Nouvelles lesbiennes

Nouvelle lesbienne : La sirène irlandaise

La sirène irlandaise est une romance lesbienne qui parle d’amour entre femmes.

Comme à son habitude à cette heure-là Pauline était sur le net en plein dial. Elle aimait se retrouver au milieu de ces femmes en recherche d’amour car elle se disait que sa place était là pour le moment, qu’elle leur ressemblait. En effet quand elle n’était pas dans l’écoute elle trouvait pour elle une oreille attentive, un peu de tendresse, de compréhension aussi.

Pauline était seule depuis quelques temps déjà. En effet sa rupture l’avait quelque peu détruite. Elle avait du mal à se remettre de l’absence de sa compagne et le vide de l’appartement l’angoissait. Elle avait besoin d’amour, de tendresse, de se sentir aimée. Cependant pour l’instant elle ne vivait que pour son job, elle s’y donnait à fond. Ainsi elle traînait le plus qu’elle le pouvait pour éviter de se retrouver face à sa solitude. Elle bossait dans un aéroport au service relation clientèle. Elle aimait son métier, les contacts mais aussi l’ambiance des départs et des arrivées, regarder le personnel navigant vêtu de beaux uniformes. En effet c’était un univers dans lequel Pauline se sentait utile et surtout vivante. Bientôt elle aurait 45 ans, la vie avait laissé sur elle et en elle ses marques. Une grande déprime la guettait.  Aussi Pauline décida de réagir au plus vite.

Samedi 29 juillet, une date qui restera pour elle un souvenir magnifique. En effet elle était connectée depuis un moment quand une femme la contacta, un pseudo qu’elle ne connaissait pas. Cette jeune femme était de toute évidence de Paris. Ainsi elle commença à dialoguer avec cette toute nouvelle arrivée et leurs échanges devinrent vite très apaisants, doux et sereins. Pauline était là derrière son clavier, souriante et détendue. Cette jeune femme s’appelait Eileen, elle était Irlandaise, avait une petite trentaine d’années. Tout comme Pauline, elle était célibataire et de toute évidence paumée, pas très bien dans sa peau. C’est pourquoi sa détresse, sa jeunesse, et sa pureté touchèrent en plein cœur Pauline.

Leur entente fut immédiate car elles aspiraient aux mêmes envies, se trouvaient sur la même longueur d’onde sur bien des plans. Ainsi leurs hobbys étaient similaires comme la passion de la photo, des balades, de la nature. Une certaine complicité s’était installée dans le dial. Eileen se dévoila peu mais cela n’avait pas vraiment d’importance pour cette première prise de contact. Ensuite elles s’échangèrent leurs adresses Messenger tout en se donnant rendez-vous pour le lendemain dimanche où elles se connecteraient en milieu de journée. C’est ainsi qu’elles se saluèrent amicalement et se fut avec regret que Pauline mit un terme à leur conversation.

Dimanche matin, dur réveil pour Pauline. En effet le temps n’était pas au beau fixe, la pluie tapait sur les carreaux de la chambre. Elle se leva et après un bon café, commença son ménage sans grand enthousiasme. Pendant qu’elle époussetait les meubles elle pensait à cette jeune femme qui de toute évidence avait su réveiller en elle son désir d’amour et de vie de couple. Elle voulait aussi croire que cela était de nouveau possible. Avant tout elle était pressée de la retrouver sur le net mais les heures ne passaient pas assez vite à son goût. Ainsi après avoir fini ses tâches ménagères, elle tourna en rond dans son appartement. Enfin elle se décida à se connecter avant l’heure dite à sa messagerie instantanée et patienta en jouant à des jeux de cartes. en définitive Eileen vint la rejoindre comme prévue.

La photo qui apparut à l’écran montra une très belle jeune femme. Pauline était émerveillée par une telle beauté. Pauline ne montra pas son trouble et comme si de rien n’était elles parlèrent de tout et de rien. De vacances, de tourisme et de la France en particulier. Eileen de par son travail voyageait beaucoup, elle était dans le monde de la mode. Elle organisait entre autres des défilés. Elles se découvraient l’une l’autre, de fil en aiguille chacune révéla des pans de leur vie. C’est pourquoi elles ne voyaient pas le temps passer tant elles étaient bien ensemble. Même si elles ne se voyaient pas elles pouvaient deviner aux travers de leurs échanges les sourires qui se profilaient sur leurs visages et qu’elles adressaient en fait à leur écran.

