Nouvelles lesbiennes

Au sommaire de cette page vous pourrez trouver toutes les nouvelles lesbiennes. Pour les lire il suffit simplement de cliquer sur le nom de chacune d’entre elles. Toutes ont pour thème central l’homosexualité féminine. Ces nouvelles lesbiennes sont le fruit de notre imagination. Ma compagne Véronique vous propose également des récits d’amour saphique et d’histoires d’amour homosexuel qui forment son univers.

Ce site a pour vocation de s’ouvrir aux auteurs qui souhaiteraient diffuser leurs écrits. Chaque auteur a son bloc dédié. Les nouvelles lesbiennes qui ont rencontré le plus de succès depuis la création du site sont Histoires d’amour et l’île du bonheur.

Découvrez Histoires d’amour intitulé Anne préfère les filles  grâce au  Podcast « Somnifère » de Morphée . Laissez vous envoûter et porter par sa voix.

Découvrez nos nouvelles lesbiennes

Histoires d'amour
Histoires d'amour

Un après-midi froid et ensoleillé d’hiver. Anne avait envie de profiter de ce dimanche. Elle habitait et travaillait en banlieue. Sa vie était calme et rangée. Elle passait ses distractions à Paris. Avec le train et la carte d’abonnement, c’était facile de s’y rendre. Son plus grand plaisir était ainsi d’errer sans but dans les rues de la capitale. Au gré de son humeur et de ses pensées, elle découvrait un monde qui lui paraissait inaccessible.

Anne aimait avant tout observer les gens dans ce qu’ils ont de plus insignifiant. Un détail, une attitude, des paroles et elle pouvait du reste inventer un scénario. Elle mettait en scène ses rêves, ses désirs, ses peurs et ses angoisses. Tour à tour bourgeoise, SDF, étudiante ou touriste, elle imaginait ce que devait être leur vie. Cela lui permettait entre autres d’accepter les contraintes et les frustrations de la sienne, d’en assumer les paradoxes.

L'ile du bonheur
L'ile du bonheur

Maud était enfin en vacances. Elle les avait attendues avec impatience. L’année avait été plus que dure et le repos était amplement mérité. Elle était gérante d’un magasin de vêtements et les horaires, la charge de travail, les tâches administratives et le terrain avaient eu raison de sa santé. Sa séparation d’avec sa compagne n’avait de surcroît rien arrangé. En effet elle venait de rompre après quatre ans de vie commune, sa bien-aimée ayant choisi les bras d’une autre pour tromper son ennui de l’attendre le soir. Aux problèmes physiques s’était donc ajouté un moral dans les chaussettes. Maud était vraiment à bout, il lui fallait du calme, du soleil. Mais avant tout changer d’air et de décor.

A peine la trentaine et déjà accro aux antidépresseurs, on ne pouvait pas dire qu’elle avait tout d’une femme épanouie. Pourtant d’après son entourage elle avait tout pour elle.

Biarritz Buenos aires
Biarritz Buenos aires

Décidément Aline et Julie avaient eu de la chance pour leur séjour à Biarritz. Le soleil avait bien voulu montrer ses rayons tous les après-midis chassant ainsi les gros nuages gris. Mais pour justifier ses dégradés de verts et son record national de journées de pluie le pays basque n’avait pas voulu perdre son titre de champion pour elles.

Le vent s’était mêlé de leur gâcher leur balade pourtant bien commencée sur le bord de plage en retournant leur parapluie. Aussi pour passer agréablement une heure sans devoir être trempées comme des soupes, elles avaient laissé leur pas les guider jusqu’au musée du chocolat dictés par une gourmandise qu’elles avaient commune pour cette substance.

Elles n’étaient pas toutes seules à avoir eu cette idée.

Bi s'abstenir
Bi s'abstenir

Marion et Chloé venaient de revenir du cinéma. Comme il pleuvait, Marion avait invité son amie de longue date à prendre un café chez elle pour éviter qu’elles ne se quittent comme cela.  Le film leur avait bien plu mais elles avaient surtout envie de parler, d’être ensemble.

Cela faisait plusieurs heures qu’elles bavardaient de tout et de rien quand Chloé décida de partir. Il était tard et il n’y aurait bientôt plus de bus pour rentrer. Un silence troublant s’était installé entre elles deux. C’est alors que la panique envahit Chloé. Elle ne savait quoi dire, quoi faire car le regard persistant de Marion la transperçait littéralement. A croire qu’elle avait lu aussi dans ses pensées les plus intimes. Le bouleversement intérieur était trop grand pour Chloé. Elle savait que Marion aimait exclusivement les femmes. Ce n’était pas son cas puisqu’en ce moment, elle avait une aventure prolongée avec Jean.

Bonne à rien, nulle en tout
Bonne à rien, nulle en tout

Bonne à rien, nulle en tout. Ce jugement paternel sans appel résonnait encore dans les oreilles d’Émilie. Elle en était profondément blessée car à quinze ans, on est sensible, les émotions étant exacerbées. Victoire était sa meilleure amie, à la vie à la mort. Inséparables elles étaient jusque dans la fusion. Rien de plus banal à l’adolescence que de traverser par cette étape, de l’amitié trouble qui ne dit pas son nom. Le père d’Émilie était un psychorigide qui n’acceptait pas de voir sa petite fille chérie grandir et devenir une femme. Il pestait contre Victoire qu’il voyait d’un mauvais œil car elle avait une influence détestable en détournant Émilie de ses études. Encore que ce fût vite dit.

Émilie était toujours une excellente élève, vouée à une carrière brillante. Bien qu’elle ne se consacrât plus uniquement aux études, elle apprenait également à s’éveiller à autre chose. Et la sexualité en faisait aussi partie.

Bonus
Bonus

Le panneau annonçait quatorze kilomètres de bouchon pour cause de travaux. Sarah, coincée derrière une caravane, pestait après l’incivilité des conducteurs qui cherchaient à forcer le passage par la voie d’arrêt d’urgence en se rabattant devant elle à cause des bornes orange. Elle collait la remorque obligeant les chauffards à passer derrière. Pour couronner le tout une pluie drue se mit à tomber, rendant la circulation encore plus pénible.

Pourtant il y a trois mois, lorsqu’elle avait emprunté cette autoroute fluide avec Émeline, le soleil était au rendez-vous. Sarah ne soupçonnait pas qu’elles se quitteraient au retour de ce week-end qui pourtant avait si bien commencé. Émeline avait réservé une chambre supérieure, diner et petit déjeuner compris, dans un hôtel cinq étoiles par le biais d’un site internet qui offrait des promotions à prix cassés.

Caddy girl
Caddy girl

La pluie avait cessé quand elles arrivèrent sur Beaubourg. La météo une fois de plus s’était trompée mais heureusement qu’elles étaient prévoyantes car elles avaient pris la précaution de prendre un parapluie pour cette balade dominicale. Théa et Valou, main dans la main affichaient leur nouveau bonheur, demain elles fêtaient les un an de leur rencontre. Comme un pèlerinage elles avaient voulu revenir sur le lieu de leur coup de foudre, ce bar où un dimanche comme celui-ci elles s’étaient réfugiées trempées, surprises par un orage aussi soudain qu’imprévu. Elles connaissaient le trajet par cœur et prenaient le temps de remonter la rue comme elles remontaient mentalement leurs souvenirs. Premier regard, premier baiser, première nuit d’amour. Tout s’était enchaîné très vite, comme si elles s’étaient attendues toute la vie et enfin trouvées.

Sans vraiment y prêter attention, elles virent une femme, la bonne quarantaine, des cheveux blancs teints ….

