Nouvelles lesbiennes

Nouvelle lesbienne : La kiné

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La kiné est une romance lesbienne qui parle d’amour entre femmes.

Les vacances de ski s’étaient mal terminées. En effet à cause d’une mauvaise chute, me voilà à moitié nue dans le cabinet d’un médecin. Heureusement que mon épaule n’était pas cassée, j’avais juste une belle luxation qui me faisait horriblement souffrir. C’est pourquoi en guise de joyeux souvenirs à raconter, après consultation, je me retrouvais avec des médicaments contre la douleur, une prescription de dix séances de kiné et pour combler le tout un arrêt de travail de huit jours. Aussi je n’avais pas fini d’entendre des réflexions désagréables pour pantoufler aux frais de la sécurité sociale. Je me devais dès mon retour me trouver un kiné, de préférence dans ma ville car je ne pouvais pas conduire. Quelle bonne idée j’avais eu de partir en train !

Ce sont donc dans les pages jaunes de l’annuaire sur les genoux que je commençais ma prospection. N’ayant jamais eu besoin de recourir à ce genre de praticien, je n’avais aucune bonne adresse sous la main. Cependant ma recherche fut des plus rapides car il n’y avait pas beaucoup de choix. Mais la chance me sourit tout de même, une kiné possédait un cabinet en bas de chez moi. Je le découvrais et je priais mentalement pour qu’elle ait de la place, cela m’arrangerait beaucoup. En définitive après toute cette déveine, la chance était de nouveau à mes côtés, elle pouvait me recevoir le lendemain à 10 heures. J’étais contente et soulagée à la fois.

PREMIÈRE SÉANCE

J’étais à l’heure au cabinet de kinésithérapie situé dans un bâtiment tout neuf. La salle d’attente était grande, bien éclairée avec un décor moderne. De la musique douce nous accompagnait en attendant notre tour. Une belle femme arriva, la trentaine, dans un jeans moulant, un tee-shirt blanc lui collant au corps, des cheveux noirs lui retombant sur les épaules et un sourire à damner tous les saints. Sa très grande beauté était à couper le souffle. Évidemment chacun ses goûts !

Mais selon mes critères personnels elle méritait amplement le prix Nobel de la femme fatale. Elle me tendit la main et me demanda de la suivre. Alors que nous étions arrivées dans la salle de massage elle me demanda mon ordonnance et me posa des questions sur l’endroit où j’avais mal, de décrire les douleurs et remplit par la même occasion ma fiche avec nom, prénom, âge, adresse, médecin traitant… Ensuite sur son invitation me voilà allongée sur la table, le torse nu. Ses mains enduites d’un produit inconnu mais qui sentait bon commencèrent à me masser. La douleur était bien là !

Malgré sa douceur je serrais les dents. Attentive à ma souffrance que je pouvais cacher, elle décida de ne pas trop en faire pour la première fois. Je me rhabillais tout en la regardant du coin de l’œil. Intérieurement je ne pouvais m’empêcher de me réjouir d’avoir le bon dieu avec moi pour avoir mis sur ma route une si belle femme pour s’occuper de ma petite personne. Ensuite elle me raccompagna à la porte en me fixant le prochain rendez-vous. Pour les neuf séances à venir, elles seraient toujours aux mêmes jours et heures car c’était plus facile à gérer question planning. En lui serrant la main j’étais sur un nuage, très pressée d’être au jeudi suivant à 17 heures.

DEUXIÈME SÉANCE

La semaine passa beaucoup trop lentement malgré la télé, la musique. Néanmoins si le temps le permettait les balades aussi m’évitaient de compter les heures. Les visites de mes amies remplissaient un peu mes instants de solitude. Le jeudi arriva enfin, ce n’était pas trop tôt. Là encore, du réveil jusqu’à l’heure de mon rendez-vous, les minutes s’égrainèrent doucement. En définitive arriva l’heure de la rencontre tant attendue. Comme à mon habitude j’arrivais un peu en avance. Machinalement avant d’entrer, je regardais sa plaque et je vis son prénom : Lou. Ce que ça lui allait divinement bien. Mon adorable Lou.