Eileen se livrait davantage que la veille, mise en confiance elle se dévoilait petit à petit. Elle manquait de chaleur, de tendresse aussi, d’un être qui saurait l’aimer, la soutenir dans tous les moments de la vie. Elle avait besoin d’un amour qui comblerait ce vide, qui remplirait sa vie en ce moment. Pauline se sentit fondre. C’est pourquoi elle décida de conquérir cette jeune femme. En effet elle voulait essayer de lui offrir tout ce dont elle manquait. De toute évidence c’était une chose possible et réalisable.

Elle voulait à tout prix donner à Eileen tout l’amour qui était au fond d’elle depuis plusieurs mois maintenant. Petit à petit l’heure de la séparation arrivèrent pour elles deux alors qu’un fort lien s’était créé entre elles. Elles se promirent de se retrouver dès le lendemain au même horaire. Ensuite Pauline, désœuvrée, alla se planter devant sa télé avec un plateau repas mais sa tête était en pensée près de ce nouveau coup de cœur. De son côté Eileen se cala confortablement sur son lit avec un livre mais là aussi, sa tête n’était pas dans la lecture. Toutes deux étaient en pensée en contact l’une avec l’autre.

Le lundi était le plus mauvais jour de la semaine pour Pauline mais ce fut quand même avec le sourire qu’elle partit travailler. Sa journée se passa mieux que prévue. Elle était tout à fait décontractée, rien ne semblait pouvoir la mettre de mauvaise humeur. Elle savait qu’Eileen partait en direction d’Amiens, qu’elle avait une réunion avec un grand couturier. Comme à son habitude c’est très tôt qu’elle avait pris la route, tranquillement accompagnée par des balades Irlandaise qu’elle affectionnait tout particulièrement.

Des morceaux de conversation de la veille lui revenaient en mémoire. En premier lieu elle avait perçu en Pauline une femme douce et tendre qui savait l’écouter, lui tendre la main. D’autre part une femme qui avait de l’humour, qui aimait blaguer. Enfin Eileen se sentait bien avec Pauline. Elle avait non seulement trouvé une personne avec qui elle pouvait avoir des échanges de qualité, des moments de rire mais  plus encore ce qu’elle appréciait c’était surtout la douceur qui se dégageait dans les mots de sa nouvelle amie.

Quand la fin de journée arriva ce fut avec un grand sourire que Pauline rentra chez elle. En effet c’était bien la première fois depuis longtemps qu’elle désirait plus que tout ne pas perdre une minute et filer regagner son antre. Enfin Pauline allait retrouver sa Sirène. Ce surnom venait d’une photo où Eileen se trouvait dans une piscine où par défi elle avait invitée virtuellement sa nouvelle amie à la rejoindre, qui ne put s’empêcher de la comparer au personnage d’Andersen. Eileen n’était pas encore connectée. D’ailleurs elle devait sans doute être sur la route du retour à cette heure-là de la soirée. Tout comme son amie, sa première réaction en entrant chez elle fut d’aller allumer son ordinateur sans même prendre le temps de défaire son blaser.

Ouf de soulagement Pauline était en ligne. Elles commencèrent à papoter comme si elles étaient copines depuis toujours. Après avoir pris des nouvelles réciproques de leur journée, elles causèrent de ce trouble qui les dépassait l’une l’autre. Une attirance était bien présente, un manque évident aussi s’installait dès qu’elles se déconnectaient. Elles étaient dans un état indescriptible intérieurement. Cependant ce qui se produisait n’était ni plus ni moins qu’un coup de foudre virtuel. Pour Pauline qui était lesbienne cela ne posait guère de soucis. Mais Eileen était une femme dans la norme diront nous. Elle venait après plusieurs mois de vie de couple de se séparer de son compagnon. Aussi l’amour au féminin était inconnu pour elle.

Pourtant elle était en train de succomber au charme d’une femme. Elle était heureuse de trouver ce qu’elle désirait depuis toujours, la tendresse, l’amour, une épaule solide sur laquelle se reposer, une écoute aussi. Mais jamais elle n’aurait pensé que ça serait une femme qui le lui aurait apporté tout cela. L’heure de la fin s’annonça. Elles se dirent au revoir avec tendresse et se donnèrent rendez-vous à la même heure pour le lendemain. Pauline était vraiment heureuse de cette nouvelle rencontre. En effet de nouveau elle sentit son cœur battre la chamade. Eileen était quant à elle sur un léger nuage fait de trouble et d’émois.