Chaud bouillant
Chaud bouillant

Lundi 2, 14h30

AZUCAR : Je sors de mon bain ma chérie, la peau douce et parfumée pour venir jusqu’ici. J’ai fermé mes yeux et je me suis laissé aller sous l’effet de la chaleur et de l’eau. J’ai repensé à nos échanges, je n’en pouvais plus de te désirer comme cela. Cela me déchirait le ventre… Mais je préfère ne pas raconter le reste de mes pensées… censure@#’@’#~@

BABOU : Quel dommage pourtant que tu ne me racontes pas mon bébé !

AZUCAR : Pour que tu sois dans le même état indescriptible ? 😉

Choix de vie
Choix de vie

Jeanne avait refermé doucement la porte d’entrée derrière elle. Laura dormait bien qu’il fût bientôt dix-huit heures. Elles avaient passé l’après-midi à faire l’amour. De celui torride quand l’amour est encore passion alors que les corps fusionnent. Elles ne s’étaient pas complètement abreuvées l’une de l’autre.

Jeanne était déjà dans la rue et s’apprêtait à descendre dans le métro. Elle voyait tous ces gens pressés de rentrer chez eux. Cela la ramena à une réalité plutôt brutale car elle rêvait encore des caresses de Laura.

Elles s’étaient rencontrées dans un bus. Laura s’était assise à côté de Jeanne pour échapper à un homme un peu éméché qui venait de lui tenir des propos quelque peu indécents. Laura encore toute retournée prit Jeanne à témoin.

Coeur brisé
Coeur brisé

Linda était transie de froid malgré la terrasse chauffée du bar où elle s’était installée pour guetter les entrées et sorties du bâtiment qui lui faisait face. Elle devait en être à son huitième café. Quand le garçon revint pour l’obliger à consommer elle commanda un chocolat chaud. Elle n’osait pas bouger de sa chaise malgré son envie pressante. L’idée de la louper lui était inconcevable. Les bureaux fermaient dans une heure, elle se devait de tenir.
Depuis dix heures du matin, Linda observait les allers et venues des employés de l’agence de services à la personne. C’était un ballet incessant de prestataires et de clients qui se déroulait sur le trottoir opposé. Linda scrutait les visages et chercher à deviner celui de Jennifer. Rien. Depuis dix jours qu’elle avait entrepris sa surveillance, nulle trace d’elle.

Les grands-parents de Linda avaient déménagé sur la côte atlantique lors de leur départ en retraite.

Comme un boule de flipper
Comme un boule de flipper

Denise était assise dans le canapé, elle pleurait. Elle était en couple avec Agnès depuis sept ans. Tout jusque-là avait été bien entre elles. Leur vie n’était que bonheur et amour. Elles s’étaient rencontrées grâce au boulot de Denise, un salon de coiffure en vogue alors qu’Agnès était VRP dans une grande société de cosmétiques. Elles avaient eu un coup de foudre fracassant, magique comme on n’en voit que dans les romans d’amour.

Ainsi Agnès était revenue régulièrement pour les beaux yeux de Denise et lui avait fait une cour discrète mais néanmoins efficace. Un soir elle l’avait attendue à la sortie du travail et s’était lancée à l’inviter à boire un verre et aussi à la raccompagner chez elle. Leur relation fut d’emblée passionnée et fusionnelle. Les mois avaient passé où elles ne supportaient plus d’être séparées tant elles avaient un besoin constant d’être ensemble.

Condamnée par amour
Condamnée par amour

Le verdict venait de tomber. Condamnée à une peine de huit ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, Line assise dans la boxe des accusés, prit la sentence sans broncher car elle avait été jugée pour meurtre.

Flash-back… Condamnée par amour…

Line, célibataire, habitait dans une citée, un minuscule deux pièces, dans une ville dortoir de banlieue où elle travaillait dans l’hypermarché du coin en tant que caissière. Sa voisine de palier, Sylvie, mariée à Yves, un routier plus souvent sur les routes qu’au domicile conjugal, était également sa collègue. Toutes deux la petite trentaine se retrouvaient tout naturellement sur leur lieu de travail et c’est ainsi qu’elles devinrent vite deux amies intimes inséparables. Ainsi Line invitait son amie Sylvie pour boire un café, le soir après le boulot mais c’était surtout un prétexte pour papoter. En effet le couple battait de l’aile et Sylvie n’avait personne d’autre à qui se confier.

Cure thermale
Cure thermale

Colette n’en pouvait plus de ses kilos superflus. Il y avait bien longtemps que son mari ne lui susurrait plus des mots d’amour et les rares fois où il avait encore envie d’elle, c’était le matin, certain que son érection tenait plus de la mécanique que de la libido. Ses copines l’avaient bien entraînée à la piscine. Mais le calvaire du maillot de bain noir une pièce trop serré pour elle et des regards ironiques quand elle entrait dans l’eau, l’avait peu à peu découragée.

C’est son médecin, qui au regard de sa tension aussi élevée que l’Everest et de son taux de cholestérol qui se portait mieux que le cours de la bourse, qui lui parla d’une cure thermale. Colette n’aurait aucun mal à obtenir de la sécurité sociale une prise en charge pour les soins, resterait à ses frais l’hôtellerie. Colette était ravie de cette proposition. Ce serait l’occasion de partir sans son mari qu’elle ne supportait plus. Et de demander à sa fille de l’accompagner, la solitude lui faisait trop peur.

Déconfinés, la déconfiture
Déconfinés, la déconfiture

Suzanne et Jean-Pierre étaient mariés depuis trente ans. Leurs deux filles, âgées de 29 et 28 ans, étaient bien établies, mariées et mères de famille. A cinquante ans Suzanne avait tout d’une femme comblée. Elle avait rencontré son mari au lycée. Première amour, amour de jeunesse, depuis ils ne s’étaient plus quittés.

La vie de Suzanne avait été une longue ligne droite. Avec Jean-Pierre ils avaient hérité de l’entreprise familiale. Une société de bus, spécialisée dans les transports scolaires. Leur vie était rythmée par les vacances et les classes de neige, de mer ou vertes ainsi que les sorties de fin d’année. C’est ainsi que leur carnet de commandes étaient remplis d’une année sur l’autre. Rien ne pouvait arrêter la course du temps.

Jean-Pierre avait su développer son entreprise. Par un habile réseautage, il avait su se faire connaitre et reconnaitre par les décideurs. Les maires ne juraient que par lui. Et dans les directions d’école, de collèges ou de lycées il était la référence.

Elle court, elle court la rumeur
Elle court, elle court la rumeur

Les nuages se montraient menaçants et ni Célia ni Euzane n’avaient pensé à prendre un parapluie pour se rendre au cinéma. La queue était imposante et la séance ne commençait que dans vingt minutes. Que feraient-elles si c’était complet ? Vite, vite, que la caissière se dépêche sinon elles allaient être trempées, une goutte venait de s’écraser sur le verre de lunettes de Célia. C’est Euzane qui avait eu l’idée de cette sortie car son amie n’avait pas le moral depuis quelques mois. En effet elle traversait une mauvaise passe professionnelle, un conflit personnel avec un supérieur hiérarchique qui avait fini par s’étendre à toute l’équipe.

Célia était cadre dans une grande entreprise, elle était chargée d’un projet d’envergure par sa direction générale, livrer clé en main une usine de produits chimiques dans un pays en voie de développement. C’était pour elle une promotion mais très vite elle avait dû déchanter. Un des directeurs adjoints du staff de la firme avait visé ce poste pour un de ses « protégés » et son machisme n’avait pas supporté que ce soit une femme qui soit à la tête de cette mission.