Elle vint me chercher avec son merveilleux sourire, ses cheveux tenus par une barrette et son corps de déesse moulé dans un pantalon cuir noir et un polo blanc. J’étais à dix milles années lumière. Le massage me soulagea un peu, ses mains avaient été douces et fermes à la fois. Lou m’avait massée, d’une poigne énergique mais délicate. Par instant la douleur me faisait crisser les dents, mais pour rien au monde je n’aurais voulu qu’elle arrête de me toucher. Ensuite elle me fit allonger sur la table pour me recouvrir l’épaule d’une bouillotte.

Pendant les quelques minutes j’en profitais pour la regarder, l’admirer encore et encore, je ne voulais pas repartir sans avoir une image plus que complète d’elle. Le tableau se noircit soudainement quand je vis l’alliance à son doigt. La séance terminée, avec son charme et sa délicatesse habituelle, elle me raccompagna à la porte, me disant à jeudi, même heure. Elle me tendit la main en guise d’au revoir. Cette demi-heure avait fait le plus grand bien à mon épaule, mais côté cœur c’était autre chose…

TROISIÈME SÉANCE

Cette bague me hantait. Je savais à présent que Lou était mariée ou du moins qu’elle avait une personne dans sa vie. J’avais repris le travail et heureusement ! Cela m’aidait beaucoup, j’étais entourée. Dès que j’avais une pause ma pensée partait près de Lou. Je commençais à m’accrocher à elle et cela me faisait peur, car l’avenir, s’il y en avait un n’était pas en ma faveur. Ce jeudi après le travail, je me dépêchai de rentrer pour prendre ma douche, j’avais juste le temps d’arriver. Mon cœur battait la chamade en franchissant la porte. Lou m’attendait.

Pas un sourire, je la trouvais fatiguée et crispée. Au cours de la séance elle se détendit un peu, nous discutions de tout et de rien. Puis elle me demanda si j’étais mariée. Non, je n’avais pas encore trouvé la personne avec laquelle partager ma vie. Je lui fis remarquer que j’avais vu son alliance et que pour moi, c’était déjà entendu la concernant. Sa réponse sibylline me troubla quelque peu : « une bague veut tout dire et rien dire à la fois ». Je restai sans voix ne sachant quoi lui dire. Elle continua à me masser l’épaule dans un mélange de douceur et de puissance, mais le silence s’était de nouveau installé.

Lou semblait ailleurs loin très loin. Sa tristesse me faisait mal, sa mine défaite me chamboulait, j’aurais voulu la prendre dans mes bras, la réconforter, lui dire combien elle était belle, combien elle remplissait ma vie, combien elle comptait pour moi et que ces instants avec elle me comblait de bonheur. Je restais là, muette, ne pouvant rien lui dire. La séance se termina plus vite que d’habitude. Lou me dit à jeudi et me serra la main que je retins quelques secondes en la regardant profondément comme pour lui dire « Je suis là moi » puis je rentrais meurtrie de ce qui devait être mon moment de bonheur.

QUATRIÈME SÉANCE

La dernière séance m’avait laissé un goût amer dans le cœur. J’en voulais à la personne qui faisait souffrir Lou, ma Lou. Je ne vivais plus que pour le jeudi 17 heures, à croire que ma semaine n’avait qu’un jour, plus rien n’avait d’importance à mes yeux. Enfin mon jour, mon heure, ma Lou tant attendus. J’étais dans la salle d’attente depuis un petit moment, quand elle vint me chercher et cette fois si elle rayonnait. Son petit ensemble jupe chemisier lui allait comme un gant et c’était la première fois que je voyais ses jambes. Longues, élancées, des jambes parfaites tout comme son corps et son visage.