Mardi, second jour de la semaine. Rien ne passait assez vite, ni les heures, ni les minutes rien. Pauline ne cessait de regarder sa montre, de virer d’un bureau à l’autre. En définitive elle n’attendait plus qu’une chose retrouver Eileen. Par ailleurs de son côté Eileen était tout sourire, joyeuse et rieuse. CC’est pourquoi ses collaborateurs lui en firent la remarque car ils avaient vu s’effacer son visage triste pour en découvrir un rayonnant de bonheur. Elle travaillait en chantant mais sa pensée était souvent ailleurs. En effet elle était souvent songeuse avec un doux sourire qui se dessinait sur ses lèvres. Eileen était de toute évidence amoureuse.

L’amour, celui dont elle rêvait depuis toujours, celui qu’elle avait appelé de toutes ses forces depuis tant d’années était là à sa porte. Pauline allait lui offrir ce rêve. Elle se sentait prête à se lancer dans un amour lesbien. Elle savait aussi qu’elle serait comprise et aimée par Pauline. Que celle-ci lui laisserait tout le temps pour être bien dans sa tête et dans son corps avec cette nouvelle expérience. Eileen était en confiance. Pauline avait de l’assurance, une expérience de couple et d’amour des femmes. Elle saurait l’attendre, lui faire découvrir ce monde inconnu et surtout l’aimer telle une Reine.

Le générique d’une émission connu signala que l’heure du rendez-vous avait sonné. Elles se retrouvèrent comme à l’accoutumer. Plus les heures de dials passaient plus Eileen se détendait, se lâchait aussi. Des petits mots doux et tendres avaient pris place dans leur relation. Les sous-entendus n’étaient plus de mise. Elles se disaient de vive voix leurs attentes, leurs envies et leurs désirs. Elles ne voulaient plus qu’une chose, se voir, passer du temps ensemble. Eileen était arrivée à un stade où le virtuel devait laisser la place à la rencontre physique. Elle voulait plus que quelques heures volées sur le net.  Pauline en était au même stade. Un besoin de la voir, d’être près de cette femme merveilleuse et aimante.

Ce fut Pauline la première qui se lança, elle lui proposa de partager un week-end. Contrairement à ses craintes Eileen ne fut en aucun cas réticente à cette proposition. Une date fut trouvée entre leurs deux plannings bien chargés.  Elles devraient encore attendre quelques semaines pour cela. Il fut convenu qu’Eileen invitât son amie chez elle. Elle avait un grand appartement et une chambre d’amis. Elles mirent au point leur lieu de rencontre.

Une superbe place devant un musé connu mondialement. Toutes deux connaissaient Paris, elles auraient donc de quoi faire pour s’occuper. Elles iraient sûrement le samedi manger dans un bon restaurant puis une grande balade histoire de se connaître mieux. Pour le dimanche, elles verraient ça ensemble sur place. Pour le moment elles étaient excitées comme des puces. Tout était réglé pour que leur première rencontre se passe à merveille. Elles continuèrent de se parler, de rêver de l’avenir à deux. Pauline dut stopper la discussion il fallait qu’elle aille se coucher, elle tombait de fatigue. Le temps avait vraiment filé. Elles se dirent au revoir et à demain.

Mercredi le jour des enfants. Le réveil fut dur pour Pauline. Elle avait eu du mal à trouver le sommeil malgré la fatigue et partit à son travail mais sans le sourire. Par ailleurs un brin de mauvaise humeur se lisait même sur son visage. Elle passa la journée à régler des litiges de tout genre où elle n’eut même pas le temps d’aller prendre un bon café.  Au repas de midi, elle s’installa seule à une table. Elle en profita pour se détendre et rêvasser. Eileen était bloquée dans un bouchon sur l’autoroute moteur arrêté. Elle relisait un contrat pour une exposition de robes de grand couturier. Elle avait bien du mal à se concentrer. L’image de Pauline ne la quittait pas. Eileen aimait les femmes quelque peu masculines. Elle avait de toute évidence trouvée celle de son cœur.

Une chance la circulation reprit de nouveau son cours, elle serait en retard à Lille où elle était attendue. Elle était pressée de faire son job et de reprendre la route dans l’autre sens au plus vite. Eileen régla tout en deux coups de cuillère à pot, jamais elle ne s’était sentie aussi efficace. Elle vit tout son petit monde, signa le contrat et alla même jusqu’à boire un verre avec tous les participants de la réunion. Après de brèves salutations elle sauta dans sa voiture pour rentrer au plus vite. Il n’y avait pas foule sur la route. Elle ne mit que quelques heures pour rejoindre son domicile. Elle prit le temps de se faire un thé et de manger une bricole. Puis direction le PC. Pauline de toute évidence n’était pas chez elle.