Envie
Envie

« C’est bon ça suffit, stooop ! » asséna Salomé. Tina suspendit immédiatement son geste, sidérée de la réaction de sa compagne. Ce baiser dans le cou, simple témoignage de tendresse à sa compagne ne méritait pas un tel ton. Quelle mouche avait piqué Salomé ?

Tina qui se sentait brusquement coupable d’une faute qu’elle ne se souvenait pas d’avoir commise chercha à avoir une explication. Pour seule réponse elle eut le droit à une réplique sèche sur le fait qu’elle se prenait inutilement la tête et afin de clore une discussion qui risquait d’être animée, Salomé courut à la porte. Elle attrapa au passage son blouson et sans un mot sortit. Tina était sidérée par une telle attitude.

Elle s’assit dans le canapé et alluma la télé, cherchant à calmer une angoisse montante. Les images silencieuses défilaient devant ses yeux pendant que d’autres défilaient dans son cerveau en ébullition.

roulette
Faites vos jeux rien ne va plus !!!

« Un déca, s’il vous plait ! »

La barmaid, vêtue d’un pantalon bleu marine et d’un tee-shirt rayé noir et blanc, petite brune frisée, au physique classique, l’air bourru, sans un mot, s’activa près de son percolateur. D’un geste brusque elle fit pivoter la poignée afin de remettre dans le filtre une nouvelle dose de café après avoir vidé celle usagée. Elle appuya sur le bouton d’arrivée d’eau chaude et le temps de taper la note sur sa caisse, elle avait posé devant Élise le breuvage fumant et sous la soucoupe le ticket.

On entendait résonner le bruit des machines à sous, véritable vacarme assourdissant organisé pour pousser les joueurs à tenter leur chance. Une sonnette, venue du fond de la salle, attira son regard. Élise remarqua une lumière verte qui clignotait au-dessus du bandit manchot.

Faits divers
Faits divers

Le paysage avait complètement disparu sous la neige. Il ne restait plus rien du traçage des routes et les arbres semblaient tenir stoïquement debout malgré le poids de leur épais manteau. Laure et Coralie étaient coincées dans leur chalet depuis deux jours. Au début, Laure peu encline au pessimisme, avait répété à Coralie inquiète que cela allait cesser très vite. Mais ensuite le vent avait redoublé et c’était une véritable tempête qui s’était abattue sur la station.

Hors saison, la priorité du ministère de l’équipement n’était pas de dégager les routes rapidement. En effet Coralie le savait car elle avait connu pareille expérience quelques années auparavant. Mais Laure n’avait pas voulu l’entendre. Il aurait fallu partir pendant qu’il en était encore temps. Maintenant c’était trop tard. Un mètre de neige bloquait la sortie et elles n’avaient pas eu le réflexe de prendre la pelle qui était dans le garage. Heureusement Coralie avait son portable et elle pourrait appeler au secours si la situation se dégradait davantage.

Fantasme ou réalité
Fantasme ou réalité

Samedi 15 juin

Comme tous les samedis je suis allée à la piscine. En effet j’ai pris un abonnement à l’année, au moins je n’ai plus d’excuses pour ne pas me bouger. Le miroir me renvoie tous les matins les traces du temps qui passe et dans quelques années je ne serai plus cette belle femme qui attire tous les regards. En effet je serai entre deux âges, ni veille ni jeune, tout juste baisable les jours de manque. C’est maintenant que je dois en profiter, pas quand il sera trop tard, que je me lamenterai sur les occasions manquées. Notre couple est usé jusqu’à la corde. D’avance je sais comment elle va jouir, quel soupir elle va pousser, quelle caresse elle va me réclamer.

Nos corps à force de se connaître si bien n’éprouvent plus aucune sensation nouvelle, tout n’est qu’une vaste répétition d’un seul et même orgasme jamais achevé.

Fidélité
Fidélité

« Joyeux anniversaire !!! Joyeux anniversaire Nathalie, joyeux anniversaire !!! »

Nathalie et Nicole, pour la circonstance, avaient choisi de réserver une salle d’un restaurant en soirée pour fêter l’événement qu’étaient les 40 ans de Nathalie. Elles avaient uniquement réuni leurs amis car aucune de leurs deux familles respectives n’avait accepté le couple qu’elles formaient depuis maintenant quinze ans. « Une passade » avait dit la mère de Nicole. « Ma fille est hétéro, cette Nathalie l’a détournée du droit chemin. Mais un jour Nicole se rendra compte de son erreur ».

De toute évidence, Nicole se dirigeait dans la vie sans boussole car elle était restée sur sa voie. Certes étroite et escarpée face au regard intolérant des gens bien-pensants mais qui suffisait à son bonheur. Nicole avait refusé de répondre aux désirs normatifs de sa mère et de la société, qui loin de la rendre heureuse, l’auraient sans doute aliénée.

Garde du corps, garde du coeur
Garde du corps, garde du coeur

Lucie venait de sortir du bureau du commissaire de police. Elle avait encore échappé à un kidnapping, c’était la deuxième fois en trois semaines. L’inspecteur en charge de l’enquête menait ses investigations. Pourtant rien à présent ne justifiait un tel acharnement, ni n’apportait la moindre lumière sur les mobiles de ces actes. En effet Lucie avait la quarantaine, c’était une belle femme très élégante, directrice d’une bijouterie de luxe dont le nom était réputé. La presse parlait régulièrement de sa famille fortunée, de sa mondanité, de ses dernières créations à la mode qui apparaissaient notamment lors des défilés de mode.

Les questions des enquêteurs restaient sans réponse. Qui ? Et pourquoi voulait-on l’enlever ? A qui profiterait ce crime ? Aussi ils cherchaient tous azimuts car aucune piste ne restait inexplorée. Tous ceux qui touchaient à son univers professionnel avaient été questionnés, de ses collaborateurs en passant par ses concurrents, des revendeurs de bijoux aux malfrats des environs. Mais aucun début de piste, aucune hypothèse, même la plus improbable, n’émergeait de ces interrogatoires parfois musclés.

Il n'y a pas de voyageur sans bagage
Il n'y a pas de voyageur sans bagage

« Alors cette séance, ça s’est bien passé ?

– Oui, » répondit évasivement Mary.

Elle détestait que sa compagne lui posât rituellement la question à chaque fois qu’elle voyait son analyste. Mary ne souhaitait pas partager ce moment qui n’appartenait qu’à elle. Ce d’autant que lors de l’entretien préliminaire, le praticien avait été très explicite : une thérapie est une aventure unique et singulière, un voyage dans son inconscient et nulle question de le raconter à qui que ce soit. C’était une intrusion dans le psychisme de l’analysé que de vouloir savoir ce qui avait pu émerger lors d’une cure. Mary avait donc déculpabilisé rapidement quand Salomé avait hurlé à la trahison et au manque de confiance quand elle lui avait opposé un refus ferme à sa curiosité.

Indicible amour
Indicible amour

Iris avait très mal dormi dans la couchette du train parti la veille au soir d’une gare parisienne pour la Suisse. En effet elle n’avait pas eu le choix lors de la réservation. Il faut dire que la promotion était alléchante. Pour tout séjour de deux semaines dans cet hôtel de luxe la deuxième et troisième de janvier, la seconde était offerte à condition de voyager de nuit dans ce train spécialement affrété par le club. Iris n’avait pas les moyens de se payer un tel séjour en dehors de cette période, encore moins un billet d’avion et le taxi à l’arrivée. C’est pourquoi elle avait dû se supporter les ronflements de ses voisines de couchettes amplifiés par la sécheresse du chauffage mal réglé.