Elle me serra la main tout en la maintenant fermement et me fixa avec un sourire qui me troubla à un point qu’elle le vit. Elle me massa l’épaule en remontant bien du dos au cou puis recommença ce mouvement plusieurs fois. Ensuite elle décida de me placer des ultrasons car mon épaule me faisait trop souffrir. Lou en profita pour entamer la discussion et sans que je puisse me douter de quoi que ce soit elle me dit : « vous aimez les femmes ? » et sans hésiter je répondis oui. Je n’en revenais pas ! Ainsi j’avouais ma préférence sexuelle à ma kiné avec un naturel qui me désarma. Néanmoins j’étais étonnée de ma franchise car peu de personnes étaient au courant. En guise de réaction elle me fit un grand sourire.

Mes regards me trahissaient, elle avait bien vu que la séance précédente m’avait affectée. Mais c’est avant tout dans ma façon de lui dire au revoir qu’elle s’était doutée de mon attirance pour les femmes et surtout pour elle. Mon homosexualité ne la dérangeait pas et savoir qu’elle pouvait plaire, même à la gente féminine, lui faisait plaisir et l’honorait. Sur ce dernier mot, sûre d’elle-même, plus belle que jamais car elle savait que je la désirais, elle m’invita à me rhabiller.

Devant la porte, elle prit ma main dans la sienne avec une délicatesse incroyable et me fit son plus beau sourire. Ses yeux pétillaient, on aurait pu voir un feu d’artifice dedans. Moi pour le coup, je crus que j’allais tomber dans les pommes, je n’en pouvais plus de la désirer sans pouvoir la posséder.

CINQUIÈME SÉANCE

J’étais tracassée par l’attitude de Lou envers moi. J’étais dans tous mes états. Mes nuits étaient peuplées de rêves érotiques où Lou occupait la place centrale. Mon sommeil était agité mais c’était pour la bonne cause. Par contre quand je me réveillais c’était autre chose. Tous ces doux instants passés en sa nocturne compagnie me mettaient dans un état peu avouable et redescendre sur terre m’était des plus pénibles. J’en venais à préférer le rêve à la réalité. Sauf évidemment le jeudi, 17 heures. J’étais trop impatiente de la voir, de sentir son parfum enivrant, envoûtant, de retrouver son sourire et sa beauté éclatante.

Comme à mon habitude j’arrivais avec un peu d’avance. Tout en pensant à elle, je ne m’aperçus pas qu’elle me regardait et m’attendait en me souriant. Son sourire nous suivit jusqu’à la table de soin. Elle m’installa puis commença son massage mais cette fois ci je remarquais que la fermeté de ses mains avait disparu. Des gestes de douceur, presque des caresses, avaient remplacé ceux des séances précédentes. Tout en œuvrant, elle me posait des questions sur les relations de femme à femme, comment ça se passait, s’il y avait des lieus de rencontre…

Et au final si j’avais une amie. Pour le moment non, j’étais célibataire. Ses doigts me touchaient mais légèrement ce qui avait pour conséquence de me mettre dans un état indescriptible. Je la soupçonnais de savoir ce qu’elle était en train de faire et surtout de ce qui se passait en moi. Comme à l’habitude elle me mit de la pommade et me plaça une bouillotte sur l’épaule de façon à mieux la faire pénétrer. Ma beauté me regardait, ses yeux en disaient long, elle me cherchait, savait que j’avais envie d’elle, qu’elle avait su par ses frictions faire naître l’envie, le désir.

Elle gagnait, elle était victorieuse. Pour le moment elle seule avait le pouvoir des caresses. Voilà c’est fini pour aujourd’hui m’annonça-t-elle alors que le feu me dévorait le ventre. Pendant que je remettais ma chemise elle passa derrière mon dos en se frottant sensuellement contre moi. Vous me cherchez ? Ou vous voulez juste voir jusqu’où je pourrais tenir ? J’ai de l’attirance pour vous mais je ne serai pas la personne qui détruira votre couple, je ne veux pas non plus être une expérience comme une autre. Je veux une relation stable et durable alors …. Et sur ces paroles je quittai le cabinet.