Eileen en profita pour continuer à travailler un peu jusqu’à ce que la photo de Pauline vienne s’afficher en bas de l’écran. Enfin ! Leurs retrouvailles furent joyeuses et pleines de tendresse. A travers leurs échanges on pouvait deviner des sentiments amoureux. Elles étaient sans nul doute attirées vraiment l’une par l’autre. Des mots sucrés d’une tendresse infinie venaient se glisser au milieu des phrases. Eileen ce soir-là se déclara à Pauline. Elle lui avoua l’amour qu’elle ressentait, son attirance et son envie d’elle. Pauline était émue de cette révélation et en retour lui avoua la même chose. Elles étaient sur un petit nuage. Plus rien ne comptait maintenant pour elles. L’amour, le vrai et l’unique avait frappé à leur porte. A chaque fois l’heure de la séparation devenait de plus en douloureuse à supporter. Eileen mit fin à leur discussion après de longs au revoir.

Les jours passèrent ainsi rythmés par les attentes et leurs dials amoureux derrière l’écran d’ordinateurs.  Plus les semaines passaient plus les sentiments prenaient une place de plus en plus importante dans le cœur de Pauline et Eileen. Elles n’arrivaient plus et ne pouvaient vraiment plus se passer l’une de l’autre.

Le jour J arriva enfin. Pauline n’avait pas dormi de la nuit. En effet elle était dans un état d’excitation évidente, ne tenant plus en place, n’arrivant plus depuis des jours à finir ce qu’elle commençait. Elle prépara son sac pour ces deux jours en y mettant juste le nécessaire et en essayant de ne rien oublier. Puis Pauline fila sous la douche. Gros dilemme, elle ne savait pas comment se vêtir. Chemisette, polo ? Jeans, pantalon en toile ? Finalement elle opta pour un pantalon léger avec une chemisette assortie. Elle grignota un petit pain, un café léger et un bon kiwi pour les vitamines.

Puis elle partit prendre le train qui la mènerait vers la femme de son cœur.  Eileen était partie la veille chez des amis et avait passé la nuit là-bas. Au moment de prendre la route pour la capitale, elle eut des soucis avec sa voiture. Celle-ci avait décidé de ne pas démarrer. Un défaut de fabrication sur sa voiture pourtant neuve. Un alternateur défectueux venait de tout gâcher. Après plusieurs essais, elle dut se rendre à l’évidence, c’était vraiment la panne ! Eileen envoya de suite un SMS pour la prévenir son amie de ce qui se passait. Puis elle lui annonça que malheureusement elle ne serait pas là. Que leur week-end tombait à l’eau. Elle s’en excusa avec une boule au ventre et la gorge serrée.

Pauline reçut ce message et se dit que la chance ne lui souriait pas. Elle ne savait plus que penser, que faire. Malgré tout elle se décida d’aller faire un tour dans Paris. Elle flâna sur les grands boulevards, alla boire un café et discuter avec un barman qu’elle connaissait. Dans le l’après-midi elle regagna son domicile. Pauline se mit à son clavier et guetta l’apparition de la photo de sa sirène. Tard dans la soirée, Eileen se connecta. De toute évidence ce loupé l’avait chamboulé et lui avait tiré des pleurs de déceptions. Elle tenait tant à cette rencontre car elle avait pris soin de se faire encore plus jolie, ayant mis un temps fou à se préparer.

Ainsi elle s’était vêtue tout en blanc, telle une mariée. Par ailleurs elle avait longuement réfléchi à la manière de la recevoir, avait conçu et réalisé elle-même un merveilleux repas, acheté des fleurs pour Pauline. C’est pourquoi elle avait voulu que tout soit parfait. Eileen était là ne sachant plus que dire, s’excusant sans cesse. Elle avait du mal à vivre cette situation. Pauline la soutenait du mieux qu’elle le pouvait. Elle lui dit que cela n’était que partie remise, qu’elles se feraient un week-end encore plus grandiose. Pauline demanda à son amie si malgré ce contretemps elle voulait se voir le lendemain. Elles passeraient au moins quelques heures ensemble.

Eileen refusa cette offre. Pauline ne s’attendait pas à une réponse négative mais l’accepta et respecta la décision de son amie. Celle-ci voulait plus que quelques heures avec elle. Pauline ressentit cette soirée différemment des autres. Rien n’allait comme elle s’y attendait, Eileen n’était pas comme à son habitude, comme si elle avait peur de quelque chose. Elle qui était si pressée et excitée de la voir se montrait réticente à toutes les propositions de Pauline. Cette dernière décida de ne pas la bousculer, de lui montrer sa présence et rien de plus. Elle fut comme à son habitude, rassurante, aimante. Elles se déconnectèrent très tardivement. Elles avaient un besoin fou d’être ensemble comme pour oublier ce loupé.