Cependant elle devait reconnaitre que l’organisation était bien huilée. A peine descendus du wagon, le personnel du club était venu les accueillir pour les guider vers les bus qui devaient les mener à l’hôtel. Ce bref trajet sur les routes très enneigées de haute montagne les plongea directement dans les vacances.

Insaisissable
Insaisissable

La mouette n’avait de rieuse que le nom. La fiente s’était écrasée sur la table arrêtant net la dispute. Sylvia fusillait du regard Roxanne en regrettant presque que le volatile ait raté sa cible. Au moins Roxanne aurait eu une bonne raison d’en vouloir à quelqu’un car elle n’en pouvait plus de ses reproches. D’ailleurs elle ne savait même pas comment avaient débuté ceux-ci. Elles sirotaient tranquillement un rafraichissement en terrasse tout en contemplant la mer quand Roxanne avait entonné son refrain préféré parce que Sylvia refusait de lui dire à quoi elle pensait.

Et si justement elle ne pensait pas, qu’elle se contentait du spectacle offert par les vagues et les oiseaux tournoyants dans les airs. Mais Roxanne insistait. Le jeu des questions réponses avait commencé, rien ne pouvait l’arrêter. Sylvia soupira car elle savait déjà comment cela allait se terminer. Pourtant elle qui détestait la bagarre était gâtée. En effet Roxanne savait donner les coups. Difficile de se mettre à l’abri dans des moments pareils. C’était sans compter sur l’intermède scatophile, à l’image de ce qu’était devenu leur couple. A quoi bon continuer dans cette impasse, elles n’avaient plus rien à faire ensemble.

Insatisfaite permanente
Insatisfaite permanente

Main dans la main, Charlotte et Anne-Lise, remontaient l’allée boisée qui menait à la grande Halle de la Villette à Paris. En cette fin septembre, il était agréable de déambuler en début de soirée dans ce parc ombragé. Charlotte avait réservé en décembre dernier, deux places pour le concert de cette chanteuse, nouvelle révélation de l’année. Les places s’étaient arrachées et Charlotte savait qu’en cas de défection d’Anne-Lise elle aurait pu facilement les revendre. En effet c’était toujours sa préoccupation, dès lors qu’il fallait s’organiser des mois à l’avance. Elle avait également réservé une chambre dans un hôtel situé à la bordure du parc, sur le boulevard. Ainsi elles n’auraient à pas à craindre pour leur sécurité en sortant. Charlotte détestait les métros ou  les bus de nuit depuis qu’elle avait été agressée verbalement par un ivrogne qui lui réclamait une cigarette qu’elle n’avait pas.

Margaux et Clémence étaient quelques mètres devant elles, se rendant dans la même direction. Elles étaient descendues dans le même hôtel que Charlotte et Anne-Lise.

Ironie du sort
Ironie du sort

« Ma langue humide sur ton sexe brûlant, tu en rêvais je l’ai fait. Ton Minou »

Florence en fit tomber le portable de Clothilde de ses mains. Elles étaient en retard au diner de leurs amies et Clothilde avait demandé depuis la douche de les prévenir car le numéro était dans le répertoire de son mobile. Mais Florence n’était pas un as de la technologie. En effet elle avait paniqué en pianotant sur toutes les touches car elle ignorait comment accéder directement à la liste de ses contacts. Les yeux grands ouverts elle lisait et relisait le sms. Ton minou. Quelle vulgarité !

Et pourquoi pas ta chatte pendant qu’elle y était ! Mais surtout le contenu du message ne laissait aucune place au doute. Clothilde la trompait. Le petit monde ouaté dans lequel elle s’était installée avec sa compagne depuis sept ans s’écroulait sous ses pieds. Avait-elle eu des ornières pour ne rien soupçonner ? On dit qu’il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. L’infidélité était la pire des blessures que Clothilde pouvait lui infliger car elle mettait au-dessus de toutes les valeurs la confiance et l’honnêteté.

L'accident
L'accident

Carla était au volant de son véhicule comme tous les matins pour rejoindre son bureau. Elle était en retard, de surcroit énervée par une panne de réveil. La sortie de garage, l’allée qui mène à la rue principale, elle les connaissait par cœur. Aussi pas question d’appuyer sur le champignon avec les gamins qui partaient pour l’école. Pourtant elle eut juste le temps d’entendre une voix de femme crier « Yougi !  Yougi ! » d’un ton paniqué quand un choc sourd l’obligea à piler net alors qu’elle s’était engagée malgré tout. Elle venait de heurter quelque chose.

En effet, c’était Yougi, le chien que sa maîtresse avait désespérément appelé pour éviter la collision. Maintenant elle hurlait après Carla, descendue de son auto, qui caressait la bête pour la rassurer. L’animal regardait d’un air triste sa propriétaire et geignait pour mieux l’attendrir. Carla prit l’initiative de soulever le Carlin et de le déposer sur la banquette arrière de sa voiture. Ensuite d’un air autoritaire elle s’adressa à la jeune femme.

lesbienne
La kiné

Les vacances de ski s’étaient mal terminées. En effet à cause d’une mauvaise chute, me voilà à moitié nue dans le cabinet d’un médecin. Heureusement que mon épaule n’était pas cassée, j’avais juste une belle luxation qui me faisait horriblement souffrir. C’est pourquoi en guise de joyeux souvenirs à raconter, après consultation, je me retrouvais avec des médicaments contre la douleur, une prescription de dix séances de kiné et pour combler le tout un arrêt de travail de huit jours. Aussi je n’avais pas fini d’entendre des réflexions désagréables pour pantoufler aux frais de la sécurité sociale. Je me devais dès mon retour me trouver un kiné, de préférence dans ma ville car je ne pouvais pas conduire. Quelle bonne idée j’avais eu de partir en train !

Ce sont donc dans les pages jaunes de l’annuaire sur les genoux que je commençais ma prospection. N’ayant jamais eu besoin de recourir à ce genre de praticien, je n’avais aucune bonne adresse sous la main. Cependant ma recherche fut des plus rapides car il n’y avait pas beaucoup de choix.

La manipulatrice
La manipulatrice

Il pleuvait en ce dernier jour de vacances. Au moins il n’y aurait aucun regret de partir et de quitter cette côte bretonne si magnifique quelle que soit la saison.

Zoé avait dix-huit ans. Elle venait de décrocher son bac avec mention et s’était inscrite en fac de médecine. En effet elle voulait sauver des gens, porter secours à ceux qui souffrent, se rendre utile mais surtout réussir son existence. A l’heure où la mondialisation frappait de plein fouet l’industrie, elle était sûre avec un tel métier de ne pas voir son cabinet délocalisé en Asie. Elle avait aussi l’impression que des ouvertures inimaginables s’offraient à elle et lui donneraient l’occasion d’évoluer au même rythme que sa vie personnelle.

Zoé était une brillante élève et la perspective d’être étudiante longtemps encore prolongerait les délices de sa jeunesse.

La première fois
La première fois

Du plus loin qu’elle se souvienne Astrid avait eu une enfance normale. Même si ses parents avaient divorcé lors de son entrée à l’école primaire elle ne gardait aucun souvenir du partage de la garde. Rien en tout cas qui pouvait expliquer ses blocages actuels.

Astrid avait en réalité traversé l’existence sans rien sentir ni pressentir. Elle avait été très ouverte sur les autres jusqu’à son entrée au collège où elle s’était renfermée sur elle-même. En fait elle ne se plaisait pas du tout au collège. Sans doute parce qu’elle avait été fragilisée par la séparation de ses parents bien plus qu’elle n’avait bien voulu se l’avouer. La rentrée en sixième avait révélé en elle une timidité et un traumatisme refoulé.