SIXIÈME SÉANCE

La semaine fut rude. En boucle j’avais revécu cette dernière séance et j’entendais en moi mes mots qui résonnaient. Pour une fois je n’étais pas pressée d’arriver au jeudi. Je me traînais, la revoir m’effrayait, je craignais d’être déçue par sa réaction. En effet j’ignorais comment elle se comporterait mais surtout la crainte de souffrir pour la énième fois m’angoissait. Je ressentais de l’impuissance à savoir qu’elle pouvait jouer avec mes sentiments.

Mon épaule commençait à aller mieux, il ne me restait que quatre séances. Mon entrée dans son cabinet ne fut pas hésitante mais presque. Lou me tendit la main gentiment avec un sourire énigmatique. J’étais un peu tendue. Sans un mot elle me mit de la pommade anti-inflammatoire puis me massa fermement pour bien la faire pénétrer. Mon corps s’abandonnait sous ses doigts. Elle brisa le silence et me confia que mes mots l’avaient fait réfléchir. Elle m’avoua que ma douceur, ma gentillesse et mes regards de désir l’avaient chamboulée. Oui elle était mariée, mais son mariage était à la dérive.

Nos séances hebdomadaires lui étaient devenues indispensables. Elle avait besoin de moi, de me voir, de se sentir aimée et désirée. Lou avait stoppé son massage pour se planter face à moi. Elle se pencha et murmura à mon oreille qu’elle était tombée amoureuse de moi. Je la pris tout contre moi, sans trop oser la serrer de peur de lui faire mal. J’attendais ce moment depuis tellement longtemps. Nous sommes restées ainsi quelques instants, puis je la repoussais délicatement.

De nouveau elle vint se blottir contre moi, puis se détachant m’embrassa tendrement. La séance de massage prenait une drôle de tournure. L’avenir, quel avenir se présentait à moi ? Je devais redescendre sur terre et mettre les choses au point afin de voir ce qu’elle voulait. Qu’attendait-elle de moi, de notre relation ? Elle semblait si heureuse que je n’eus pas le cran de tout interrompre. Le rendez-vous dura plus longtemps que prévu, dans une odeur d’amour et de désir.

Le moment de nous quitter arrivait, nos corps ne pouvaient plus se détacher, nos bouches semblaient collées et nos mains n’avaient de cesse d’explorer nos corps. La séparation fut un déchirement. Il nous faudrait attendre encore plusieurs jours pour nous revoir et peut être nous aimer. Il fut convenu que le téléphone aiderait à faire la jointure.

SEPTIÈME SÉANCE

Nos échanges téléphoniques furent enflammés, nos mots ne suffisaient plus à contenir notre manque. Au bout du fil, dans la solitude de mon appartement, j’osais des caresses intimes pour calmer mon attente. Mes nuits étaient devenues insupportables, j’aurais aimé la tenir dans mes bras, passer des heures à lui montrer combien elle comptait pour moi. Lui faire l’amour encore et encore doucement, délicatement, tendrement. Lou me manquait trop et la savoir près de son mari me mettait dans une rage folle. Nos retrouvailles furent passionnées, sauvages. Nous avions du mal à reprendre notre souffle, les mots ne servaient plus à rien, seuls les gestes avaient de l’importance.

Lou avait tout prévu. Elle avait fermé à clé le cabinet, éteint les lumières et nous avait préparé un petit nid douillet avec les tapis de sol. Nous nous retrouvâmes vite couchées l’une contre l’autre, nous embrassant, essayant maladroitement de nous dévêtir. Ce que j’attendais depuis des semaines arrivait. Lou était à moi, je pouvais l’aimer, la serrer contre moi, la sentir frémir sous mes baisers et mes caresses, lui prouver mon amour et l’aimer, l’aimer à n’en plus finir.

Son corps me prouvait combien je la comblais, son sexe humide et gonflé en était la preuve évidente et cela me bouleversait. Mes mains allaient et venaient contre ce corps que j’avais tellement désiré. Ma bouche ne pouvait plus lâcher ses lèvres, j’avais besoin d’elle, de son amour et de ses gestes qui me montraient qu’elle tenait un peu à moi. Nous avons fait l’amour pendant des heures, je voulais rattraper le temps perdu, mais était-ce possible ?