C’est un mal de tête qui réveilla Pauline. Le dimanche commençait mal. Alors qu’elle se mit devant son bol de café, elle ne se sentait vraiment pas dans son assiette. Elle resterait tranquille chez elle. Repos, un peu de télé et le net bien sûr pour retrouver sa sirène. Elle prit le temps de déjeuner, alla se glisser dans un bain et y resta un bon moment. Elle se mit devant un vieux film et laissa le temps passer.  De son côté Eileen se lança dans son repassage, un peu de dossiers en retard aussi. Elle retrouverait son Andro comme elle la prénommait affectueusement avec plaisir un peu plus tard dans l’après-midi. Les minutes s’étaient écoulées à un rythme bien lent au goût de chacune.

Toutes deux cherchaient de quoi s’occuper. De toute évidence elles ne supportaient pas le fait de ne pas être ensemble. Un manque l’une de l’autre se faisait sentir. En fin d’après-midi elles se connectèrent avec un plaisir évident de se retrouver en ligne. La distance géographique était abolie, c’est comme si elles étaient ensemble, c’était toute la magie de la virtualité. Elles se sentaient bien, heureuses, détendues. Pauline et Eileen allaient passer ainsi un long et bon moment.

Pauline regarda son agenda et relança une date pour un nouveau week-end.  Pas évident, le travail, les invitations en cours. Les vacances approchaient pour les deux femmes. Eileen partirait la première dans sa famille en Irlande. Puis dès la rentrée ça serait au tour de Pauline de s’en aller au bord de la mer, seule. Eileen accepta de suite la nouvelle date avancée, elle partait le lendemain pour son pays. Elle voulait à tout prix voir son Andro adoré. Tout était parfait. Elles adoraient leurs moments à elles, rien qu’à elles. Le dimanche se terminait dans la joie et l’amour qui grandissait doucement.

Encore une nouvelle semaine qui débutait. Rien de bien spécial à l’horizon. Il leur fallait être patientes et le net les aidait bien en cela.  Elles ne pouvaient plus se voiler la face. Elles étaient bien éprises l’une de l’autre. Pauline avait repris goût à la vie. Elle ne voulait plus qu’une chose, faire un long bout de chemin avec sa Sirène. Eileen elle ne voyait plus qu’à travers son Andro. Toute sa vie semblait maintenant tourner autour d’elle. Elle misait tout ce qu’elle avait de plus cher sur cette relation d’amour. Eileen semblait avoir enfin trouvé le bonheur. Elle se battrait corps et âme pour le garder. Une grande complicité avait pris part entre elles. Eileen n’avait plus peur de parler, de se dévoiler.

Elle se sentait en sécurité près de son Andro. Elle arrivait à parler d’elle, de ses amis. Bientôt elle lui raconterait son pays. Pauline vivait un merveilleux voyage ainsi à l’écouter se raconter. Elle apprenait ainsi à mieux la découvrir et à encore plus l’aimer. Elles comptaient à présent les jours qui les séparaient. Le temps qui défilait leur paraissait une éternité. Les deux femmes travaillaient de façon encore plus énergique qu’à l’accoutumée. Elles dévoraient les secondes, ne s’arrêtaient que le soir. C’est l’horloge qui donnait le signe de fin de journée. Ceci dura pendant trois longues semaines. Le soir elles se retrouvaient sur le net comme d’habitude.

Leurs retrouvailles étaient toujours tendres et émouvantes aussi. On sentait cet amour naissant qui s’en dégageait.  Leur rendez-vous du soir était devenu comme une drogue. Elles étaient accros à ce rituel.  Une croix sur les dates du calendrier montrait que la date arrivait. Ce fut avec un soupir de soulagement car elles en pouvaient plus. Les mots n’étaient plus suffisants. Elles avaient un réel besoin d’une rencontre, le contact physique devait impératif.

Tout comme la première fois, elles reproduisirent le même scénario. Même endroit, même heure. Eileen refusa tout net les invitations le jour qui précéda. Elle ne voulait pas être de nouveau coincée par une panne de voiture. EAussi elle s’activa pour que tout soit parfait de nouveau afin d’attendre son amie avec une rose à la main. Puis elle l’emmènerait manger dans un bon restaurant. Puis après elles feraient une balade sur les quais, flâneraient chez les bouquinistes sur les bords de Seine. Pour le soir Eileen avait acheté de quoi faire un bon dîner léger et équilibré. Pour Eileen tout était déjà bien organisé dans sa tête, parfait de A à Z.