Aussi sa mère l’avait encouragée à consulter un psychologue. Celui-ci l’avait incité à reprendre contact avec son père. En effet Astrid après le divorce ne le voyait plus qu’un week-end sur deux.

ascenseur
L'ascenseur

Cathy, la jeune femme de l’agence, appuya sur le bouton d’ascenseur. Julie et Emma voulaient emménager au plus vite car leur appartement était devenu trop petit pour elles deux. En effet impossible d’inviter amis ou parents à dormir, d’organiser une petite fête ou même de garder quelques objets fétiches, vestiges de souvenirs en commun, d’émotions partagées. Ce trois-pièces était situé au cinquième étage, exposé sud-est, idéal pour l’ensoleillement. La terrasse immense ne devrait pas les décevoir et à elle seule elle justifiait le tarif très au-dessus du prix du marché. Mais qu’était-ce en comparaison du coup de cœur qu’elles devraient avoir ?

Sur la fiche mise à sa disposition par le directeur de son agence Cathy savait qu’elle pouvait leur proposer ce qu’il y avait de mieux et qu’il y avait peu de chance pour qu’elles rechignent sur ce léger dépassement. Cathy tout en débitant ses explications colla l’oreille contre la paroi de l’ascenseur. Il en mettait du temps ! Un coup sec sur le bouton, trois quatre coups du revers de poing sur la porte, un sourire commercial aux deux tourterelles et un bruit de courroie ne tarda pas à se faire entendre.

La sirène irlandaise
La sirène irlandaise

Comme à son habitude à cette heure-là Pauline était sur le net en plein dial. Elle aimait se retrouver au milieu de ces femmes en recherche d’amour car elle se disait que sa place était là pour le moment, qu’elle leur ressemblait. En effet quand elle n’était pas dans l’écoute elle trouvait pour elle une oreille attentive, un peu de tendresse, de compréhension aussi.

Pauline était seule depuis quelques temps déjà. En effet sa rupture l’avait quelque peu détruite. Elle avait du mal à se remettre de l’absence de sa compagne et le vide de l’appartement l’angoissait. Elle avait besoin d’amour, de tendresse, de se sentir aimée. Cependant pour l’instant elle ne vivait que pour son job, elle s’y donnait à fond. Ainsi elle traînait le plus qu’elle le pouvait pour éviter de se retrouver face à sa solitude. Elle bossait dans un aéroport au service relation clientèle. Elle aimait son métier, les contacts mais aussi l’ambiance des départs et des arrivées, regarder le personnel navigant vêtu de beaux uniformes. En effet c’était un univers dans lequel Pauline se sentait utile et surtout vivante. Bientôt elle aurait 45 ans, la vie avait laissé sur elle et en elle ses marques.

Le capteur de rêves
Le capteur de rêves

La photo trônait depuis dix ans sur son bureau. Deux jeunes filles se tenant par la taille, adressant leur plus beau sourire au photographe avec pour arrière-fond Monument Valley et ses imposantes falaises rouges. Premier job, première paie. Circuit dans le grand Ouest Américain. Rêve enfin réalisé de contempler à perte de vue ces mesas rouges au milieu des buttes isolées entourées par un désert aride et sablonneux, décor naturel de ces westerns qu’elle affectionnait tant dans sa jeunesse. Premier amour aussi. Jade et Elsa s’étaient ainsi aimées instantanément, tout avait été féerique du début à la fin.

C’est pourquoi ce voyage initiatique avait marqué Jade à jamais, par ces caresses et ces baisers échangés elle s’était aussi libérée de cet indicible malaise qui l’avait isolée de ses amies de son âge qui, elles, préféraient les garçons. Lesbienne. Voici ce qu’elle était et ainsi qu’elle le serait. Loin des contraintes du quotidien, du regard et du jugement de leurs proches, elles avaient exploré toutes les facettes de leur sexualité naissante.

Le crime était plus que parfait
Le crime était plus que parfait

« La séance est terminée, c’est 50 euros ! A jeudi prochain, même heure mademoiselle ! ».

Océane dévala quatre à quatre les escaliers, elle avait en horreur de croiser les patients de son psychanalyste, surtout s’ils étaient des hommes. Elle avait entrepris cette démarche car un jour qu’elle se rendait au travail en bus, elle fut saisie d’une crise de panique à la vue d’une femme enceinte. Petit à petit elle fut incapable de sortir de chez elle et son existence commença à être un enfer. Agoraphobie diagnostiqua son généraliste.

Sa vie amoureuse avait été un désastre car l’idée de la maternité la terrorisait jusqu’à ce qu’elle prenne conscience qu’elle était attirée avant tout par les femmes. C’est sa compagne, Pauline, inquiète de son comportement qui lui avait conseillé de prendre rendez-vous auprès de ce praticien réputé car elle se rendait bien compte que tôt ou tard ce serait insupportable pour elles deux et qu’inévitablement leur couple envisagerait la rupture. 

Le grand hôtel
Le grand hôtel

Muriel fut très impressionnée par ce hall majestueux. En effet ce grand hôtel de la Côte d’Azur était un de ses palaces comme seuls les gens les plus riches peuvent se les offrir. Elle devait sa présence dans ce lieu à un concours. Cependant elle n’avait pas imaginé il y a trois mois que son nom aurait été tiré au sort. Une fois par mois Muriel s’imposait la corvée des courses en grande surface. Sa gourmandise l’avait poussée à déguster un nouveau chocolat et son goût du jeu à jeter dans l’urne son bulletin de participation. Muriel, sans être vraiment superstitieuse, se disait que son séjour était placé sous le signe du plaisir des sens.

L’accueil était à la hauteur de la réputation de ce genre d’endroit. Muriel sentit dans les paroles polies du Concierge qu’elle était attendue. Bien évidemment une immense boîte de chocolats l’attendait dans sa suite. Et rien à voir avec ceux de l’industriel. C’est pourquoi Muriel n’oublierait pas à son retour de vanter pourtant les qualités du produit qui lui devait d’être là. Comme une gamine, elle courut à travers toute la suite, ouvrant tous les tiroirs et portes de placard.

Le petit cahier vert
Le petit cahier vert

Alix et Caroline venaient d’emménager au dernier étage de ce petit immeuble. Il y a deux mois elles s’étaient installées ensemble, après trois ans de relation suivie.  Leurs petits moyens leur avaient néanmoins permis de louer cet appartement. Caroline avait épluché consciencieusement les petites annonces dans le journal local et celle passée par leur propriétaire avait été très alléchante. Le loyer était modique car l’immeuble était ancien et mal situé. Loin de la gare et loin du centre-ville. Et l’appartement au 4ème étage sans ascenseur. Mais elles étaient jeunes et un peu d’exercice ne leur faisait pas peur.

Le contact téléphonique avec Mme Lucas, la propriétaire avait été des plus brefs. En effet elle avait voulu les voir avant de conclure l’affaire en leur donnant rendez-vous dans l’après-midi.

Alix et Caroline étaient bien contentes de quitter leurs parents respectifs pour enfin vivre ensemble.

Cadenas
Le pont aux cadenas

Colombe regarda une dernière fois la pièce avant de refermer la porte de son bureau. Elle y avait passé quarante-deux ans de sa vie à établir des factures et des bilans comptables. A 60 ans, après une carrière longue elle avait pris sa retraite bien méritée. Elle était arrivée dans cette entreprise à 18 ans avec un bac en poche. Sans diplôme, elle avait été embauchée d’abord à l’accueil. Puis progressivement elle était montée en grade grâce à son ancienneté et une formation maison. Elle avait eu la chance de connaitre l’ascenseur social depuis bien grippé.