L’heure maudite où il fallait nous séparer arriva une fois encore. Notre planning ne nous permettait pas une fois encore de nous retrouver avant jeudi, et c’est le cœur gros que nous nous sommes embrassées tout en nous revêtant. Nos lèvres ne pouvaient se séparer et jusqu’à la porte nous sommes restées collées l’une à l’autre comme des siamoises. La clé dans la serrure, le dernier baiser, le petit signe de la main et la séance était terminée. Restait pour tenir le doux souvenir de ce bel amour.

HUITIÈME SÉANCE

Encore une fois de plus je remerciais l’inventeur du téléphone. Nos échanges étaient torrides et intenses, raccrocher était aussi dur que se séparer. Entendre Lou me faisait du bien. Comme tous les jeudis, dès le travail terminé, je fonçai sous la douche et courut au cabinet rejoindre ma belle. Lou me guettait et à peine avais-je eu le temps de fermer la porte que Lou me sauta dessus. Elle m’embrassait à n’en plus pouvoir respirer, me déshabillait dans la salle d’attente. Elle me surprenait et son envie de moi était agréable. Comme la fois précédente notre lit de fortune était prêt. Et nous fîmes l’amour avec toujours autant de tendresse, de douceur et d’amour.

Je n’en finissais pas de la caresser, de l’embrasser et de la découvrir. Nos corps ne faisaient plus qu’un. J’étais dans un état d’excitation qui me faisait faire des choses qui m’auraient fait rougir quelques semaines plus tôt. Mon culot me surprenait, mais pour Lou j’étais capable de bien des audaces et celles là en faisaient partie. Et je crois aussi au plus profond de moi que je voulais lui montrer tout ce dont j’étais capable et les différentes façons d’aimer une femme. Sa montre se mit à sonner, elle l’avait réglée de sorte à ne pas rentrer trop tard chez elle. Nous nous sommes rhabillées tout en nous embrassant car nous savions que les minutes défilaient rapidement.

J’essayais de lui donner rendez-vous chez moi le lundi ou mardi suivant si elle pouvait se libérer mais elle ne regarda même pas son agenda pour le refuser. J’insistais car attendre le jeudi et me contenter du téléphone étaient devenus pénible. Une heure Lou pouvait bien trouver ça. Sa réponse resta négative. Je fus contrariée et déçue, je ne comprenais plus trop bien ce qui se passait. Cela ne nous empêcha pas de nous quitter amoureuses et complices. Cependant je rentrais à la maison avec des questions plein la tête.

 

NEUVIÈME SÉANCE

Nos coups de fils étaient longs et chaleureux, pleins de tendresse. Ils nous permettaient de nous susurrer des confidences, nous dire des petits mots doux. Le mercredi Lou fut différente, moins tendre, un peu distante et surtout pas disponible. Je raccrochai le combiné et je sentis comme une boule à l’estomac. Je me faisais déjà mon film, la fin de notre histoire, son retour près de son mari et avant de me faire encore plus mal je lui trouvais des bonnes raisons. Lou travaillait beaucoup, elle devait faire face à son mari tous les jeudis après nos prétendues séances, la route avec les bouchons…. Je verrais le lendemain.

La nuit ne fut pas bonne. A l’heure dite j’étais au cabinet, Lou venait juste de finir avec la précédente patiente. Elle ferma à clé, puis se jeta dans mes bras en me serrant fort. Nous nous embrassâmes tendrement et passionnément.  Elle me dit que la semaine avait été dure, que je lui manquais énormément et qu’elle ne supportait plus d’être loin de moi. Nous nous sommes retrouvées nues sans trop savoir comment. Nos corps se frôlaient, se touchaient, un vrai délice, nos bouches exploraient les moindres recoins, nous nous embrassions partout. Ensuite nos langues cherchaient nos points sensibles et nos doigts finissaient ce que celles-ci avaient émoustillé.