Pauline s’affaira à préparer son sac. Elle était aussi paumée que la première fois, elle avait la tête ailleurs. En définitive elle était anxieuse tout simplement. Pourtant elle arriva à tout faire dans un temps imparti. Quai de la gare, train ponctuel, tout se déroulait comme prévu. Le trajet se passa sans encombre. Pas de SMS ou de coup de fil, c’était bon signe. Elle partait rejoindre son amour. Pauline arriva bien en avance. Elle scrutait la foule dans tous les sens par peur de ne pas apercevoir Eileen. Elle vit arriver une très belle femme, blonde, élancée, toute vêtue de blanc, telle qu’elle l’avait vue sur les photos de sa messagerie. Cette magnifique femme venait dans sa direction une rose à la main. Pauline reconnut son amie.

Elles se retrouvèrent face à face n’osant pas bouger. Pauline fit le premier pas et déposa un doux baiser sur les lèvres d’Eileen.  Elles formaient déjà un couple. Personne n’aurait pu dire en les voyant qu’elles venaient de se voir pour la première fois. On pouvait voir dans leurs yeux le bonheur d’être ensemble, l’amour qui s’en dégageait aussi. Après divers échanges superficiels, direction le restaurant. C’est tout naturellement que Pauline prit la main D’Eileen. Celle-ci en fut émue et elle se serra encore un peu plus contre son Andro. Elles mangèrent tout en se dévorant du regard. Elles ne prirent même pas de dessert, trop pressées d’être seules dans l’appartement d’Eileen. Pendant tout le chemin Pauline eu des gestes de tendresse.

Arrivées à destination, elles ne purent se retenir plus longtemps. Elles s’embrassèrent amoureusement cette fois ci. Plus rien ne pouvait les empêcher de s’aimer. Le désir qu’elles avaient en elles depuis tout ce temps les débordaient. Eileen prit la main de Pauline et l’emmena faire le tour du propriétaire. Les pièces étaient de grandes tailles, bien éclairées. Eileen avait un goût sur de la décoration qui lui plut énormément. C’était vraiment un très bel endroit calme et ensoleillé aussi dans lequel elle se sentait très à l’aise.  Elles stoppèrent devant une chambre avec un grand lit blanc.

De toute évidence c’était sa chambre. Pauline l’entraîna tendrement vers le lit. Elles commencèrent à s’embrasser avec passion puis à se caresser le corps. Pauline commença à déshabiller sa sirène. Elle prit le temps, enleva ses habits un par un. Pour Eileen c’était la première fois qu’elle allait s’offrir à une femme. Elle semblait à peine nerveuse. Pauline le savait, elle prendrait le temps nécessaire. Rien ne brusquer surtout. Elles se retrouvèrent nues sur le lit. Pauline se mit à la caresser tout en l’embrassant. Elle découvrait un corps splendide, une peau si douce qu’on pourrait croire à du satin. Sa bouche réclamait des baisers, elle avait besoin de contact, de se sentir aimer.

Pauline ne demandait que ça. Aimer encore et encore cette femme.  Elles firent l’amour une bonne partie de l’après-midi. Eileen en était heureuse et comblée. En effet elle avait éprouvé un plaisir inouï, jamais elle n’aurait pu penser à quel point ce serait aussi bon. Ainsi elle était bien, amoureuse alors qu’elle n’aurait jamais pu imaginer que cela puisse être possible avec une femme. Son Andro était vraiment la femme de sa vie. Elles restèrent collées l’une contre l’autre. Pauline serrait sa sirène tout contre elle, continuant de la couvrir de baisers. C’est la faim qui les sortit du lit. Eileen avait tout prévu. Elles dévorèrent la charcuterie et la salade comme si elle n’avait rien mangé le midi et dégustèrent le dessert une fois rassasiées. Pauline regardait Eileen avec amour.

Elles ne se parlèrent presque pas, leurs yeux disaient le principal. L’envie de refaire l’amour fut plus fort que tout. Elles passèrent la nuit à se donner du plaisir. Rien ne semblait pouvoir arrêter le désir qui leur dévorait le ventre. Eileen rendit avec tendresse les caresses qu’elle recevait de Pauline. Toutes les deux étaient sur la même longueur d’onde. Eileen à son tour aima son Andro elle lui donna tout autant de plaisir qu’à elle. Elle était heureuse de cela, de cet amour aussi. Eileen s’endormit épuisée par tant de bonheur. Pauline la regarda dormir, elle veillait sur son sommeil.