Sans s’en rendre compte le temps avait filé à toute vitesse et elle se retrouvait d’un seul coup libre de toutes contraintes professionnelles. L’émotion avait été à son comble quand ses collègues lui avaient remis des cadeaux lors de son pot d’adieu. Même le patron au moment du discours s’était laissé gagner par l’émotion. Colombe était un pilier, toujours fidèle au poste. Jamais absente ou presque.

Les mots que l'on ne dit pas
Les mots que l'on ne dit pas

Mylène avait compris qu’elle n’était pas celle qui faisait battre son cœur. Le coup de téléphone de sa rivale avait été un révélateur. De cet échange téléphonique, Mylène avait parfaitement ressenti ce qui se passait entre Claudia et son interlocutrice. Elle avait cru la rayer de son existence mais les sentiments étaient plus forts que tout. Malgré les semaines passées depuis leur rupture, Claudia continuait à l’obséder.

Depuis plusieurs jours Mylène se battait contre son envie de contacter Claudia. A longueur de journée elle avait la tête dans les nuages, le cœur gros. Elle ne pouvait rester sans nouvelles, sans avoir un mot de celle qu’elle aimait. Un soir n’y tenant plus elle se connecta sur sa messagerie en ligne et vit que Claudia était en ligne. Elle lui envoya un mot auquel Claudia répondit immédiatement. Un mal être mais aussi un plaisir de se retrouver entre les deux femmes étaient perceptibles. Pour le combler Claudia se lança et invita son ex-amie à déjeuner.

Les sept chats bleus
Les sept chats bleus

Elle ralentit son coupé à l’approche de l’ambassade. Elle ne souhaitait rencontrer personne seulement rejoindre son « chez elle » sans tarder. Durand devait encore travailler à cette heure et il ne manquerait pas de l’alpaguer sous un quelconque prétexte dans son plus pur style de fayot (« Madame, vous avez vu comme je trime encore quand les autres se sont éparpillés ! »). Ce jeune homme n’avait pas encore compris qu’une carrière de diplomate ne se construisait pas dans l’ombre d’un bureau, aussi doré et feutré soit-il, mais en se pénétrant des pays donnés en pâture au fil des nominations. Il fallait à tout prix comprendre les peuples, mais surtout les méandres des pouvoirs, officiels et officieux.

Sa discrétion avait payé. En effet elle venait de refermer la porte de ses appartements sans la moindre rencontre. Ensuite elle s’assit sur son bureau puis posa dessus un petit paquet sorti de sa poche. C’est alors qu’elle le contempla un bon moment, immobile, le regard fixe, comme si l’ouvrir allait constituer un acte demandant de la précision, de la concentration.

Les vraies valeurs
Les vraies valeurs

Alyzée attendait sagement dans la salle d’attente que l’on vienne la chercher pour son entretien d’embauche. Elle était au chômage depuis quelque temps déjà à cause d’un licenciement économique qui l’avait, comme beaucoup de ses collègues, laissée sur le carreau. Elle avait une bonne trentaine d’années et était d’humeur joyeuse. En effet c’était le style de femme à ne guère passer inaperçue. Beaucoup de gens se retournaient son sur passage à cause de son côté masculin, ce qui la faisait souvent rire. Pourtant elle était déterminée à tout faire pour obtenir ce job car vivant seule, elle connaissait en ce moment des fins de mois difficiles.

C’était une battante et cette place qui lui tendait les bras était exactement pour elle. Alyzée avait toutes les compétences requises, mais voilà elle n’était pas la seule à convoiter ce poste. Elle était là assise, calme, à regarder ce qui se passait autour d’elle. Cependant elle pouvait percevoir dans le va et vient du personnel que cette société employait beaucoup de monde. D’ailleurs elle avait mené sa petite enquête sur Internet qui l’avait bien renseignée.

Le téléphone portable
Le téléphone portable

La journaliste venait d’enclencher le bouton rouge du magnétophone qu’elle avait préalablement posé sur la table. Marie avait accepté l’interview car c’était la seule qui n’avait pas déformé la réalité dans ses articles. D’autres moins scrupuleux avaient pour des raisons commerciales, pris parti en sa défaveur et maintenant que l’affaire était jugée, elle savait être reconnaissante à celle qui avait été loyale avec elle.

« Marie, si vous le voulez bien, j’aimerais pour nos lecteurs revenir sur les faits afin de mieux comprendre votre acquittement. Que s’est-il passé exactement ?

– Je dois tout reprendre à zéro ?

– Oui ce serait mieux !

Ma jolie VRP
Ma jolie VRP

Vicky était comme à son habitude sur la route. Elle avait la trentaine, bon chic, bon genre, célibataire de surcroît ce qui ne gâchait rien. Elle était VRP dans une gamme de produits pour enfants, les jouets. Son job consistait à en vanter les mérites auprès des petits détaillants mais également auprès des requins de grandes centrales d’achat. Son objectif était de vendre un maximum de nouveaux produits. Pour cela elle n’hésitait pas à aider à leur mise en place. Elle passait toute la semaine à sillonner son secteur et il y avait de quoi faire. De temps à autres elle passait au bureau. C’était avant tout pour des réunions en tout genre, connaître son chiffre d’affaires et celui de ses collègues, élaborer un plan de pub, démarcher de nouveaux clients et s’informer de toutes les dernières créations de sa société.

Le planning des prochains jours venait de lui être révélé : direction la Normandie. Au fil du temps elle se rendait toujours dans les mêmes petits hôtels car elle y avait ses habitudes et s’arrangeait en sorte qu’un restaurant soit tout à côté.

Partir un jour ?
Partir un jour ?

Irène avait connu Audrey sur les bancs du lycée. Elles partageaient alors la même bande de copains. L’adolescence. Premiers émois. Première fois. Chagrin d’amour. Irène et Audrey étaient devenues amies, se réconfortant l’une l’autre quand les ruptures se faisaient blessantes. Elles se racontaient leurs peines de cœur. Mais aussi les milles et un détails du quotidien. Ou encore leurs expériences sexuelles avec les garçons qu’elles savaient séduire mais pas forcément retenir.

Puis elles se suivirent sur les bancs de la fac. Autre bande de copains. Elles rêvaient de changer le monde et se projetaient dans l’avenir avec beaucoup d’angoisses mais également beaucoup d’énergie. C’est à cette époque qu’Audrey connu son plus gros chagrin d’amour. Elle était tombée amoureuse de Mateo, garçon aussi brillant que séduisant. Leur passion avait duré deux ans puis Mateo l’avait quittée brutalement. Il ne voulait pas être l’homme d’une seule femme, il aimait trop sa liberté. Irène avait été une confidente attentive et elle avait su l’écouter.

Prête à tout
Prête à tout

Mathilde venait de boucler son dossier, elle pouvait enfin partir tranquillement en vacances. Avec sa compagne elle avait réservé, pour quinze jours dans une résidence cinq étoiles un petit nid d’amour. Une vieille ferme savoyarde transformée en hôtel de luxe pour une clientèle aisée. Pourtant son planning trépidant lui laissait peu d’occasion de s’occuper d’elle. Encore moins de savoir ce qu’étaient ses désirs. Irréprochable dans son boulot comme dans son couple, Mathilde maîtrisait son destin d’une main de maître. En femme active elle ne laissait rien hors contrôle.

