelle alla prendre sa douche. Heureusement elle avait pu boire son café et déjeuner. Elle n’aurait plus qu’à aller se changer de vêtements chez elle ainsi elle arriverait juste à l’heure. Elles s’embrassèrent avant de franchir la porte. Chacune prit son véhicule et partit de son côté. Le soir Martine devait passer la nuit chez Estelle. Elle avait pris du change. Elles étaient radieuses. Elles chantonnaient, riaient aux éclats. Leur entourage se doutait qu’elles étaient amoureuses. Estelle promit de leur présenter son amour. Elle leur expliqua leur rencontre à la noce, que c’était la sœur de son beau-frère. Qu’elle était dingue de cette fille.

Elle fit une description détaillée de sa belle. Elle l’aimait tant que rien ne lui échappait. Le moindre petit détail était visible à ses yeux. Martine quant à elle raconta qu’elle avait fait la connaissance d’une charmante personne, qu’elle était accro. Que sa vie était chamboulée, que bientôt elle se mettrait en ménage. Elle ne dit rien de plus ni qui ni comment elle l’avait connue. Silence radio en dehors de ces quelques confidences. Elle ne comptait pas faire de présentation rapidement. Pour sa famille c’était une autre histoire elle était au courant de son penchant pour les femmes et de sa rupture douloureuse, personne ne tenait à rouvrir la blessure avec des questions indiscrètes.

En fait elle craignait surtout la réaction de ses amies qui l’avaient ramassée à la petite cuillère aussi elle préféra repousser à plus tard l’annonce. Quant aux collègues de travail, elle verrait au cas par cas. En attendant elles vivaient leur passion dans l’intimité. Seul à les voir en couple et à être au courant de toute l’histoire étaient les jeunes mariés, ravis de savoir qu’elles étaient ensemble. Ils partageaient leurs instants de douce complicité. Elles firent des allers et retours pendant plusieurs semaines, un coup chez l’une, un coup chez l’autre. Jusqu’au jour où Estelle prit la décision de confier ses désirs à Martine.

« Mon amour, je voudrais que l’on vive ensemble, je veux passer toutes mes nuits avec toi. Je veux que l’on ait notre chez nous. Je veux être vingt quatre heures sur vingt quatre avec toi. Veux-tu venir vivre avec moi ?

– J’attendais que tu me le proposes ! Je suis propriétaire, il faudrait que je vende mon appartement, toi tu es locataire ou je me trompe ?

– Non tu as raison, je vais venir vivre avec toi, ça sera plus facile. Je résilie mon bail et j’arrive !

– Oui, on a perdu trop de temps ! Tu viens vivre ici. On achètera un appartement plus grand dans quelque temps.

– Vivons déjà ensemble, afin de voir si tout va bien, après on se lancera dans l’achat de notre chez nous. Tu es d’accord ?

– Je veux bien. Je sais que tu es l’amour de ma vie !

– Si tu le dis ! Je te fais confiance. Tu emménages quand tu veux, je vais te faire de la place. Tiens voilà tes clés de la maison. Tu es chez toi maintenant ! »

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