Le dimanche fila à toute vitesse, elles ne pouvaient se séparer même l’espace d’un instant. Besoin de contact, de baisers. Elles regardèrent les photos d’Eileen.  L’Irlande est ses magnifiques paysages. Des endroits sublimes et pittoresques aussi. Des lacs immenses entourés de belles forêts, des espaces infinis couverts de landes, des praires vertes à perte de vue. Pauline découvrait ainsi le pays de sa sirène.

Elles discutèrent de leur relation, de leurs rêves, leur futur avenir ensemble. Elle ne l’imaginait plus l’une sans l’autre. Bientôt l’heure de se séparer arriva. Pauline devait rentrer, elles ne se reverraient pas avant un moment. La séparation fut déchirante. Pauline avait le cœur serré aussi elle préféra faire court. Eileen de son côté avait du mal à retenir ses larmes. Pauline l’embrassa tendrement et s’en se retourner partie prendre son train. Le retour ne fut pas très gai, une boule lui nouait la gorge. Eileen quant à elle s’effondra en pleurs. Elles avaient passé un si bon moment. Voir partir son Andro lui faisait un mal de chien.

Leur relation se poursuivit ainsi entre travail et moments bien à elles. Elles étaient toutes deux passionnées par leur métier. Leur emploi du temps était aussi bien surchargé. Pour Eileen les déplacements avaient une place importante. Elle était souvent sur la route. Heureusement que le net était là ainsi que le téléphone portable. Rester sans nouvelles l’une de l’autre était impensable.

Elles étaient passées du virtuel au réel.  Dès qu’elles le pouvaient elles se voyaient, passaient le week-end ensemble ainsi que toutes leurs vacances. Mais à chaque fois le moment de la séparation devenait de plus en plus pénible. En ce dernier jour de congés, on pouvait voir que Pauline pleurait à l’idée de quitter son amie.  Il était temps de trouver une solution. Elles discutèrent un bon moment de ce problème. C’est Eileen qui demanda à son Andro de venir vivre chez elle. Pauline accepta tout de suite.

Elles s’organisèrent et trouvèrent la date idéale pour le déménagement. Cela faisait maintenant presque neuf mois qu’elles étaient ensemble. Aussi elles choisirent le jour de la date anniversaire de leur première rencontre. Pauline avait dû se séparer de quelques meubles. Elle avait rangé ses habits dans l’armoire près de ceux de sa sirène. Elle put mettre une photo de ses parents sur un meuble dans le salon. Quelques petits bibelots ramenés de voyage iraient dans la bibliothèque. Pauline se sentait comme chez elle. Eileen lui donna aussi son trousseau de clés puis lui souhaita la bienvenue à son nouveau domicile. Maintenant deux noms figureraient sur la boite aux lettres. Enfin, une nouvelle vie allait vraiment commencer pour elles.

Le temps n’avait en rien usé ce qu’elles ressentaient l’une pour l’autre. Elles s’étaient construites une vie tranquille, faite de tout ce qu’elles désiraient. Leur travail leur prenait beaucoup de temps. Eileen continuait à courir après des contrats. Elle refusait les déplacements trop éloignés de son domicile. Elle ne supportait plus d’être loin de son Andro. Pauline continuait à s’occuper des litiges avec la clientèle et toujours avec le même engouement.

Les retrouvailles le soir étaient toujours très agréables et tendres. Elles étaient pressées de rentrer et d’être dans leur petit nid d’amour car elles aimaient avant tout être ensemble. En définitive elles n’avaient aucun besoin de voir du monde.  La famille venait leur rendre visite de temps en temps.  Dès qu’elles le pouvaient, elles s’en allaient faire du tourisme et en profitaient pour continuer leur passion commune de la photo. Elles étaient toujours de ci de là, visitant un coin de France, une petite ville, allant au musée. Tout les passionnait. Cela faisait maintenant quelques années qu’elles vivaient ensemble.