Pour sa seule et unique grossesse, elle n’avait pas pris un gramme superflu. En effet elle avait surveillé son alimentation en dévorant tout ce qu’elle avait pu lire sur le sujet. Deux heures après son accouchement, à peine remontée dans sa chambre, elle était déjà sous la douche. Le lendemain maquillée, pomponnée, elle posait devant le photographe de la maternité. Elle recevait aussi amis, parents et collègues avec un professionnalisme qui en étonna plus d’un.

Résidence secondaire
Résidence secondaire

Margaux avait eu le coup de cœur quand elle avait aperçu depuis la route escarpée cette veille ruine, au milieu de ce jardin à l’abandon. Une pancarte à vendre, qui ne tenait plus que par un coin, se balançait au gré du vent, le long de la barrière. Elle avait stationné la voiture le moteur en marche, arraché l’écriteau, cette bâtisse serait à elle. Ce n’est pas Noémie qui la contredirait. A force de se croiser dans leur appartement parisien, elles avaient fini par ne plus rien concilier d’autre de commun que les factures. La notion de couple ne se résume pas à la notion de biens partagés. C’est aussi une communion de sentiments. Des souvenirs aussi qui soudent le lien quand la sexualité n’est pas qu’un besoin biologique à satisfaire.

Cette ancienne baraque serait le lieu de leurs retrouvailles, leur petit nid d’amour. De part leurs métiers respectifs elles mettraient en valeur cette maison qui aurait pour fonction de les unir au-delà des promesses non tenues de passion fusion pour toujours. Avant que l’usure ne les brise, avant que la routine ne les éloigne de manière irréversible…

Sacré mariage
Sacré mariage

Tout avait débuté à la mairie avec les recommandations de l’édile sur les droits et les devoirs des mariés puis l’église et sa bénédiction, tout ce bla-bla bien connu qu’Estelle n’allait pas vous raconter. En effet elle avait toujours eu horreur de ce genre de manifestation et les évitait dès que c’était possible. Mais là elle n’avait pu y échapper. La cérémonie venait de se terminer. Sa sœur Céline et son mari Franck étaient unis pour le meilleur et pour le pire.

Elle était le témoin pour son aînée et Martine, la sœur de Franck était celui du mari. Après la séance photos, ils prirent la direction du restaurant où les attendait le vin d’honneur et ensuite le repas quelques heures plus tard. La salle de l’auberge était très grande. Par ailleurs les tables disposées en U dont la décoration avait été soignée permettraient dans la soirée de danser sur un dance floor improvisé. Enfin dans le fond se trouvait la sono, le DJ était un ami d’enfance de Franck. Pourtant Estelle était restée à l’écart de tout ce petit monde.

femme en noir
Sans jamais se voir

Déçue Prudence raccrocha le téléphone. Elle avait pourtant tellement besoin de ces vacances pour se reposer et se changer les idées. Jamais elle n’aurait pensé que des inondations viendraient bouleverser ses plans. En une semaine il était tombé l’équivalent d’un mois de pluie. Et la résidence où elle avait réservé une maisonnette venait de l’appeler pour lui annoncer qu’elle était fermée. En effet les dégâts importants liés à une coulée de boue les obligeaient à fermer temporairement le site. Elle aurait un avoir alors valable dix-huit mois car les prestataires seraient contents de la compter parmi ses fidèles clientes.

En fait ce qui préoccupait le plus Prudence à cet instant étaient ses billets de train. En effet elle les avait réservés il y a plusieurs mois déjà dans le cadre d’une offre commerciale très alléchante. Cependant ils n’étaient ni remboursables ni échangeables. C’est pourquoi Prudence se mit immédiatement en quête sur le net d’un bon plan pour les revendre. Elle avait entendu parler d’un site spécialisé dans ce type de commerce. De toute manière qu’avait-elle à y perdre ?

Telle éprise qui croyait prendre
Telle éprise qui croyait prendre

« On mange où tu sais ?

– A Colmar, j’ai repéré un petit restau sympa dans le guide du « petit malin », tu m’en diras des nouvelles.

– Si c’est comme d’habitude, je m’en lèche d’avance les babines car tu sais dénicher les bonnes adresses, tu dois avoir une boule de cristal dans le ventre pour avoir autant le nez.

– Tu vas être très vite fixée, nous arrivons dans une demi-heure, juste pour le déjeuner. Et sous le soleil en plus ! Je crois avoir lu qu’il y avait une terrasse à cette Winstub, avec un peu de chance nous pourrons être installées dehors. Qu’en penses-tu ?

– Génial mon amour ! »

Tout droit à l'échec
Tout droit à l'échec

Évelyne travaillait dans un hôpital où elle était aide-soignante. La bonne vingtaine masculine aux cheveux courts, toujours en jeans basket, elle n’était pas à proprement parlé d’une élégance raffinée même si elle avait des vêtements d’une coupe impeccable et de marque. D’autre part son look ne faisait aucun doute sur ses préférences sexuelles pas plus que son attitude vis-à-vis de la gente féminine qui le confirmait également. De plus elle s’assumait pleinement. Elle était amie avec Claudine depuis l’école maternelle qui elle en revanche faisait des ravages dans le cœur des hommes.

En définitive elle était tout son contraire, très féminine, grande élancée, toujours tirée à quatre épingles. C’est ainsi qu’elles avaient fait les quatre cents coups ensemble et avaient été inséparables jusqu’à l’adolescence qui les avait quelque peu éloignées. Les premiers désirs, les premiers amours, les premières relations sexuelles, elles n’avaient pas du tout eu les mêmes. En revanche Évelyne avait toujours eu le béguin pour son amie alors que c’était un lourd secret …

Ulysse
Ulysse

Comme à chaque fois qu’elle était en vacances Mélanie partait se reposer dans un coin de Vendée où elle avait acquis il y a quelques années un petit appartement donnant sur la mer et une plage de plusieurs kilomètres. Elle était cadre dans une grande société et ne comptait guère les heures de travail, passionnée qu’elle était par sa fonction. En dehors de son activité professionnelle, sa vie était calme et tranquille car Mélanie vivait seule après un divorce long et pénible.

Par ailleurs sa fille unique Virginie qui était maintenant mariée avait une bonne situation dans une banque. Ne manquait à son bonheur que la joie d’avoir un enfant. En effet Mélanie rêvait d’être une grand-mère attendrie et gaga devant un petit bout de chou qui illuminerait le vide de son existence affective. Sa fille était tout pour elle, c’était son seul joyau à ses yeux, cela l’aidait à supporter la solitude et l’échec de son mariage.

C’est pourquoi Mélanie aimait se retrouver dans ce petit cocon loin de tout le bruit de Paris.

Un coach particulier
Un coach particulier

Encore une journée passée derrière son ordinateur. Irène avait mal aux yeux et avait le dos en compote, l’épaule endolorie et aussi le poignet complètement paralysé. Pourtant c’était décidé, ce soir elle irait chez le médecin, elle ne pouvait plus rester dans cet état chronique de tensions musculaires. Après l’avoir auscultée, le praticien lui prescrivit des médicaments pour soulager ses douleurs et ajouta avec un petit sourire moqueur : « Il faudrait voir à faire du sport et vous muscler un peu le dos. Cela vous ferait le plus grand bien plutôt que de vous esquinter la santé sur un écran. Tout cela avec modération bien sûr si vous savez ce que cela veut dire ! »

En définitive elle repartit un peu surprise d’avoir eu un petit cours de morale de son toubib. En effet de quoi il se mêlait celui-là ! Il s’était regardé dans la glace avec sa bedaine. Par ailleurs elle n’aurait pas aimé avoir son taux de cholestérol. Pourtant c’est vrai que ses muscles étaient flasques, qu’elle avait la silhouette molle mais il aurait pu éviter de la vexer avec ses jugements. Elle avait arrêté le sport au lycée et depuis plus rien ou presque. Piscine de temps en temps …

Un fantôme du passé
Un fantôme du passé

Laurène avait su négocier habilement son stand sur la place de la Fontaine. De mai à septembre, elle participait chaque week-end aux marchés d’art ou d’artisanat dont elle tirait aussi ses revenus pour les mois où elle s’adonnait à ses œuvres. Laurène après une école de Beaux-Arts s’était installée dans un ancien corps de ferme à la campagne où elle vivait depuis avec sa compagne Marina.