Vingt heures arrivèrent sans que nous ne soyons repues d’amour. Après sa révélation du début de soirée, je lui proposais un autre rendez-vous chez moi pour une heure ou deux, quand elle le pouvait. Lou me répondit comme la semaine précèdent non. Non ! Pourquoi ? Tu dis que tu ne peux te passer de moi, que vivre sans moi te devient pénible, que tu es amoureuse, et tu ne veux pas me voir plus ! Je ne comprenais plus pour le coup, je voulais une réponse. Le ton montait, j’étais hors de moi, car je l’aimais et ma vie je voulais la passer avec elle, l’aimer et la chérir.

Lou pleurait, me renouvelant son désir pour moi. Cet amour grandissant allait trop vite, il fallait qu’elle réfléchisse et qu’elle face un point sur nous, son mariage, et surtout sa nouvelle vie. Ne supportant pas de la voir pleurer, je la pris dans mes bras et je la serrai très fort. Avant d’ouvrir la porte qui allait nous séparer je l’embrassais tendrement en lui promettant de l’appeler tous les jours. Je me retrouvais sur le chemin de retour bien triste, Lou était perturbée, elle était en train de se noyer dans ce qui pourrait être son futur bonheur. Je savais ou du moins je pressentais ce que serait la suite.

DERNIÈRE SÉANCE

Voilà j’arrivais à la fin de mes séances, mon épaule était guérie et j’étais toute seule. Je téléphonais comme promis tous les jours à mon aimée. J’étais moins enjouée que les fois précédentes. Notre dernier entretien c’était mal passé et je l’avais fait pleurer. Je voulais aller trop vite, mon amour ne pouvait pas vivre qu’un jour par semaine. Il devait vivre tous les jours, chaque minute avec elle, près d’elle. Je lui en demandais trop ou du moins beaucoup Puis elle devait résoudre le plus important …

Son mari et oui, il ne fallait pas l’oublier. Mon dernier jeudi du moins au cabinet. Comme toujours j’étais sa dernière patiente. Lou m’attendait, son regard était triste, elle m’embrassa mais pas aussi amoureusement qu’à l’accoutumée. Je la serrai dans mes bras, la tins tout contre moi. Cette fois ci nous ne sommes que restées collées l’une à l’autre, notre fougue était absente, notre passion en veille. Nous étions enlacées sans pouvoir nous parler de peur de savoir ce qui devenait inévitable. Avec beaucoup de crainte, je me lançais.

« Alors que se passe-t-il ma douce ? Tu es bien distante !

–  J’ai réfléchi, ça va trop vite, je n’arrive plus à suivre, tout se bouscule dans ma tête, j’ai besoin de mettre de la distance avec toi. Je veux prendre le bon chemin, choisir la bonne personne et être sûre de ne pas me tromper.

–  Tu penses à moi, dans tout ça qu’elle est ma place ?  Peut être as-tu déjà décidé de retourner vers ton mari et tu ne sais comment me le dire ! Comment m’avouer que tu voulais passer du bon temps, que j’étais là au bon endroit au bon moment.

–  Mon mari ! dit Lou entre deux sanglots. Mais je ne suis pas mariée ! Je viens de vivre ma première expérience homosexuelle, oui je suis comme toi lesbienne, mais je ne l’assume pas, ça me fait mal et je n’arrive pas à vivre notre relation comme il le faudrait. J’ai des sentiments pour toi, ils sont sincères mais. »

Je suis restée là ne sachant que dire sauf que je suis désolée pour toi de cette souffrance qui te prive du bonheur. Pourtant je ne t’en veux pas, je te comprends car on en est toutes passées par là. En effet je t’aime et je te laisse le temps qu’il te faudra. Le moment venu je serai là, je t’attendrai même si je dois attendre une éternité. Je serais là si tu veux toujours de moi et si tes sentiments sont restés les mêmes. Elle m’embrassa en me remerciant de ma gentillesse et de ma compréhension. Notre dernier baiser fut le plus tendre et le plus amoureux de notre relation. Comme je l’avais pressenti à la première séance, avec elle, mon épaule serait guérie… mais mon cœur bien triste.

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