Pour une Saint Valentin, Pauline réserva une table dans un grand restaurant parisien. L’endroit était sublime. Des grands tapis rouges amenaient les clients à la salle de restaurant, une salle immense et très éclairée. Un lustre magnifique en cristal apportait une lumière douce. Les tables étaient joliment décorées. Le maître d’hôtel les accueillit à l’entrée et les conduisit à leur table. Celle-ci était légèrement à l’écart. Pauline avait fait les choses en grand. Le repas fut somptueux. Les plats étaient aussi jolis que savoureux. Elles étaient amoureuses comme au premier jour.  Arrivées au dessert Pauline se fit plus solennelle et avec un grand sourire posa tout simplement la question à Eileen. « Veux-tu m’épouser ? »  Eileen en eut les larmes aux yeux. Sa réponse ne se fit pas attendre. Elle répondit avec un grand sourire OUI. Elles firent l’amour avec passion au retour du diner.

Les jours suivant il fallut mettre au point tous préparatifs et les détails du mariage. Pauline par amour voulait que ça ait lieu en Irlande. Elles se mirent au travail pour tout organiser. Les papiers administratifs prirent le plus du temps. Réserver les hôtels sur place pour les invités fut fait par Eileen. Elles se marieraient dans la ville d’Eileen. La date était fixée. Ce serait en Juillet, le 29, jour de leur premier dialogue sur le net. Il ne leur restait plus qu’à envoyer les invitations et prévenir la famille et les intimes. Les semaines passèrent très vite. Elles n’avaient guère de temps pour se reposer. Elles étaient trop occupées à faire les emplettes, régler les soucis de dernière minute. Penser à tout ce qu’il faudrait pour que tout soit parfait. Surtout ne rien oublier.

Le jour J arrivait. Une semaine avant elles partirent pour l’Irlande. Pauline allait avec Eileen régler les détails de dernière minute. Elles devaient également voir ensemble la destination de leur voyage de noce qui n’était toujours pas fixé. Pauline avait déjà pris quelques idées sur des endroits qu’elle aimerait visiter. Elle en fit part à sa sirène. De toute évidence elle aimerait aussi voir et découvrir ces merveilleux sites. Elles iraient voir le parc du Connemara, dans le comté de Galway.

Le vert de la végétation et le bleu argenté des lacs qui s’illuminent sous un rayon de soleil était une attraction à ne pas manquer pour les amateurs de paysage et de verdure. Puis ce serait direction Kylemore avec une magnifique Abbaye construite au 19ème siècle. Une architecture inoubliable. Dans la foulée elles iraient au parc national des monts Wicklow. Des massifs montagneux de toute beauté avec ses vallées couvertes de forêts et de prairies. Un vrai refuge pour les animaux tels que les cerfs et les faucons pèlerins. Elles y seraient tranquilles, elles adoraient ces endroits calmes et en garderaient des souvenirs impérissables. Leur mariage se terminerait avec des tonnes de couleurs différentes les unes des autres. Des images pleins la tête, pleins les yeux aussi. Inoubliables. Mais l’heure n’en était pas encore là.

Samedi 29 juillet.

Pauline était déjà arrivée devant l’église de ce merveilleux petit village typique. Les familles et quelques amis avaient pris place dans ce lieu de prière et de méditation.  Elle attendait impatiente celle qui allait devenir sa femme pour la vie. Elle faisait les cent pas, n’arrivant pas à tenir en place. Une belle voiture blanche recouverte d’une immense gerbe de fleurs coupées, des coups de klaxon, un défilé d’automobiles annoncèrent la venue de la mariée. Pauline s’avança et ouvrit la portière. Eileen descendit telle une reine. Elle portait une magnifique robe blanche toute ciselée, à la longue traîne toute brodée de fines fleurs, mettant en valeur toute sa beauté et découvrant ses frêles épaules.

Sur ses cheveux blonds un léger voile recouvrait son visage. On pouvait devenait de la femme la plus amoureuse de la terre. Pauline était émerveillée devant sa sirène. On pouvait voir des larmes couler le long de ses joues. Elle en était tout émue et tremblante d’émotion. Elle prit la main de sa compagne, la posa délicatement sur la sienne. Elles entrèrent ainsi dans l’église, toutes souriantes et radieuses. Au bout de la nef se trouvait le pasteur. Il les accueillit et commença la messe.

Celle-ci fut simple, harmonieuse et ne dura que le temps nécessaire. Pauline fit le sermon de fidélité et protection à Eileen et cela lui passa une alliance moderne mais sobre à la fois au doigt. Un anneau en or blanc serti de diamants.  Eileen prononça aussi le même vœu de fidélité et glissa une alliance tout en argent gravée à leurs deux prénoms au doigt de son Andro. Le pasteur bénit l’union de ces deux jeunes femmes. Il les déclara épouses. Elles s’embrassèrent prenant à témoin le monde et Dieu de leur amour pour l’éternité.

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