Elle peignait essentiellement des scènes champêtres qui plaisaient énormément aux vacanciers. Sa région étant touristique, elle avait une clientèle variée et argentée entre les urbains venus se ressourcer dans leur résidence secondaire ou les étrangers attirés par les demeures de charme.

Ainsi allait sa vie entre créations et ventes. Parfois elle honorait des commandes, en particulier des portraits. Elle aimait aussi faire des nues de Marina qui se vendaient assez bien surtout auprès de vieux messieurs amateurs. Depuis vingt ans qu’elle peignait sa côte avait progressé. Elle avait eu des articles élogieux dans la presse, des expositions aussi dans des galeries assez fréquentées.

Une passion infinie
Une passion infinie

Mylène n’aurait jamais pensé qu’un amour si intense lui dévorerait le cœur et la vie. Pourtant Dieu sait si elle avait espéré vivre cela un jour. Et voilà qu’elle était en plein dedans. Une passion infinie, une douleur intense aussi.

Jusqu’à ce jour béni elle n’avait jamais eu la chance de croiser celle qui lui ferait battre le cœur comme jamais. Cette femme n’était que beauté. Sous ses airs légèrement masculins se cachait une adorable et douce créature, un être fragile et sensible. Elle portait le joli prénom de Claudia qui lui allait comme un gant. Leur rencontre se passa dans un lieu peu habituel. En effet Claudia avait donné rendez-vous à son amie sur le parking de son hypermarché. Tous les détails avaient bien été notés par Mylène. Stationnement côté essence à 15 heures.

Mylène arriva avec un peu d’avance, fixant le coin du bâtiment avec impatience et un brin d’anxiété dans le regard.

Une valse à deux temps
Une valse à deux temps

Le constat était là, j’avais bientôt trente ans, j’étais marié à Serge, un garçon très gentil et doux. J’avais tout pour être heureuse, trente ans n’est-ce pas le plus bel âge pour une femme ? Encore suffisamment jeune pour plaire, suffisamment expérimentée pour séduire et jouir de tous les plaisirs qu’offre l’amour physique. Pourtant depuis quelques temps notre couple allait mal. Il rentrait tard de son travail, beaucoup de boulot, voilà sa seule réponse à toutes mes interrogations sur ses trop nombreuses absences. En effet je voulais bien admettre qu’il ait des coups de bourre mais les heures supplémentaires commençaient à s’allonger, lui qui détestait habituellement en faire. Pourtant je n’étais pas née de la dernière pluie.

Par ailleurs je savais qu’il voyait une autre femme car j’avais retrouvé un parfum sur sa chemise qui n’était pas le mien. D’autre part j’avais retrouvé aussi un numéro de téléphone sur son portable que je ne connaissais pas, des tickets de carte bleue d’un hôtel où je n’avais jamais mis les pieds alors que son job ne nécessitait aucun déplacement.

Urgence pédiatrique
Urgence pédiatrique

Valérie qui allait bientôt finir sa garde prenait une pause dans la salle de détente, une bonne tasse de café à la main, discutant avec ses collègues. Elle vivait seule à la suite d’une séparation. En effet à cause de son métier et de ses horaires son couple n’avait pas tenu. Pourtant Valérie était une femme simple et très douce. Par ailleurs les enfants l’adoraient et aimaient venir la voir, même si parfois les soins faisaient entendre des pleurs, des cris aussi. Elle savait aussi prendre le temps d’expliquer, mais surtout de faire des câlins aux enfants apeurés par sa blouse blanche. Son bip sonna, elle venait d’être appelée aux urgences. Valérie s’y rendit d’un bon pas.

C’est alors qu’elle se retrouva face à une maman en larmes et en panique avec dans ses bras son petit garçon. Aussitôt Valérie calma la maman et prit l’enfant qu’elle déposa sur la table d’examen. D’autre part elle lui demanda ce qui s’était passé et surtout le prénom du petit qui pleurait en se tenant le bras.

Vers le chemin de son coeur
Vers le chemin de son coeur

Je ne sais comment je m’étais retrouvée sur cette départementale, au milieu de nulle part, avec ma vieille voiture qui venait de rendre l’âme. Il était tard, très tard, aucun véhicule depuis déjà une bonne demi-heure que j’étais là. J’ai dû pousser ma voiture sur le bas-côté, mettre un papier « en panne » et me décider à marcher le long de la route en attendant un bon samaritain. Heureusement le ciel était étoilé, cela me procurait un peu de lumière, car autour de moi, il n’y avait que des champs. Je marchais quand j’entendis derrière moi un bruit, le doux ronronnement d’un moteur. Enfin une voiture !

L’auto stoppa à ma hauteur.

« Bonsoir, je peux vous déposer ?

–  Bonsoir, merci, avec grand plaisir ! Je commençais à désespérer de voir quelqu’un, de plus je n’étais pas rassurée.

Vivons heureux vivons cachés ?
Vivons heureux vivons cachés ?

Elaine alluma machinalement l’autoradio pour programmer l’itinéraire à l’aide de son GPS et se ravisa. Même s’il y avait longtemps qu’elle n’était pas allée dans ce gite, elle avait tant de fois parcouru la route qu’elle saurait retrouver son chemin. Comme au bon vieux temps, en cas d’hésitation elle consulterait la carte routière qu’elle avait pris soin de ranger dans la portière. Nostalgique elle avait recopié grâce à une clé USB l’intégralité des chansons qu’elle écoutait. Avec des évolutions technologiques, son autoradio ne lisait plus les compacts discs.

Et ne parlons pas de son téléphone portable, une antiquité qu’elle serait bien incapable d’utiliser pour envoyer un sms. Elle se souvenait aussi de la ruine que constituait le début de leur relation. Elle achetait des cartes prépayées car les abonnements ne prévoyaient que l’envoi de 100 sms par mois. Au total, c’est ce qu’elle envoyait en deux jours. Elle dépensait une fortune car l’illimité n’existait pas encore. Rien qu’à ces souvenirs elle mesurait le temps passé. Quinze ans déjà.

Week-end Rubicon
Week-end Rubicon

Rubicon. Ce nom a déjà à lui toute une histoire. Ne dit-on pas : franchir le Rubicon ? Ce qui signifie prendre une décision révolutionnaire, faire un acte d’insubordination. Le Rubicon pour qui l’ignore est un fleuve côtier d’Italie, tributaire de l’Adriatique, frontière entre l’Italie et la Gaule cisalpine. César le franchit quand il décida de sortir de la légalité pour marcher vers Rome. Alea jacta est

En fait Rubicon est le nom d’une compagnie qui organise des voyages éclairs et publicitaires. Vous connaissez forcément. Qui n’a pas eu dans sa boite aux lettres ce formulaire Week-end Rubicon vantant les mérites de cette compagnie ?  Avec des tarifs défiants toute concurrence, vous offre la possibilité de découvrir l’Europe à moindre frais. Un bon sujet de téléfilm avant « ça se discute ! » ou alors une thèse de sociologie, « les Français et la géographie ».

Pour une fois l’encart Week-end Rubicon n’avait pas fini à la poubelle.

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